Drapeau colombien

Cela fait maintenant deux ans que les Forces armées révolutionnaires de Colombie ont remis les armes suite à l’accord de paix signé en novembre 2016 entre la guérilla et les autorités colombiennes sous l’égide de l’ancien chef d’État, Manuel Santos. Ce dernier ayant par ailleurs été récompensé dans la foulée du Prix Nobel de la paix pour son action en faveur du désarmement.

Or, aujourd’hui, si la majorité des guérilleros sont démobilisés, environ 2300 individus sont considérés comme des dissidents, ces derniers, sans commandement centralisé, s’adonnent à des activités illicites comme l’exploitation minière ou encore le trafic de drogue. Les dissidents s’implantent dans le sud de la Colombie où la guérilla a toujours eu une forte influence, et surtout, là même, où elle a pris le contrôle des routes du narcotrafic.

En ce début de semaine, l’armée colombienne a annoncé que 14 dissidents de l’ancienne guérilla marxiste ont péri lors d’une attaque menée jeudi dernier dans la municipalité de San Vicente del Caguán, une information confirmée par l’actuel président du pays sud-américain, Iván Duque.

“Quatorze criminels ont été tués dans le cadre du développement des opérations militaires à Caquetá contre la dissidence du Gao-r (groupe armé résiduel organisé) où le dirigeant” Gildardo El Cucho “est décédé”, a déclaré le colonel Fernando Ávila aux médias.

On compte parmi les dissidents, l’ancien numéro deux des FARC, Iván Márquez et son bras droit, Jesús Santrich, deux anciens négociateurs des accords de paix à la Havane (Cuba), ainsi qu’Hernan Dario Velasquez, ancien chef de file de la guérilla marxiste. Iván Márquez a annoncé qu’il cherchait à “coordonner ses efforts” avec ses “camarades qui n’ont pas plié leur drapeau”, ainsi qu’avec l’ELN, la dernière guérilla formellement active en Colombie. Les trois hommes sont considérés comme des fugitifs et plusieurs mandats d’arrêt pèsent sur leurs épaules.

Timochenko appelle les dissidents à respecter l’engagement en faveur de la paix

L’ancien guérillero Rodrigo Londoño, connu sous le pseudonyme de «Timochenko», a de son côté réitéré son attachement au processus de paix en Colombie et a appelé les ex-combattants à poursuivre sur cette voie, contrairement à Iván Márquez, qui fait le choix de reprendre la lutte armée.

Dans une lettre datée du 2 septembre, Londoño a déclaré: “Je ne quitterai jamais le navire que nous approchons ensemble, je soutiens de façon unanime ce qui a été convenu avec l’État colombien concernant la solution politique au conflit qui a ensanglanté la Colombie.”

L’ancien combattant des FARC, aujourd’hui à la tête du parti politique crée après la signature de paix, Fuerza Alternativa Revolucionaria del Común, a souligné que la pacification serait le point de départ d’une phase difficile, mais a estimé qu’il était nécessaire de mettre fin au bain de sang qui a meurtri le pays pendant des décennies.

“L’extrême droite est la seule à se réjouir de ce qui est arrivé à nos anciens compagnons, à tel point qu’elle parle de profiter de cela pour annuler définitivement les accords de paix. La grande majorité de nos compatriotes rejettent le retour de la guerre”, a déclaré Londoño.

Jeudi 29 août, le président colombien Iván Duque a annoncé la création d’une unité spéciale chargée de persécuter les dissidents des FARC qui ont annoncé leur retour sur la voie armée.

Le conflit armé a perduré cinq décennies dans la nation sud-américaine et a ôté l’existence à plus de 200 000 personnes et a forcé des millions de personnes à se déplacer.

L’ancien président Santos, acteur du processus de paix, parle d’un “gang criminel”

Manuel Santos, acteur majeur de la paix en Colombie s’est exprimé sur le sujet confiant “Nous ne permettrons pas à ‘Iván Márquez’ et aux autres transfuges qui l’accompagnent d’essayer de compromettre cet exploit. Ils ont eux-mêmes choisi de devenir simplement un nouveau gang criminel. Personne n’arrêtera le train de la paix. C’est un autre obstacle que nous allons surmonter ».

D’autre part, l’Equateur par la voix de son président de la République, Lenín Moreno, a fait part de son inquiétude quant à ce regain de violence et a fait part de son total soutien au processus de paix.

Rappelons que la capitale équatorienne, Quito a été le siège et le garant du processus de paix entre le gouvernement colombien et l’ELN pendant 14 mois avant que le dialogue ne soit rompu en avril 2018 en raison des activités terroristes de l‘ELN.