mexique11122015

Le Mexique est le premier pays du monde qui a autorisé aujourd’hui la mise sur le marché du premier vaccin contre la dengue, un traitement préventif qui pourrait éviter près de 8000 hospitalisations et une centaine de morts annuels dans ce pays où environ 32 000 personnes ont contracté la maladie en 2014.

La Commission fédérale pour la protection contre les risques sanitaires (COFEPRIS) a approuvé ce vaccin, il sera administré aux personnes âgées de 9 à 45 ans dans des régions où la dengue est particulièrement répandue. Ainsi, le Mexique se positionne comme un pionnier dans la lutte contre cette maladie infectieuse qui, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), menace près 40 % de la population mondiale.
Le vaccin a été testé pendant plus de deux ans sur plus de 40 000 patients, et devrait permettre de réduire les coûts du système de santé mexicain, avec une économie estimée à 65 millions de dollars. Jusqu’à présent, la lutte contre la dengue prenait 2,5 % du budget total alloué à la santé.

Ce traitement ne peut pas être administré aux jeunes enfants, une population considérée comme la plus à risque, ni aux touristes, même s’ils visitent des zones où maladie est très répandue. Il s’agit d’un vaccin avec une efficacité estimée à 60,5 % en ce qui concerne les cas de dengue les plus courants et 93,2% dans les cas les plus graves. Selon des recherches, celui-ci agit davantage comme un stimulant immunitaire pour des patients ayant été préalablement exposés.
Développé par Sanofi Pasteur, le vaccin Dengvaxia devrait être adopté par 20 pays avant la fin de cette année, en Europe au début de l’année 2016 et aux États-Unis en 2017, selon le laboratoire.

La dengue est une maladie transmise par les moustiques Aedes aegypti qui a infecté quelque 400 millions de personnes à travers le monde tout au long de l’année 2015. Il produit des symptômes pseudo-grippaux tels qu’une fièvre élevée, des maux de tête graves, des douleurs musculaires, des nausées et des vomissements, et si elle évolue mal, elle peut devenir mortelle. Après un temps d’incubation environ cinq ou dix jours, les premiers symptômes apparaissent et peuvent évoluer dans certains cas vers des complications potentiellement mortelles, appelées dengue sévère. La dengue sévère peut-être à l’origine d’une fuite plasmatique, d’une accumulation liquidienne, d’une détresse respiratoire, ou encore d’hémorragies profuses ou d’une insuffisance organique, des complications qui peuvent entraîner une issue fatale en particulier chez les sujets les plus fragiles.

L’OMS vise à réduire de 50% la mortalité liée à la dengue d’ici 2020. Au Mexique, l’État de Veracruz a été particulièrement touché avec plus de 1795 cas enregistrés entre le 1er janvier et le 28 novembre, puis c’est l’État de Guerrero qui arrive en deuxième position avec 1664 cas(le Michoacán a enregistré 1600 cas et le Yucatan 1478 cas).

De nombreux experts estiment que la souche la plus dangereuse du virus qui peut tuer, à savoir la dengue hémorragique, puisse frapper ceux qui ont déjà souffert de la maladie après une nouvelle infection.
« On estime que 400 millions sont infectés chaque année dans plus de 128 pays à travers le monde. Au Mexique, l’an dernier 32.100 cas ont été enregistrés, 23 432 cas non sérieux et 8668 cas sévères », a informé le ministère de la Santé.

« Depuis 2006, le Mexique fait partie d’un protocole pour étudier l’efficacité, la qualité et l’impact d’un éventuel vaccin contre la dengue et nous étions prêts avant les autorités sanitaires d’autres pays », a affirmé Mikel Arriola, directeur de la Commission fédérale pour la prévention des risques sanitaires, instance suprême mexicaine en matière de médicaments.
« Dans l’histoire de la santé publique c’est un moment très important dans le domaine des vaccins, c’est l’innovation de la décennie », a affirmé Olivier Charmeil, PDG de Sanofi Pasteur, la division vaccins du géant pharmaceutique Sanofi. Sanofi Pasteur va garder le monopole dans les prochaines années avec ce vaccin, car la concurrence du Dengvaxia n’est pas pour tout de suite.

D’autres groupes pharmaceutiques travaillent aussi à l’élaboration de vaccins contre la dengue, comme l’américain Merck, le japonais Takeda ou le britannique GSK, mais ils sont encore loin d’arriver sur le marché.

« Sanofi Pasteur a quatre années de monopole devant lui » avec ce produit, a souligné M. Le Berrigaud. La mise au point du vaccin a pris 20 ans et a coûté 1,5 milliard d’euros d’investissements en recherche et autres investissements.