Pérou : Le fleuve Amazone pourrait enregistrer un débit record en raison des fortes pluies

Au Pérou, le Service national de météorologie et d’hydrologie (Senamhi) a informé, le 28 mars (INDECI : BOLETÍN DE AVISO HIDROLOGICO N°026 Río Amazonas próximo a alcanzar sus niveles y caudales máximos históricos), que le fleuve Amazone pourrait atteindre très prochainement son niveau maximum avec un débit record, c’est le résultat des pluies intenses enregistrées depuis le mois de janvier jusque-là dans le bassin amazonien.

La station hydrologique Tamshiyacu, une ville de la province de Maynas, Région de Loreto bordant l’Amazone fait état d’un niveau de 119,35 m au-dessus du niveau de la mer, ce qui représente un débit de 50,680 m³ par seconde, une augmentation de 19 % par rapport à son débit normal journalier à cette période de l’année.
Si l’on en croit les chiffres enregistrés ces 30 dernières années par cette station hydrologique, le dernier record remonte au 8 mai 1986 avec un débit de 56,840 m³ par seconde, tandis que le 19 avril 2012, c’est un débit de 55,420 m³ par seconde qui a été noté dans la zone. Lors de ces dernières crues, les inondations ont frappé la région de Loreto causant de nombreux dégâts matériels. Le niveau hydrique de l’Amazone a commencé à croître la seconde semaine du mois de mars à raison de 300 m³ par seconde et par jour, sa crue devrait se poursuivre en sachant que les principaux affluents du fleuve (le Ucayali et le Marañón) vont apporter de forts volumes d’eau en raison des fortes précipitations qui se poursuivent.

perou01042015En effet, alors que le chili enregistre de terribles inondations meurtrières, les intempéries n’épargnent pas cet autre pays sud-américain, dimanche 29 mars les autorités ont déclaré l’état d’urgence dans trois zones impactées par les précipitations et les inondations qui en découlent, la région de Tumbes, mais aussi de Tacna, et Moquegua.
La déclaration de l’état d’urgence entre en vigueur pour une durée de 60 jours, elle permet de débloquer des fonds de façon plus rapide, mais aussi des moyens humains pour venir en aide aux populations affectées par les glissements de terrain et crues des cours d’eau.

Le spécialiste du Senamhi, Martí Bonshoms, un informé que des précipitations soutenues allaient encore concerner la côte de Lambayeque, La Libertad mais aussi certaines zones de Cajamarca et Amazonas dans les prochains jours.
Ces fortes pluies sont imputables, selon les spécialistes, au phénomène climatique El Niño, le météorologue Jonathan Cárdenas s’est exprimé sur le site Peru.com et a expliqué à la population à quoi s’attendre dans les prochaines semaines. À la question qui lui a été posée « ce phénomène apportera-t-il des pluies comme celles de 1983 et 1998 ? », il a répondu : « On enregistre déjà des précipitations. Le problème ce que l’on sort juste de la saison de pluies. Ce n’est pas pareil d’avoir une mer chaude pendant quatre mois ou de l’avoir pendant 15 jours. La capacité d’engendrer des précipitations à court terme est plus faible que sur une plus longue période. Comme nous sommes à la sortie de la saison des pluies, cela pourrait être l’un ou l’autre, peut-être des pluies très destructrices ». Le spécialiste a précisé que le phénomène est « pour le moment faible » en précisant « voyons comment il évolue parce que cela peut changer ».

Une dizaine de personnes ont tragiquement perdu la vie il y a quelques jours lors de glissements de terrain et d’inondations enregistrés dans le district de Lurigancho-Chosica, dans la province de Lima.

Lorsque le phénomène El Niño se manifeste, les alizés ont tendance à s’inverser, de sorte que les eaux près de l’Australie et de l’Asie sont plus froides, provoquant des sécheresses. Des ouragans se forment au milieu du Pacifique et frappent la Polynésie. Les eaux le long de la côte de l’Amérique ont tendance à se réchauffer, ce qui implique une hausse des précipitations.

10/02/2015

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