Représentation de mammouth et d’un chasseur

La chasse aux mammouths a-t-elle eu lieu au Mexique il y a environ 15 000 ans ? La réponse est oui, si l’on en croit des experts de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH) qui, après avoir découvert les ossements de 14 mammouths à San Antonio Xahuento, Tultepec (dans l’État de Mexico), évoquent la mise en place de pièges humains pour chasser ces gigantesques herbivores.

Lors d’une conférence de presse, des membres de l’INAH ont annoncé la découverte de pièges artificiels pour mammouths créés par l’Homme. Il s’agit de la plus ancienne preuve directe de la chasse organisée de ces mammifères surdimensionnés.

Ce sont deux pièges artificiels pour mammouths. C’est un tournant dans l’Histoire, non seulement du pays, mais du monde entier, car aucun piège artificiel pour mammouths n’a été retrouvé ailleurs”

, des propos tenus par l’archéologue en charge de la mission, Luis Córdoba.

Selon ce qui a été révélé, les Hommes utilisaient plusieurs rangées de pièges pour chasser efficacement ces animaux. Pour ce faire, ils creusaient des fosses profondes, les pièges découverts, d’1,70 m de profondeur et de 25 m de diamètre dateraient, selon les renseignements fournis par l’étude des couches stratigraphiques, d’environ 15 000 ans.

Les archéologues ont expliqué qu’environ sept troupeaux de mammouths peuplaient cette région du bassin Nord depuis des milliers d’années, ils cohabitaient alors avec d’autres espèces telles que des bisons.

Des animaux gigantesques traqués par l’Homme

Les ossements de ces proboscidiens et tout le système de chasse qui s’organisait autour d’eux ont pu être mis au jour grâce à des travaux d’assainissement menés par la mairie de Tultepec.

Cette municipalité a déjà une expérience des explorations archéologiques liées aux mammouths, puisqu’un projet archéologique avait permis de découvrir en 2016 le squelette d’un spécimen, un squelette de mammouth que l’on peut découvrir à la Maison de la culture de Tultepec.

Une telle quantité d’ossements découverts place le Mexique parmi les pays conservant le plus de traces de mammouths même si le nombre de vestiges est bien inférieur à celui des mégasites européens, tels que ceux situés en Autriche, en Sibérie, ou encore en République tchèque.

En ce qui concerne les procédures de chasse, certains os mis au jour sur le site confortent la théorie selon laquelle l’être humain s’est confronté à ces gros animaux munis d’armes, et ne s’est pas contenté d’attendre passivement la mort de l’animal une fois pris au piège.

Sur l’un des crânes, vous pouvez voir la marque d’une attaque à la lance. Elle mesure environ 15 centimètres de long. Elle a glissé sur l’os, elle ne l’a pas percé. C’est un fait important, car il y avait peu de preuves que l’Homme ait directement attaqué le mammouth”,

Luis Cordoba

En outre, selon le chercheur, les chasseurs de l’époque “avaient une grande connaissance de la physionomie de l’animal” et utilisaient leur savoir anatomique pour transformer des parties de l’os en outils “avec des os bien choisis en fonction de leur utilité”.

Les travaux d’archéologie ont commencé au début de l’année 2019 et, malgré la publication des premières conclusions, le processus d’étude est long, comme l’a révélé lors de la conférence de presse, le coordinateur national de l’INAH, Pedro Fráncisco Sánchez.

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14 squelettes de mammouths, soit 800 ossements mis au jour

Tous les ossements retrouvés (environ 800) sur le gisement archéologique Tepultepec II, devront recevoir un traitement approprié, puis il seront acheminés à la Maison de la culture de Tultepec, où ils pourront être visibles auprès du squelette récupéré il y a trois ans maintenant.

Il s’agira aussi pour les experts d’affiner la datation des ossements, qui d’après les premiers éléments est estimée à 14 700 ans, une datation effectuée grâce à la présence de 12 cm de cendres volcaniques provenant du Popocatepetl, situé à Tultepec, à 75 km.

Salvador Pulido, directeur du sauvetage archéologique de l’INAH, a déclaré que les fouilles de «Tultepec II» représentaient seulement «la partie émergée de l’iceberg» pour comprendre ce qui s’était passé dans le bassin de Mexico pendant le Pléistocène.