Une pirogue maya retrouvée dans un cénote au Mexique

La civilisation maya, qui a occupé la Méso-Amérique, a laissé son empreinte culturelle au Mexique malgré les déprédations engendrées par la Conquête espagnole et l’instauration de l’ordre colonial.

Ainsi, des siècles après avoir peuplé ce territoire en faisant émerger des pyramides fascinantes, les chercheurs vont de découverte en découverte. Ce sont ces vestiges mis au jour qui nous permettent d’en apprendre davantage sur cette population préhispanique.

Cénote au Mexique : un lieu particulier pour les Mayas.
Cénote au Mexique, un lieu particulier pour les Mayas

Une pirogue maya en bon état de conservation retrouvée dans un cénote

L’Institut national d’anthropologie et d’histoire du Mexique (INAH) vient de dévoiler au grand public la mise au jour d’une pirogue ayant appartenu à cette foisonnante population préhispanique.

L’embarcation séculaire a été retrouvée en bon état selon les scientifiques dans un cénote situé au sud-est du Mexique. Cette découverte est intervenue alors que des travaux avaient lieu dans le cadre de la construction du controversé parcours ferroviaire Tren Maya.

Découverte de la pirogue maya dans un cénote au Mexique

Ce plan touristique a pour vocation de relier, en train, les principaux points attractifs du Yucatán y compris les célèbres sites archéologiques. Les partisans du projet estiment que le réseau ferroviaire contribuera à dynamiser un territoire frappé par la pauvreté, tandis que ses détracteurs soutiennent que cela peut être dommageable à l’environnement et aux sites historiques qui n’ont pas encore été découverts.

Lors de travaux de prospection dans la zone, une équipe d’archéologues sous-marins de l’INAH a identifié une grotte à environ cinq mètres sous le niveau d’eau actuel du cénote.

Les cénotes, des lieux sacrés préhispaniques

En fait, les cénotes sont des puits d’effondrement en milieu karstique totalement ou partiellement remplis d’eau. Le nom cénote provient du maya dz’onot, ce qui signifie « puits sacré ». Pour les Mayas ces lieux étaient sacrés, ils permettaient ainsi de communiquer avec l’« inframonde » appelé Xibalbá, c’est-à-dire le monde souterrain, le monde de l’obscurité et des Morts.

À ce titre, les Mayas pratiquaient régulièrement des cérémonies rituelles dans les cénotes, ce qui explique leurs traces dans ces endroits atypiques.

À l’intérieur de cette réserve d’eau située entre les états du Yucatán et de Quintana Roo (sud-est), les scientifiques ont identifié une forme ressemblant, de prime abord, à un tronc d’arbre avant de réaliser que ce bois avait été travaillé, sculpté par la main de l’homme pour confectionner une embarcation. Ce moyen de navigation en bois mesure 1,60 m de long, 80 cm de large et 40 cm de haut.

Des analyses complémentaires sur la pirogue maya, en collaboration avec la Sorbonne, vont avoir lieu

Cette pirogue aurait pu être utilisée par les habitants de l’époque afin de puiser de l’eau douce ou bien encore pour y déposer des offrandes dans le cadre de cérémonies rituelles. Les archéologues se réjouissent de cette découverte et pour cause. En effet, c’est la première fois qu’ils ont l’opportunité d’étudier un objet de ce type aussi bien conservé. Jusqu’alors seuls des fragments d’embarcation avaient été trouvés au Guatemala et au Belize.

Selon de premières estimations, la pirogue pourrait être en rapport avec le site historique de San Andrés, c’est-dire qu’il remonterait à la période Classique Terminale, entre 830 et 950 apr. J.-C..

Des analyses plus poussées prévues en novembre avec le soutien de l’Université de la Sorbonne à Paris auront pour but de déterminer la provenance, l’ancienneté et la nature du bois utilisé pour la confection de cette petite embarcation.

De même, le sédiment où la pirogue maya était enfoncée sera exploré afin de réaliser la stratigraphie du milieu et de relever d’éventuels éléments complémentaires. De plus, des études de photogrammétrie seront effectuées en vue d’obtenir un modèle 3D de la pirogue.

« Il est évident que c’est une zone où des cérémonies ont eu lieu, non seulement en raison de la poterie intentionnellement fragmentée, mais aussi à cause des restes de charbon de bois qui indiquent leur exposition au feu et la façon dont ils ont placé des pierres dessus pour les couvrir, ce n’est pas le fruit de chutes de pierres ».

Les rites, ajoute Helena Barba-Meinecke (responsable en archéologie subaquatique de l’INAH), ont perduré plusieurs siècles comme en témoignent les différentes poteries identifiées et leur datation.

Le cénote, un lieu qui permet aux Mayas de communiquer avec le monde souterrain

En fait, connaissant l’importance que revêtaient les cénotes pour les Mayas, diverses explorations ont été menées au fond de ces cavités naturelles. Les nombreuses prospections effectuées suggèrent que les Mayas y jetaient des offrandes et y réalisaient même des sacrifices humains dans le but de rendre hommage aux divinités.

Ainsi, on a découvert au fond des cénotes des ossements humains, de l’or, du jade, du cuivre, mais aussi des bijoux et autres objets comme des céramiques.

Les cénotes à l’époque préhispanique étaient très visités, ils constituaient en quelque sorte des centres de pèlerinage.

Les rites sacrificiels qui étaient réalisés ont été divulgués au monde occidental par le moine franciscain Fray Diego de Landa dans son livre « Relacion de las cosas de Yucatán » (1566).

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