Amazonie
Fleuve amazone
Amazonie, poumon vert du monde (Wikipedia, Lubasi)

Alors que la stupeur de la communauté internationale ne fait que grandir au vu des images révélant une forêt amazonienne dévorée par les flammes depuis plusieurs jours au Brésil, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a exprimé jeudi sa réelle inquiétude :

“Je suis profondément préoccupé par les incendies en forêt amazonienne”, a déclaré le chef des Nations Unies dans un message publié sur son compte Twitter. “En pleine crise climatique mondiale, nous ne pouvons pas nous permettre de nuire à l’une de nos sources d’oxygène et de biodiversité”, a ajouté le diplomate portugais.

Les messages d’officiels, d’ONG et autres affluent du monde entier pour interpeller le président du Brésil, Jair Bolsonaro, afin qu’il mette tout en oeuvre pour enrayer ces feux qui se propagent en Amazonie offrant au monde une vision apocalyptique de cette région surnommée “le poumon vert du monde”.

Les Nations Unies expriment leur préoccupation devant l’ampleur du désastre

La présidente de l’Assemblée générale des Nations unies, María Fernando Espinosa, a déclaré que les incendies “inquiètent et affectent le monde entier”. Outre les Nations Unies, plusieurs dirigeants mondiaux ont manifesté leur profonde inquiétude. La fumée gagne les pays voisins du Brésil. Cette situation ne fait qu’accentuer les préoccupations autour de la crise climatique mondiale et de l’impact des positions politiques concernant l’exploitation des ressources dans les zones protégées.

Le président Emmanuel Macron alerte sur la situation en forêt amazonienne

Le président français Emmanuel Macron a déclaré que les incendies constituaient “une crise internationale” et que la question serait traitée de manière urgente, ce week-end, lors du sommet du G7 qui se tiendra sans le sud de la France, à Biarritz.

Face à cette déclaration, M.Bolsonaro a “déploré” que le président français “cherche à instrumentaliser une affaire interne du Brésil et des autres pays amazoniens pour obtenir des avantages politiques personnels”.

Les pays voisins du Brésil offrent leur aide pour freiner la progression des flammes

La Colombie a proposé au Brésil, à la Bolivie, à l’Équateur et au Pérou de mener à bien un “projet commun” de prévention de la catastrophe environnementale. De même, le gouvernement chilien a offert l’aide de son pays au Brésil pour lutter contre les incendies.

Le gouvernement controversé du président vénézuélien, Nicolás Maduro, a fait part de sa “profonde préoccupation” au sujet des incendies et a également offert sa “modeste aide” pour atténuer immédiatement la “tragédie douloureuse”.

Le ministère des Affaires étrangères du Costa Rica a également exprimé sa “profonde préoccupation face aux ravages causés par les incendies de forêt”.

D’autre part, les évêques catholiques réunis au sein du Conseil épiscopal latino-américain (Celam) ont demandé aux gouvernements du Brésil et de Bolivie, ainsi qu’à la communauté internationale, “de prendre des mesures sérieuses pour sauver le poumon du monde”.

“Ce qui arrive à l’Amazonie n’est pas seulement un problème local, mais de portée mondiale. Si l’Amazonie souffre, le monde souffre”, ont-ils déclaré dans un communiqué intitulé “Nous élevons notre voix pour l’Amazonie”.

Face à la catastrophe qui menace la biodiversité et les communautés locales, de nombreux followers ont exprimé leur solidarité avec le bassin amazonien en lançant le hashtag #PrayForAmazonas sur Twitter.

https://twitter.com/hashtag/PrayforAmazonia%E2%80%A6?src=hash

Des images satellitaires de la NASA témoignent de la violence des incendies

L’Agence spatiale américaine (NASA) a publié ces derniers jours une série d’images d’incendies dévastateurs capturés par son satellite Aqua. Ces feux sont suffisamment importants pour être observés depuis l’espace.

“Bien qu’il ne soit pas rare que des incendies se déclarent au Brésil à cette période de l’année en raison des températures élevées et du faible taux d’humidité, il semble que cette année le nombre d’incendies pourrait battre un record”.

Plus de 71 000 foyers ont été enregistrés au Brésil cette année (soit une augmentation de 83% par rapport à l’année 2018), dont plus de la moitié se sont déclarés dans la région amazonienne. Selon des données de l’Institut national de recherche spatiale (INPE), au moins 68 incendies ont été détectés dans des zones protégées.

“Le gouvernement brésilien manque de ressources pour lutter contre un nombre record d’incendies de forêt dans la forêt amazonienne”, a déclaré jeudi le président Jair Bolsonaro tout en refusant l’aide financière de plusieurs donateurs.

Le président Jair Bolsonaro a répété à plusieurs reprises qu’il estimait que le Brésil devrait ouvrir l’Amazonie aux intérêts commerciaux afin de permettre aux sociétés minières et forestières d’exploiter les ressources naturelles.

La Colombie, qui partage la forêt amazonienne avec le Brésil et d’autres pays d’Amérique du Sud, a offert son soutien pour éteindre les incendies, sans toutefois expliquer le type d’aide qu’elle est disposée à fournir. L’incendie du nord du Brésil ne connaît pas de frontières, ainsi les effets des incendies se sont étendus jeudi au Pérou, tandis que la Bolivie, qui en souffre également, a annoncé des mesures pour y faire face.

Le président bolivien, Evo Morales, a, à son tour lancé un “cabinet d’urgence national” chargé d’élaborer un plan visant à enrayer les incendies de forêt qui détruisent la Chiquitanía et d’autres régions de l’est du pays.

Bolsonaro accusé de favoriser la déforestation en Amazonie

Pour les défenseurs de l’environnement, cette tragédie écologique en Amazonie est imputable à la forte augmentation de la déforestation, qui a été multipliée par quatre en 2019 par rapport à 2018.
Bolsanoro a déclaré jeudi que les agriculteurs pourraient avoir provoqué des incendies illégalement.

Les écologistes de leur côté accusent Bolsonaro d’encourager les agriculteurs et exploitants forestiers et miniers à brûler des terres (technique du brûlis) pour assurer le développement de leurs activités.

Ce drame écologique interpelle sur les réseaux sociaux

De nombreuses stars ont poussé un coup de gueule sur les réseaux sociaux pour dénoncer le manque de moyens déployés pour freiner la progression des flammes. L’acteur américain Leonardo DiCaprio sur son compte Instagram, a écrit:

Il est effrayant de penser que l’Amazonie est la plus grande forêt tropicale de la planète (…) et qu’elle brûle depuis 16 jours consécutifs, littéralement sans couverture médiatique. Pourquoi ?

Instagram de Leonardo DiCaprio, 22 août 2019

Quand la cathédrale de Paris a brûlé, les médias du monde entier ont couvert chaque instant et des milliardaires se sont précipités pour la restaurer. La forêt amazonienne est en train de brûler. Le poumon de notre planète est en feu depuis trois semaines. Pas de couverture médiatique ni de milliardaires.

Instagram de Ricky Martin, 22 août 2019

Ces propos ont été tenus par le célèbre chanteur portoricain Ricky Martin, interprète du tube planétaire “(Un, dos tres), Maria”.

Ces feux de forêt menacent tout l’équilibre d’une région unique : communautés natives, faune, flore, l’impact est certes local, régional , mais aussi mondial… Le réchauffement climatique menace plus que jamais avec ces gigantesques émissions de CO2 dans l’atmosphère.