La déforestation menace la santé de la forêt amazonienne en Colombie
Colombie, Puerto Nariño (municipalité du département d’Amazonas)

Le vice-président régional pour l’Amérique du Sud de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), Claudio Maretti, a tiré la sonnette d’alarme concernant le niveau de déforestation atteint en Colombie.

Alors que les médias relèvent fréquemment la perte de forêt au Brésil en critiquant la gestion environnementale catastrophique du président Bolsonaro, Claudio Maretti, souligne que le désastre est encore plus flagrant sur le territoire colombien depuis 20 ans.

L’Amazonie menacée de toute part sur le continent sud-américain

Sur les terres amazoniennes, où le poumon vert s’étale sur différents pays, la déforestation est plus que préoccupante. La forêt tropicale est dévorée en différents points, la faute aux phénomènes climatiques comme les épisodes de sécheresse répétés et aux incendies qui en découlent, mais aussi aux activités humaines non contrôlées.

“Nous avons, d’année en année, des épisodes de sécheresse plus marqués , et des zones de forêt sont de plus en plus dégradées, la déforestation est en augmentation (…) Si nous n’arrêtons pas la déforestation, nous mettons l’Amazonie en danger”. Voilà les conclusions peu optimistes de Claudio Maretti, vice-président de cette ONG œuvrant pour la protection de la nature.

Les activités humaines menacent la pérennité du poumon vert en Colombie

Face à ce constat, il a interpellé les autorités colombiennes afin qu’elles “coordonnent leurs efforts pour rechercher des opportunités de revenus qui ne génèrent pas de déforestation”. En effet, les enjeux économiques liés aux activités agricoles, minières et pétrolières sont la plupart du temps à l’origine de cette déforestation brutale qui menace l’équilibre environnemental de cette région unique du globe.

Ce précieux écosystème amazonien a d’ores et déjà enregistré de nombreuses pertes, si ce rythme infernal se poursuit, le WWF estime que, d’ici l’année 2030, plus d’un quart de l’Amazonie pourrait alors avoir été déboisé.

Le bassin amazonien abrite le plus grand système fluvial du monde et un écosystème privilégié aussi riche que fragile. Chaque année, ce sont environ 200 000 hectares de forêt qui sont perdus en Colombie. Ces terres servent à l’élevage de bétail, à l’agriculture, à l’exploitation minière illégale ou encore à la culture illicite de coca.

Le président colombien s’engage à freiner la déforestation

Le gouvernement colombien a lancé en 2019 une campagne visant à lutter contre les activités illégales comme la culture de coca (matière première de la cocaïne), et à renforcer les systèmes de contrôle pour anticiper les menaces sur l’environnement. L’opération Artemis, l’initiative contre la déforestation, mobilise ainsi les forces militaires dans ce combat acharné.

Le trafic de drogue en Colombie est à l’origine d’un «écocide», des déclarations faites par le président Duque en personne.

La Colombie a perdu 158 894 hectares de forêt en 2019. En 2018, la déforestation avait atteint 197 159 hectares, selon des chiffres de l’Institut d’hydrologie, de météorologie et d’études environnementales. La déforestation se poursuit malgré le fait que la loi colombienne prévoit des peines allant jusqu’à 12 ans de prison pour les personnes impliquées dans des activités de déforestation .

La Colombie est, après le Brésil, le deuxième pays au monde avec la plus grande biodiversité au kilomètre carré. Le pays abrite environ 10% de la faune et de la flore de la planète, selon plusieurs organisations environnementales internationales.

Duque a fait une promesse, celle de réduire la déforestation de moitié en Colombie d’ici la fin de son mandat en 2022. «Nous nous sommes fixé l’objectif de réduire la déforestation de 50%». Depuis 2019, Duque insiste pour prendre soin de l’Amazonie. C’est pourquoi il a dirigé le Pacte de Leticia, un accord signé par tous les pays du bassin amazonien à l’exception du Venezuela.

À l’horizon 2022, le gouvernement Duque espère également relever un autre défi : planter 180 millions d’arbres. Jusqu’à présent, environ 38 d’arbres millions ont été plantés.

La Colombie s’inspire de l’exemple éthiopien en matière de politique de reboisement intensif, et le chef d’État sud-américain aspire à reboiser ainsi 300 000 hectares.