On est bien loin de l’image de carte postale véhiculée sur les dépliants des tour-opérateurs et qui attire des milliers de touristes du monde entier vers les plages immaculées de la péninsule du Yucatán au Mexique.

En effet, ce petit coin de caraïbes connait une véritable catastrophe écologique avec la présence d’une algue brune invasive connue sous le nom de Sargassum (les Sargasses), celle-là même qui avait donné des sueurs froides l’année dernière aux habitants de Guadeloupe et de Martinique.

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Ces derniers jours, les célèbres et incontournables plages de sable blanc de Cancún, Playa del Carmen et Tulum, y compris l’île de Cozumel, sont devenues le refuge d’algues géantes qui défigurent le paysage et dégagent une odeur nauséabonde.

En effet, l’algue en question libère de l’hydrogène sulfuré, pouvant être source de toxicité, faisant fuir des vacanciers dépités par une telle vision, ou les contraignant à braver le tapis maronnasse couvrant le sable pour se baigner… parmi un tapis d’algues bien sûr !

Cette algue est devenue un cauchemar pour les opérateurs locaux et pour le gouvernement mexicain qui redoute de voir l’attrait touristique décliner alors que ce secteur est un moteur de l’économie nationale.

Le président mexicain, Andrés Manuel López Obrador a fait clairement part de sa préoccupation et évoque même “une question d’État” pour faire face au problème. Par conséquent, il a convoqué en urgence des spécialistes de l’environnement pour expliquer le phénomène qu’il a qualifié de “non-naturel” et a annoncé qu’il soutiendrait économiquement les prestataires de services de Quintana Roo, où les plages les plus touchées par l’invasion d’algues. Et elle s’annonce massive cette année puisque 1 million de tonnes pourrait échouer sur les plages mexicaines, un chiffre multiplié par 5 par rapport à l’année dernière.

Selon le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles (Semarnat), cette arrivée massive est causée par de multiples facteurs tels que l’augmentation en nutriments, la température de l’eau, les courants marins et les vents.

“Le but est d’avoir un plan, un programme. Certains acteurs du secteur touristique tourisme s’y affairent déjà, ils investissent et nettoient leurs plages. Ils sont très motivés et nous allons les aider”, des propos tenus par le président mexicain.

“Cette zone est très importante et nous devons soutenir cette région du pays, car le tourisme a beaucoup donné au Mexique”, a ajouté président lors d’une conférence de presse depuis le Palais national, évoquant des destinations touristiques à risque telles que Cancún, Playa del Carmen et Tulum.

#Sargazo| Este es el paisaje desde las playas de #Mahahual.
📸@bonilla_eddy pic.twitter.com/o6w7DDRc9X— Novedades de Q.Roo (@novedadesqroo) 5 mai 2019

“Le tourisme est une activité économique très noble, car elle ne génère pas seulement de la richesse, des devises, mais de nombreux emplois”, a déclaré le président.

“C’est l’un des plus grands défis auxquels le monde est confronté en raison du changement climatique”, a déclaré le gouvernement de l’état de Quintana Roo, connu pour le grand nombre de stations balnéaires sur ses côtes. Ce défi nécessite la combinaison d’efforts multinationaux et un engagement mondial pour faire face aux effets du développement économique sur l’environnement.”

Les scientifiques ont mis au point des techniques d’observation du sargassum afin de détecter la quantité d’algues qui afflue vers la côte caraïbe, mais il est difficile de prévoir quand et où elles arriveront.

Sa présence pose plusieurs dilemmes environnementaux, en effet l’extraction en mer met en danger les espèces qui utilisent ces algues brunes comme cachettes pour leurs petits. Mais éliminer les algues avec des pelles ou des machines une fois échouées sur les plages constitue aussi une tâche gigantesque qui menace les sites de nidification des tortues .

Selon l’Institut des sciences de la mer et de la limnologie (ICMyL) de l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM), les hôtels de Quintana Roo dépensent environ un million de pesos (52 798 dollars) pour le nettoyage des plages chaque mois.

L’année dernière, les acteurs axés sur le tourisme dans la zone impactée ont déboursé environ 80 millions de pesos pour faire face au problème.

Selon les experts, le phénomène d’échouage dure environ quatre mois, mais cela pourrait, selon le réchauffement de la planète, se prolonger un peu plus … Une algue qui pourrait faire du paradis pour touristes un véritable enfer !