Rongeur

Alors que la pandémie de Covid-19 sévit laissant dans son sillage des défis sanitaires majeurs, un virus ressurgit en Bolivie avec un taux de mortalité approchant les 60%.

En effet, celui que les scientifiques ont nommé le virus du Chapare refait parler de lui en cette année 2020, déjà marquée par une crise sanitaire mondiale .

Le virus Chapare provoque de la fièvre et des saignements, un cas a été détecté en 2003 avant que de nouveaux malades ne soient infectés plus récemment.

Une transmission interhumaine reconnue

Des spécialistes en épidémiologie de l‘American Society for Tropical Medicine and Hygiene (ASTMH) ont diagnostiqué, en Bolivie, de nouveaux cas du virus Chapare. Cette maladie, qui présente des similitudes avec la fièvre hémorragique Ebola, peut se propager d’une personne à l’autre par les sécrétions (sang, sperme, salive, urine).

À ce jour, aucun traitement spécifique n’existe contre cette maladie, dont des foyers ont été enregistrés à deux reprises sur le territoire.

Un premier malade détecté en 2003 dans la région bolivienne du Chapare

Un jeune agriculteur de Samuzabeti (localité de la province du Chapare, dans la région de Cochabamba, qui donne son nom au virus) a développé une fièvre et des maux de tête en 2003, avant de présenter des myalgies et douleurs articulaires. Après quelques jours, le patient de 22 ans a été saisi de vomissements puis de saignements.

Le jeune homme avait été testé pour la dengue et la fièvre jaune, deux sérologies revenues alors négatives. Ne sachant définir le mal dont il souffrait, le médecin en charge de son cas avait envoyé des échantillons du virus au Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis. Les scientifiques avaient dès lors signalé qu’il s’agissait dun nouveau type d’arénavirus ou zoonose transmissible à l’homme. 

Un nouveau sursaut de la maladie enregistré ces derniers mois

Depuis lors, peu d’information a circulé sur cette maladie. Cependant, un récent rapport médical a fait mention de plusieurs cas (5 patients répertoriés dont trois ont perdu la vie) en Bolivie.

“Nos travaux ont confirmé qu’un jeune médecin résident, un ambulancier et un gastro-entérologue ont contracté le virus après avoir rencontré des patients infectés, et que deux de ces personnels de santé sont décédés plus tard”. Des propos tenus par l’épidémiologiste du CDC, Caitlin Cossaboom.

https://twitter.com/ecuavisa/status/1329410361137750016

En fait, les experts estiment que la maladie est transmise par des rats des champs et que les personnes infectées ont été en contact avec les excréments de rongeurs, bien qu’il n’y ait aucune certitude absolue sur ce point relatif aux origines de la maladie.

Mécanismes probables de contamination :

  • Par contact direct ou indirect : avec la salive, l’urine et les excréments de rongeurs infectés ;
  • Par contact direct : morsures et égratignures de rongeurs infectés ;
  • Par contact indirect : inhalation du virus lorsqu’il est exécré dans l’air ou ingestion d’aliments contaminés par de l’urine, de la salive ou des excréments de rongeurs infectés.

Le taux de mortalité est élevé, 60% des malades infectés décèdent.

Des fièvres hémorragiques virales causées par les rongeurs

Toutefois, le corps médical, dans ce contexte sanitaire déjà préoccupant, a écarté le risque de pandémie en affirmant :

«Les fièvres hémorragiques comme Ebola sont rarement aussi répandues que les maladies respiratoires», a affirmé Colin Carlson, chercheur à l’Université de Georgetown.

Le spécialiste explique ce faible risque de propagation par le fait que les symptômes apparaissent peu de temps après l’infection. Et comme la contagion se fait par un contact direct avec les fluides, la transmission est plus faible. De fait, la contagiosité est moindre.

Cependant, “des foyers peuvent s’avérer dangereux pour les personnels de santé qui tombent facilement malades après avoir soigné des patients infectés sans protection suffisante” en raison d’une méconnaissance de ce virus émergent.

Les symptômes du virus Chapare sont similaires à ceux d’Ebola et se présentent de la façon suivante :

  • Fièvre;
  • Maux de tête;
  • Gêne abdominale;
  • Eruptions cutanées;
  • Défaillance d’organe;
  • Saignements.

À l’heure actuelle, il n’y a pas d’épidémie active connue de la maladie.