En Équateur, le tourisme a augmenté l’année dernière de 9 %, un chiffre qui est deux fois supérieur à la moyenne annuelle mondiale (estimée à environ 4 %), et qui fait de ce secteur d’activité l’un des principaux moteurs économiques de ce pays d’Amérique du Sud (après la production de pétrole et la culture bananière).

L’Équateur s’efforce depuis plusieurs années de mener une intense campagne promotionnelle (Marca Turística) pour se faire connaître à travers le monde en tant que destination nature, culturelle et gastronomique, comme l’a souligné le ministre du Tourisme équatorien, Freddy Elhers. L’année dernière, l’Équateur a reçu 1,15 million de visiteurs étrangers qui, conjointement aux touristes nationaux, a boosté l’économie avec une consommation estimée à 4000 millions de dollars, ce qui représente 6,5 % du produit intérieur brut, a révélé Elhers lors d’une interview accordée en marge de la Feria Internacional de Turismo de Madrid (FITUR) qui s’est tenue en Espagne en janvier. « Ces dernières années qu’il y a eu un grand sursaut du tourisme national, qui combiné à l’afflux de touristes étrangers, a permis une croissance du secteur de façon accélérée », a souligné le ministre tout en précisant que le tourisme était un secteur clé pour l’économie locale en raison des recettes qu’il engendre (environ 789 millions de dollars).

Freddy Elhers

Ce sont environ 60 000 touristes espagnols qui ont visité l’Équateur en 2011, ce qui place l’Espagne en quatrième position, après la Colombie, les États-Unis et le Pérou qui sont les plus grands pays émetteurs de touristes. Il s’agit d’un chiffre important, comme a tenu à le préciser le ministre, puisqu’il n’est pas en diminution, mais plutôt en augmentation malgré la crise économique qui affecte l’Europe.

La Colombie, le Pérou, l’Équateur et la Bolivie ont particulièrement oeuvré lors de la Feria Internacional de Turismo de Madrid (Fitur) pour explorer les possibilités d’intégration touristique et promouvoir conjointement les pays de la Communauté andine des nations (CAN). Le ministre du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme de Colombie, Sergio Díaz-Granados, a évoqué la satisfaction des pays andins devant la croissance du secteur touristique. Díaz-Granados, actuel président de la Commission qui explore les possibilités d’intégration touristique des quatre pays de la CAN, a expliqué que, durant la dernière décennie, le nombre de voyageurs européens vers la zone Amérique latine avait triplé passant de 2 millions de touristes à plus de 6 millions en 2011.

Sergio Díaz-Granados

« Les pays andins vont se consacrer à faire la promotion commune de leurs pays en qualité de destinations touristiques dans des lieux éloignés comme l’Asie ou encore l’Europe dans le but de faire connaître leurs offres », a déclaré Sergio Díaz-Granados. Il a ainsi expliqué que la Colombie et l’Équateur avaient souscrit des accords pour que tous les vols à la frontière entre les deux pays, soient au prix des vols nationaux afin de faire baisser les coûts. Díaz-Granados a mis en avant les atouts de ces quatre pays qui, selon lui, réunissent le plus beau de l’Amérique latine.

« La Bolivie possède le lac Titicaca qu’elle partage avec le Pérou qui à son tour, jouit du Machu Picchu et d’une gastronomie de haute qualité. L’Équateur possède de grandes richesses naturelles ainsi que les îles Galapagos ». Il a ajouté que la Colombie propose une grande biodiversité et un tourisme de nature qui joint au soleil et à la plage fait de cette destination un lieu unique avec une ouverture sur les Caraïbes. « Ce sont des pays complémentaires. Nous possédons une grande partie des Andes et en même temps nous sommes des pays avec des accès sur le Pacifique, la mer caraïbe, et l’Amazonie ». Le nombre de touristes de la Communauté andine (CAN) qui ont visité le Pérou, la Bolivie, l’Équateur et la Colombie est passé de 154 000 à 373 000 en 2011, soit une augmentation de 142 % durant la dernière décennie.

En Bolivie, le nombre de visiteurs est passé de 63 000 à 309 000 entre 2002 et 2011, en Colombie de 82 000 à 246 000 alors qu’en Équateur il est passé de 308 000 à 374 000 maintenant ainsi le leadership dans la zone. 18 % des touristes qui visitent l’un de ces quatre pays proviennent d’Europe, 21 % des États-Unis, 15 % des pays du CAN et 30 % d’autres pays émetteurs. L’équateur reçoit 19% de visiteurs en provenance d’Europe, 28 % des États-Unis, 33 % des pays de la CAN et 20 % du reste du monde.

