Takalik Abaj, Guatemala (Wikipédia, Simon Burchell )

Une stèle vieille de 2000 ans, découverte dans le sud-ouest du Guatemala, a permis d’appréhender les origines de l’écriture maya, une civilisation précolombienne qui dominait le sud du Mexique et une partie de l’Amérique centrale. L’information qui ravit tous les passionnées d’archéologie a été révélée par les scientifiques déployés sur la zone.

Tak’alik Ab’aj, symbole de grandeur de la Mésoamérique

C’est en septembre 2018, à une centaine de kilomètres de la capitale guatémaltèque, au sein du parc archéologique de Tak’alik Ab’aj, dans la municipalité d’El Asintal, qu’une stèle a été mise au jour donnant aux chercheurs des indications relatives à la genèse de l’écriture maya, culture majeure de la Méso-Amérique (période précédant l’arrivée des conquérants espagnols) et qui englobait les pays que l’on connait aujourd’hui, à savoir :

  • Le sud du Mexique;
  • Le Belize;
  • Le Honduras;
  • Le Salvador;
  • Le Guatemala.

Nikolai Grube, épigraphiste d’origine allemande, a souligné, depuis le Mexique, lors d’une vidéoconférence diffusée au Guatemala:

“La grande importance de la stèle 87 réside dans le fait qu’elle constitue un exemple précoce du développement de l’écriture en Méso-Amérique (…). Tak’alik Ab’aj était un lieu d’expérimentation de l’écriture”.

Bien qu’aucune “lecture linguistique” des hiéroglyphes n’ait pu être effectuée, le scientifique a indiqué que la stèle sculptée dans une roche naturelle met en scène un souverain avec son nom et ses titres et évoque “un des premiers textes mayas”.

Tak’alik Ab’aj était une ville qui, à l’origine, était peuplée par les Olmèques (1500 av. J.-C. à 100 apr. J.-C.) et par les Mayas lors de son expansion durant la période préclassique moyenne (800 à 300 av. J.-C.). Cette spécificité fait de ce lieu un vestige rare témoignant d’une transition entre deux cultures qui ont marqué l’histoire d’Amérique centrale.

Concernant cette découverte, l’archéologue guatémaltèque, Christa Schieber, coordinatrice technique du parc, a déclaré que Tak’alik Ab’aj constituait un “lieu d’expérimentation” pour faire des “essais” sur l’écriture maya qui a évolué au fil du temps.

Les autorités guatémaltèques souhaitent que le site Tak’alik Ab’aj soit inscrit à l’UNESCO

Le président de la République du Guatemala, Alejandro Giammattei, a d’ailleurs signifié qu’il comptait faire une demande d’inscription du site sur la liste du patrimoine culturel mondial de l’UNESCO.

“La semaine prochaine, nous signerons la demande officielle pour que Tak’alik Ab’aj soit considéré comme un patrimoine culturel de l’humanité. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir, en tant que gouvernement, pour que cela devienne une réalité “.

Des propos que le président a tenu en ce mois de mars lors de sa participation à la conférence de presse au cours de laquelle la découverte et l’étude de la Stèle dite 87 du site susmentionné ont été présentées.

Le chef d’État a souligné :

“Tak’alik Ab’aj est probablement le site (archéologique) le plus important du Guatemala. C’est peut-être le moins connu, mais il présente des caractéristiques fondamentales, car c’est là que l’écriture a commencé dans la région méso-américaine. Il représente les premiers glyphes avec lesquels les gens ont cessé de parler pour commencer à écrire”.

Le président a ajouté que la reconnaissance internationale de ce site permettra de le protéger au cours des prochaines décennies, et impliquera une meilleure connaissance de ces cultures passées avec une approche approfondie du patrimoine identitaire du Guatemala.

Tak’alik Ab’aj est une ancienne cité maya déclarée aire protégée et patrimoine culturel de la nation du Guatemala.

Le parc archéologique qui s’étend sur 30 hectares bénéficie par ailleurs depuis 2018 du critère Sello Q Verde accordé par Inguat aux prestataires de services touristiques qui mettent en œuvre des normes de qualité et de durabilité qui garantissent la satisfaction, la sécurité et le confort des touristes.

En 2012, des archéologues guatémaltèques ont annoncé la découverte de la tombe d’un souverain puissant à Tak’alik Ab’aj, ce qui pourrait avoir entraîné le passage de la culture olmèque à la culture maya entre 700 et 400 av. J.-C.

À ce jour, plus de 70 bâtiments de grande envergure, 325 monuments sculptés et une riche collection de stèles ont été trouvés, témoignant de la flamboyance des anciens habitants d’Amérique centrale.