Le Costa Rica, pays d’Amérique Centrale, est perçu par grand nombre d’entre nous comme étant un paradis naturel riche de sa biodiversité, un écrin écologique qui séduit d’ailleurs de nombreux visiteurs amoureux de tourisme durable. Et ce ne sont pas les autorités de ce pays qui comptent renoncer à leur bonne réputation en matière de protection environnementale, car préserver leurs atouts est plus que jamais une priorité.

Le Costa Rica, pays de 5 millions d’habitants, abrite environ 5% de la biodiversité, ses politiques environnementales lui ont permis de protéger un tiers de son territoire avec la création de parcs nationaux. Dans cette optique, le président du Costa Rica, Carlos Alvarado, a récemment dévoilé un rapport devant la communauté universitaire des États-Unis en matière d’écologie, un plan national de décarbonisation dont l’objectif est d’abandonner progressivement le recours aux énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre d’ici 2050 et de promouvoir l’utilisation d’énergies propres pour lutter contre le changement climatique.

“La réaction a été très positive, à la fois sur le plan technique et sur le caractère inspirant de ce plan”, tel est le constat émis à la presse par le chef d’État Alvarado après cette conférence réalisée à l’université renommée de Stanford (Californie).

À travers la voix de son président élu, le Costa Rica a fait part à plusieurs reprises de sa volonté de s’ériger en “exemple à suivre” au niveau international en matière de décarbonisation, c’est pourquoi il s’agit de remplir les objectifs prévus comme ce fut le cas pour limiter et enrayer la déforestation. En effet, un quart de son territoire est une réserve naturelle protégée et il est justement le seul pays tropical au monde à avoir réduit la déforestation.

Actuellement, il produit presque toute son électricité à partir de sources renouvelables (80% de son énergie est hydroélectrique) et établit chaque année des registres de consommation d’énergie propre.

“Le meilleur test sera de démontrer ce qui est fait, et la meilleure source d’inspiration, réaliser cela pour de bonnes raisons à savoir protéger la planète et l’avenir de l’humanité”, a déclaré le président.

Le plan envisage des modifications de l’offre de mobilité en assurant la promotion de transports publics et privés propres, mais aussi de la gestion des formes d’énergie, de la construction durable et de l’industrie, la gestion des déchets est aussi au coeur des préoccupations.

L’initiative comprend également des lignes directrices pour améliorer les pratiques agricoles et le rendement des terres en évitant la déforestation.

“Quand le Costa Rica a lancé sa politique de reboisement dans les années 1980, beaucoup ont dit que ces politiques nuiraient à la croissance économique. Pourtant, depuis lors, notre croissance a été plus rapide qu’auparavant”, a tenu à préciser Alvarado aux étudiants qui ont assisté à son discours.

Parmi les objectifs du Costa Rica, 70% du parc englobant les bus et les taxis devraient répondre à l’objectif zéro émission en 2035. Selon la Banque mondiale, le Costa Rica “est une réussite en termes de développement”.

Considéré comme un pays à revenu moyen élevé, il a connu une croissance soutenue au cours des 25 dernières années, grâce à une stratégie fondée sur l’ouverture aux investissements étrangers et la libéralisation progressive des échanges.

Le plan, présenté en février, vise également à ce que d’ici 2030, sa matrice électrique fonctionne à 100% avec des énergies renouvelables et qu’à l’horizon 2050, l’énergie électrique soit la principale source d’énergie utilisée pour les transports, ainsi que pour répondre aux besoins commerciaux, industriels et résidentiels.

On peut résumer les grandes lignes du programme soutenu par les autorités du Costa Rica selon les axes suivants :

  • La création d’un train électrique reliant 15 quartiers de l’agglomération de San José pouvant transporter 250 000 personnes.
  • 70% des bus électriques et 35% des voitures électriques pour 2035.
  • Réduire à 50% le nombre de voitures qui circulent dans les zones urbaines d’ici 2040.
  • Une matrice électrique fonctionnant à 100% avec des énergies renouvelables d’ici 2030.

Le plan du Costa Rica doit permettre au pays de poursuivre sa croissance économique tout en réduisant les gaz à effet de serre. L’économie a d’ailleurs progressé de 3% l’année dernière, selon les données de la Banque mondiale.

L’objectif “Zéro émission nette” pour 2050 se traduit par la non-production d’émissions supérieures à celles que peut compenser le pays d’Amérique centrale grâce à l’expansion et au maintien de ses forêts.

“Décarboniser l’économie mondiale pour réduire radicalement la pollution due au réchauffement de la planète est absolument essentielle pour que notre civilisation puisse survivre et prospérer, et c’est l’une des raisons pour laquelle je suis si heureux de voir que le Costa Rica continue de jouer son rôle de leader mondial pour aider à résoudre la crise climatique”, a déclaré l’ancien vice-président américain, Al Gore, l’un des leaders dans ce domaine.