Selon les résultats officiels, Mme Fernández de Kirchner, candidate d’une coalition de gauche, a obtenu 45% des voix, contre 23% pour l’ancienne députée Elisa Carrió et 17% pour l’ancien ministre de l’Economie Roberto Lavagna. La Constitution du pays prévoit qu’un score de 45% suffit à être élu dès le premier tour, ou 40% si le candidat arrivé en tête dispose d’au moins dix points d’avance sur son premier rival.

“Nous avons gagné amplement”, a déclaré dimanche soir la candidate victorieuse, âgée de 54 ans. “Mais, loin de nous placer dans une position de privilège, cela nous place au contraire dans une position de plus grandes responsabilités et obligations”, a-t-elle ajouté.

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Kirchner lors de l'interview organisée à la résidence Los Olivos.

Le porte-parole d’Elisa Carrió a toutefois affirmé que sept partis avaient déposé des recours pour des irrégularités présumées. Un représentant du Parti justicialiste au pouvoir a été arrêté pour avoir semble-t-il tenté de voter deux fois et un juge a dû prolonger d’une heure l’ouverture des bureaux dans la capitale Buenos Aires, où de nombreux bureaux ont ouvert leurs portes en retard.

Avocate et sénatrice, “Cristina” est remarquée par son élégance à l’européenne et ses sacs de luxe qui lui valent d’être souvent comparée à “Evita” Perón. Ou à Hillary Clinton, comme elle sénatrice et ex-First lady.
Cristina Fernández de Kirchner sera la deuxième femme présidente en Argentine, après Isabel Perón, la troisième épouse et vice-présidente de Juan Perón, auquel elle succéda à sa mort.

Pendant la campagne, Mme Kirchner a évité les débats de fond, préférant se faire photographier à l’étranger avec des dirigeants. Elle n’a pas expliqué aux 27,1 millions d’électeurs inscrits comment elle comptait faire face au ralentissement de la croissance économique, à la reprise de l’inflation, à la crise énergétique qui menace, ni aux conséquences persistances de la crise: un quart des 37 millions d’habitants vivent toujours sous le seuil de pauvreté et le chômage frappe encore 10% de la population active.

C’est désormais à ces défis qu’elle devra répondre si elle veut laisser une aussi bonne impression que son mari, qui lui transmettra le pouvoir le 10 décembre. Néstor Kirchner a de son côté déjà expliqué qu’il se voyait bien en “Premier Argentin”. Mais peu l’imaginent se retirer de la scène politique et certains lui prêtent même l’intention de se représenter en 2011.

Article AP du 29/10/2007

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