Mardi 3 mars, l’ONU a publié un rapport dans lequel l’organisation internationale signale que l’Amérique centrale n’est pas seulement l’une des principales routes du trafic de drogue, mais que la consommation même sur le territoire, ainsi que la production, est en augmentation. La violence engendrée par le contrôle de ce trafic lucratif est également une source de préoccupation constante. « Les problèmes de sécurité liés au trafic de drogue, comme les forts niveaux de violence, le blanchiment d’argent, la corruption et d’autres activités illicites, sont des questions urgentes pour les pays d’Amérique centrale et de la zone caraïbe », précise l’organisme autonome qui opère au sein de l’ONU, la JIFE en espagnol (Office des Nations unies contre la drogue et le crime).

En Amérique Centrale, les bandes criminelles liées à la drogue font régner la terreur

continent09032015-1Le Honduras détient en effet un bien triste record, ce pays enregistre l’indice le plus élevé d’homicides, c’est ce que révélait déjà le dernier rapport plutôt alarmant du bureau de l’ONU contre les drogues et les délits publié en 2014.

Le rapport présenté la semaine dernière fait évidemment mention de l’exploitation de cette région par des bandes criminelles locales ou encore internationales qui font transiter les stupéfiants depuis les pays producteurs en Amérique du Sud jusqu’aux pays consommateurs en Europe et aux États-Unis. 80 % de la cocaïne qui arrive clandestinement sur le territoire nord-américain passe par l’Amérique centrale, un marché illégal qui suscite beaucoup de convoitises et qui est à la source d’une violence incontrôlée entre les différentes bandes criminelles qui tentent d’asseoir leur mainmise sur ce trafic. Une violence sans limite qui terrorise et menace directement la population, « les zones les plus préoccupantes sont situées sur le littoral du Honduras, à la frontière entre le Guatemala et le Honduras, mais aussi au Guatemala le long des frontières entre le Belize et le Mexique ».

Dans cette étude sans concession, l’ONU évoque l’existence d’environ 900 bandes criminelles aussi appelées en Amérique centrale « maras », ce qui représente environ 70 000 trafiquants.
« Au Salvador, au Guatemala, et au Honduras, 15 % des homicides sont en rapport avec ses bandes qui entretiennent des liens importants avec des activités liées au trafic de drogue », le trafic de cocaïne a particulièrement augmenté en particulier à la frontière entre le Guatemala et le Honduras, un fait qui s’explique par l’intensification de la lutte contre le narcotrafic sur le territoire mexicain. Le trafic d’héroïne se fait chaque jour aussi un peu plus inquiétant tout comme celui des méta-amphétamines.

La situation des Droits de l’homme au Mexique et au Venezuela inquiète les Nations Unies

Jeudi 5 mars, c’est le représentant des Nations unies pour les droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein qui a, de son côté, dénoncé devant le Conseil des droits de l’homme de l’organisation de l’ONU les faits de violence et de violations des droits de l’homme enregistrés dans 38 pays dont le Mexique et le Venezuela.
Le Commissaire a alors affirmé « je suis toujours très préoccupé par la détérioration de la situation des droits de l’homme au Venezuela, particulièrement en raison des répressions dures du gouvernement contre les manifestations et expressions pacifistes de désapprobation ». Une condamnation des répressions menées à l’encontre des opposants au gouvernement en place du président de la République, Nicolas Maduro (dans un contexte de crise économique et sociale), qui ont fait ces derniers mois plusieurs blessés et une victime mortelle au mois de février, un adolescent de 14 ans abattu par les forces de l’ordre : « le recours à des armes létales contre des manifestants est très préoccupant », a-t-il ajouté lors de son discours. Le représentant de l’ONU a également confié son inquiétude envers les campagnes d’intimidation menées à l’encontre de ceux qui revendiquent haut et fort la Convention des droits de l’homme « je suis particulièrement préoccupé par la perpétuelle détention de leaders de l’opposition et de manifestants, souvent sur de longues périodes ».

(vidéo du 25/02/2015)

Le Mexique retient également l’attention en raison des violences perpétrées à l’encontre de la population sur le territoire, des actes barbares qui menacent chaque jour un peu plus à l’équilibre démocratique de ce pays lui aussi est victime des actions de bandes organisées et d’une corruption inquiétante.
« J’ai exprimé à différentes reprises ma préoccupation en ce qui concerne la violence généralisée en Amérique centrale et au Mexique et les liens qu’il peut y avoir avec le crime organisé, les forces de sécurité et les autorités locales et centrales ». Il a ajouté pour tirer la sonnette d’alarme « la disparition de 43 étudiants à Iguala est loin d’être un fait isolé, c’est un défi pour les autorités afin qu’elles prennent des actions décisives pour en finir avec l’impunité et éviter que ces crimes se perpétuent à nouveau dans le futur ».

Ce groupe d’étudiants a été assassiné par une organisation criminelle commanditée par le gouvernement local de la ville ce qui a, bien entendu, suscité un véritable tollé et une vague de protestations au Mexique, mais aussi dans le monde entier.

De l’espoir en Colombie…

Et si de nombreux points négatifs ont été pointés du doigt, la Colombie semble tirer son épingle du jeu avec un rapport plutôt optimiste, les négociations de paix entamées en 2012 entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie sont au cœur de nombreuses attentes « après cinq décennies d’une guerre civile dévastatrice, nous avons confiance dans le dialogue de paix engagée entre le gouvernement et les FARC pour que ce soit un succès ». L’ONU se réjouit d’autant plus qu’un accord vient d’être pris par les FARC et les autorités  afin de mettre fin aux mines antipersonnel : « Le bureau des Nations Unies en Colombie se félicite de la décision du gouvernement et des FARC-EP de s’engager conjointement avec le soutien de la Norvège, au déminage de certaines des régions qui souffrent de ce fléau », a informé l’ONU.

L’ONU rappelle également que « la Colombie est l’un des pays les plus minés au monde. » Depuis les années 1990, les mines ont causé le décès de 2200 morts et fait plus de 8800 blessés. Parmi ces victimes, des militaires et plus de 4200 civils. 1118 enfants ont par ailleurs été tués ou mutilés par ces dispositifs explosifs.

Le président colombien Juan Manuel Santos a affirmé que cet accord constitue une « nouvelle étape décisive dans le désamorçage du conflit armé », l’espoir d’un accord de paix est plus que jamais vivace.


(vidéo du 26/01/2015)