Des archéologues ont découvert dans les zones humides du sud du Mexique (zone de Laguna de Terminos dans le Golfe du Mexique, État du Yucatán) des traces de la présence de terres agricoles mayas laissant à penser que ces habitants de Méso-Amérique avaient recours aux cultures excédentaires pour commercer de façon élaborée sur les marchés. Au cœur de ces transactions, probablement le coton, permettant la confection de textiles de grande qualité.

« Il y a sept ans, un forestier travaillant dans la région a déclaré qu’il semblait y avoir un réseau de champs anciens », a déclaré Nicholas Dunning, professeur à l’Université de Cincinnati, membre de l’équipe de chercheurs qui compte évoquer ce point fascinant lors de la prochaine conférence annuelle de l’American Association of Geographers à Washington DC qui se tiendra entre le 3 et 7 avril 2019.

« J’ai regardé sur Google Earth et je me suis dit: ‘Whaou!’ C’était une région de basses terres mayas à laquelle je n’avais jamais prêté attention. Et, de toute évidence, peu d’autres personnes s’étaient penchées sur le sujet du point de vue d’une agriculture ancienne », a expliqué l’universitaire dans un communiqué concernant l’origine de son investigation scientifique.

« C’était une économie de marché beaucoup plus complexe qu’on ne le pense habituellement avec les Mayas », a-t-il ajouté.

Selon M. Dunning, les anciens Mayas vendaient probablement des denrées alimentaires périssables telles que du maïs et des tubercules connus sous le nom de manioc en échange de « couvertures » ou de rouleaux de textiles en coton richement ornés. Ces ouvrages ont d’ailleurs été appréciés par les conquérants espagnols à leur arrivée sur le territoire américain au seizième siècle. « Nous n’avons aucune preuve directe de ce à quoi ressemblaient les textiles dans cette zone. Mais si vous regardez des peintures et des sculptures anciennes, les gens portaient des vêtements très élaborés », a précisé le scientifique.

Selon les chercheurs, contrairement aux pyramides et même à de nombreux édifices, les marchés mayas n’avaient pas de fondations ni de structures permanentes. Ils se dressaient sur des plates-formes basses ou des zones dégagées, peut-être à l’instar d’une foire saisonnière ou d’un marché aux puces. Mais selon les scientifiques, ces lieux de rassemblement constituaient une partie importante de la vie à l’époque des Mayas.

La technologie LIDAR  au service des archéologues

L’archéologue a également étudié les images de la région créées par la NASA à l’aide de la technologie LIDAR (la technologie LIDAR – Light Detection And Ranging – utilise un laser aéroporté pour obtenir une carte 3D du terrain et permet de localiser ce qui se trouve sous le couvert forestier), qui peut de représenter les contours du sol sous la canopée des arbres et de la végétation. Cette technologie a permis à Dunning de confirmer ses soupçons: la région était recouverte d’anciens champs.

« Il semble qu’ils aient été développés simplement à partir des modifications apportées au drainage existant le long de la limite Est des zones humides », a déclaré l’Américain évoquant néanmoins l’élaboration par la suite « d’un système d’hydro-ingénierie plus sophistiqué » induisant des déviations, contournements, permettant l’extension des zones cultivables.

L’équipe a également utilisé les images LIDAR pour suivre le tracé d’une ancienne route maya qui n’a peut-être pas été fréquentée depuis plus de 1 000 ans, cette route est parfaitement visible sur la carte LIDAR, mais elle est pratiquement impossible à discerner à la surface.

Dunning a déclaré que la présence de routes entre les villes mayas confirme la valeur que les anciens Mayas accordaient au commerce avec leurs voisins. Il pense que certains des plus grands carrés identifiés sur les cartes LIDAR représentent ces marchés ouverts.

« Mon intérêt pour l’archéologie concerne les interactions homme-environnement, y compris l’agriculture », déclare Dunning pour expliquer son engouement devant ces révélations qui nous permettent encore une fois d’en savoir plus sur cette civilisation maya remontant à 1800 av. J.-C., mais qui a prospéré entre 250 et 900 apr. J.-C. sur un territoire couvrant le Mexique et l’Amérique centrale.

Au fil des découvertes archéologiques, on sait que les Mayas ont modifié les zones humides « en profondeur » avec une agriculture intensive, puisque des données de 2018 faisaient mention de l’existence de 362 kilomètres carrés de terrasses et de 952 kilomètres carrés de terres agricoles viables sur une cité occultée sous la végétation du Petén (des chiffres de la Fondation guatémaltèque pour le patrimoine culturel et naturel maya Pacunam).

Pour plus d’informations, consultez le lien suivant :

https://www.uc.edu/news/articles/2019/03/n2077543.html