Amérique du Sud, Pantanal, zone humide

Le paysage est semblable à nul autre, une Nature exubérante qui en met plein les yeux et qui abrite en son sein une profusion de végétaux et d’animaux, parmi les espèces emblématiques, on peut mentionner le Victoria Regia (Victoria amazonica), le plus grand nymphéa au monde pouvant supporter le poids d’un être humain : ce lieu unique aux allures d’Eden est le Pantanal, la plus grande zone humide d’eau douce du monde, il s’étend sur trois pays, à savoir le Brésil, la Bolivie et le Paraguay.

Le Pantanal émerge dans la partie supérieure du bassin du fleuve Paraguay, cette immense plaine de 250 000 km² est inondée chaque année et remplit de grands réservoirs d’eau permettant l’éclatement d’une vie flamboyante.

De multiples animaux trouvent refuge dans cet antre qui se veut impénétrable, tapirs, caïmans, pumas, capybaras, et autres jaguars que l’on imagine se tapissant sous un couvert végétal épais guettant leur proie. Nageur hors pair, le jaguar, véritable roi des lieux (néanmoins menacé), pouvant peser jusqu’à 200 kg, vit souvent près des rives du fleuve Paraguay.

Dans le Pantanal, convergent trois grands écosystèmes, le Cerrado, la forêt sèche Chiquitano et le Chaco, abritant l’une des plus fortes concentrations de faune sauvage d’Amérique latine.

Selon des chiffres donnés par le WWF, le Pantanal héberge 656 espèces d’oiseaux, 159 de mammifères, 325 espèces de poissons, 98 de reptiles, 53 d’amphibiens et plus de 3 500 espèces de plantes. De nombreuses espèces menacées dans d’autres régions du Brésil se retrouvent représentées en nombre dans le Pantanal, sorte de havre de paix, comme l’oiseau géant jabiru, également appelé Tuyuyu (grand oiseau échassier).

Le Pantanal : Un foisonnement de vie végétale et animale

Malgré l’expansion préoccupante de l’élevage dans la région et autres pratiques préjudiciables à l’environnement comme l’exploitation minière illégale, le Pantanal conserve plus de 85% de sa couverture végétale indigène, avec une influence de la savane et une végétation luxuriante le long du fleuve.

Les zones humides sont des écosystèmes influencés par les inondations. Les rivières de la région inondent chaque année 80% du Pantanal. Le processus commence en octobre avec le début de la saison des pluies. Ce système crée une énorme concentration de vie animale.

Les poissons retenus dans les lagunes et les zones inondées attirent alors une grande variété d’oiseaux, parmi les plus impressionnants, on peut mentionner le jabiru, mais d’autres animaux se délectent de cette profusion comme les loutres géantes, les capybaras, les yacarés et anacondas impressionnants dont la présence participe à la légende des lieux.

Júlio César Sampaio, coordinateur du programme Cerrado Pantanal du WWF-Brésil, souligne que « le Pantanal présente une diversité biologique et culturelle unique. En période de crise de l’eau et de changements climatiques, il devient encore plus pertinent pour le Brésil et le monde. Seules des actions concrètes menées par les trois pays pourront garantir la continuité des fonctions socio-environnementales de ce biome ».

Les gouvernements du Brésil, de la Bolivie et du Paraguay ont fait savoir cette année qu’ils maintenaient leurs engagements communs afin de préserver l’équilibre écologique du Pantanal, l’un des écosystèmes les plus riches de la planète.

À cet égard, les ministères de l’Environnement de chaque pays ont tenu une troisième réunion à responsabilité partagée et ont convenu, entre autres, d’identifier, de renforcer ou de créer un mécanisme institutionnel pour la gouvernance des eaux transfrontières du Pantanal.

Les discussions autour de la protection de cette zone unique avaient fait l’objet en 2015 d’une « Déclaration pour la conservation, le développement intégré et durable du Pantanal ».

En 2000, l’aire de conservation du Pantanal, a été inscrite sur la liste du Patrimoine mondial, elle comporte quatre aires protégées, pour une superficie totale de 187 818 ha. Elle est située au centre-ouest du Brésil, à l’extrémité sud-ouest de l’État du Mato Grosso, et inclut les sources des fleuves Cuiabá et Rio Paraguay. Le site représente 1,3 % du Pantanal brésilien.