Freddy Elhers

L’Équateur a promu lors du Fitur le « tourisme responsable », un concept qui se nourrit des principes d’équitabilité, d’éthique et de cohabitation et cherche « à construire et non pas détruire, car nous avons confiance que parfois le tourisme provoque de mauvaises choses et c’est justement ce que nous voulons éviter », a expliqué Elhers. Freddy Ehlers exposera dans le cadre du Fitur le plan 2020 (Plandetur 2020), qui prétend favoriser un tourisme « respectueux » de l’environnement et qui utilise efficacement les ressources du pays.

« Nous souhaitons poursuivre la promotion de l’Équateur comme pays offrant une grande biodiversité, mais aussi comme destination culturelle. L’Équateur est un condensé de l’Amérique latine ».

Le ministre a résumé les atouts de l’Équateur de cette façon « Visitez l’Amérique latine en une semaine et dans un seul pays ». Ce pays andin « offre l’Amazonie, les montagnes, les volcans, les plages sans oublier les îles Galapagos, et vous permet d’aller à la rencontre des peuples indigènes », a souligné le ministère du Tourisme.

Comme l’a précisé le ministre du Tourisme, les Galapagos représentent 15 % du tourisme en Équateur, sur un million de touristes qui visitent le pays, 120 000 se rendent sur l’archipel.

Galapagos

Une commission de l’Assemblée nationale d’Équateur, a par ailleurs, amorcé le 1er février une réflexion sur un projet de réformes relatives à la Loi spéciale qui est appliquée aux îles Galapagos et qui inclut la régulation du tourisme sur cet archipel déclaré patrimoine naturel de l’humanité par l’Unesco en 1978. Le projet normatif prévoit la formation d’un Conseil du Gouvernement aux Galapagos (qui est aussi l’une des 24 provinces équatoriennes) dirigé par un délégué ou un gouverneur désigné par l’Exécutif. La Commission de gouvernements autonomes de l’Assemblée a informé via un communiqué qu’elle analyserait avec attention la proposition législative et qu’elle n’écartait pas d’ouvrir les débats aux habitants de la région. Cette réforme prévoit entre autres, la réalisation d’un recensement touristique sur l’île qui durant 2011, selon des chiffres officiels, a reçu 170 000 visiteurs. Ce sont 25 000 individus qui vivent à l’année, la majorité d’entre eux est liée à l’activité touristique. Néanmoins, ce chiffre semble trop important aux yeux de nombreux écologistes qui estiment que ce chiffre ne devrait pas excéder 20 000 personnes afin de protéger la biodiversité fragile de l’archipel. Ce projet qui contient 58 articles et 9 dispositions temporaires prévoit aussi des changements dans les catégories migratoires qui actuellement se divisent de la façon suivante : résidents temporaires ou permanents, touristes et personnes de passage.

Il envisage également la régulation de la pêche artisanale et tout ce qui menace la biosécurité de l’environnement comme les activités touristiques. Ce mystérieux et fascinant archipel situé dans le Pacifique, à 1000 km au large des côtes équatoriennes,  est composé de 13 grandes îles, 6 petites et plus de 40 îlots. Sa superficie totale est de 8010 km².
Les îles ont émergé de l’Océan Pacifique il y a cinq millions d’années, à la suite d’éruptions volcaniques sous-marines. Ce sont les formations de lave et la roche volcanique qui donnent aux touristes l’impression de se trouver « dans un autre monde » lorsqu’ils visitent les Galapagos.

Cet archipel compte six îles principales et une douzaine d’îles plus petites qui sont les parties émergées d’édifices volcaniques, éteints pour la plupart. Officiellement appelé archipiélago de Colón (archipel de Colon) l’archipel couvre 7812 km² pour une population de près de 25 000 habitants. L’île San Cristóbal abrite le siège des autorités équatoriennes, installées à Puerto Baquerizo Moreno (population d’environ 3500 habitants). L’archipel a été rendu célèbre après que le scientifique Britannique Charles Darwin y eût effectué un séjour de six semaines en 1835.
Une grande partie de l’archipel se trouve au sud de la ligne équatoriale, là où convergent plusieurs courants marins. En fait, les Galapagos sont le résultat de tous les éléments nécessaires à la constitution d’une merveille à la fois zoologique, botanique et géologique.

En juillet 2010, les îles Galapagos avaient été retirées de la Liste du patrimoine mondial en péril de l’UNESCO sur laquelle elles figuraient depuis 2007, une inscription due à l’afflux touristique et à l’introduction d’espèces non endémiques qui menaçaient l’écosystème de l’archipel.

(Aline Timbert)