L’édifice archéologique mexicain Templo Mayor (grande pyramide à degrés) a été révélé il y a maintenant 100 ans, à cette occasion une exposition intitulée « 100 ans du Templo Mayor. Histoire d’une découverte » est proposée au public au musée éponyme, elle retrace son histoire  et se focalise également sur l’archéologue et anthropologue Manuel Gamio (1883- 1960), à qui l’on doit sa mise au jour. Jusqu’au mois d’avril 2015, le musée du Templo Mayor présentera aux visiteurs une collection de documents, de cartes, de pièces archéologiques et d’objets personnels ayant appartenu au scientifique. Un buste de l’archéologue réalisé par l’artiste Sergio Peraza a même été sculpté à l’occasion de cette commémoration et sera présenté au public « dans un endroit significatif du parcours actuel de la zone archéologique ».

L’exposition temporaire s’articule autour de six grands axes qui retracent le parcours du Templo Mayor depuis l’arrivée des conquérants Espagnols sur le sol mexicain jusqu’à l’actuelle mis en valeur de ce patrimoine d’exception.

« Normalement, ce que nous raconte l’histoire, c’est que lorsque les Espagnols ont conquis les cités préhispaniques, la première chose qu’ils réalisaient était de détruire les édifices les plus importants de ces villes pour y dresser à la place des cathédrales et des églises, pour renforcer le processus évangélisateur, mais ici ce ne fut pas le cas », souligne le sous-directeur de la muséographie du temple, Juan José Arias Orozco.

Site archéologique du Templo Mayor en 2008
Site archéologique du Templo Mayor en 2008

Cette exposition commémore la découverte en 1914 du Templo Mayor de Tenochtitlan, une zone archéologique qui s’étend sur 1,2 ha, et dont l’édifice religieux principal est consacré à Huitzilopochtli, le dieu du Soleil et de la guerre et à Tláloc, le dieu de la pluie. Tenochtitlan, était le centre d’un vaste réseau de domination et d’échange économique, politique et social, il est communément établi que la forme de gouvernement que prit son peuple était celle d’un empire, cet ensemble cérémoniel n’était pas seulement le centre de la ville, mais également celui de tout l’empire mexica. Le temple a révélé au fil des fouilles menées par Eduardo Matos sept étapes de construction. Pour les mexicas, le Templo Mayor occupait le centre de l’univers, c’est pourquoi il ne pouvait pas changer d’endroit. À chaque fois qu’il subissait un agrandissement, les nouvelles constructions avaient lieu sur les fondations antérieures et conservaient les mêmes caractéristiques fondamentales.

L’enceinte sacrée est une grande place carrée qui mesure approximativement 350 m sur 350 m, le Templo Mayor était l’une des pyramides les plus grandes à l’arrivée des Espagnols. Son orientation coïncide avec l’axe principal du tracé urbain de la ville coloniale et de la ville précolombienne. De cette manière, le double sanctuaire supérieur qui a abrité les représentations de Huitzilopochtli et Tláloc s’aligne sur le point auquel le soleil se couchait le 9 avril et le 2 septembre.

Seuls les religieux, les guerriers, les gouvernants et les étudiants de Calmécac, avaient accès de façon permanente à ce vaste espace, lors des célébrations civico-religieuses le reste de la population pouvait y pénétrer.

mexique22122014-2L’archéologue Eduardo Matos tient à signaler qu’avec cette exposition temporaire, on rend hommage à trois éléments fondamentaux : la mise au jour des premiers vestiges du Templo Mayor il y a 100 ans par Gamio, la poursuite des travaux au sein de l’enceinte sacrée dans le cadre du projet de recherche débuté en 1978 avec la découverte du monolithe de la Coyolxauhqui, et le 75e anniversaire de l’Institut national d’archéologie et d’histoire du Mexique qui rend hommage à cette figure emblématique de l’anthropologie et de l’archéologie.

L’exposition permet de découvrir des pièces archéologiques découvertes par Gamio mais aussi des objets personnels prêtés par sa petite-fille, Ángeles González Gamio ainsi que des documents de l’époque lors de ses études au Palacio de Minería, puisqu’il se destinait au départ à devenir ingénieur des mines avant d’entreprendre des études d’archéologie à New York.

Le musée du Templo Mayor célèbre quant à lui son 27e anniversaire, il a été créé par l’architecte Pedro Ramírez Vázquez, et a ouvert ses portes le 12 octobre 1987, il a attiré depuis près de 6 millions de visiteurs dans ses huit salles sur la zone archéologique. Il réunit les pièces archéologiques découvertes durant les différentes fouilles du Projet Templo Mayor et du Programme d’archéologie urbaine.

Avec cette exposition, les visiteurs auront accès à l’histoire détaillée de l’enceinte au sein de laquelle Gamio a découvert, en mai 1914, les premières traces du Templo Mayor, différentes conférences seront également organisées en parallèle tout au long du mois de février

Manuel Gamio
Manuel Gamio

Le public peut également observer les plans du XVIe siècle de l’Archivo General de Indias (Sevilla, Espagne), représentant la Plaza Central de la Ciudad de México y  et la zone occupée par le temple; un fragment polychrome banc en relief avec des guerriers en procession étudié par Hermann Beyer, spécialiste allemand, qui a nommé cette pièce « La procession des seigneurs ».

Franco a expliqué que « certains documents présentés permettent de corroborer qu’entre le 6 et le 16 mai 1914, Gamio a identifié les premiers vestiges du principal temple sacré de tenochca. Commençait alors un travail qui se poursuit aujourd’hui et qui constitue le noyau des tâches de l’INAH ».

(Aline Timbert)