Wikipédia ( Fabienkhan), bassin de la culture olmèque

Il y a plus de 3000 ans, entre 1200 et 400 av. J.-C., en Méso-Amérique, la culture olmèque a connu son apogée. À ce titre, on la qualifie aujourd’hui de l’une des plus grandes civilisations de l’ancien Mexique.

À partir du 9 octobre (exposition initialement prévue en mai 2020 et reportée pour cause d’épidémie Covid-19), le musée parisien du Quai Branly-Jacques Chirac dévoilera une exposition qui se consacrera à cette civilisation qui a peuplé la région du golfe du Mexique, et plus précisément les actuels États de Veracruz et de Tabasco.

Cette exposition intitulée “LES OLMÈQUES ET LES CULTURES DU GOLFE DU MEXIQUE” s’ouvrira le 9 octobre prochain et s’achèvera le 25 juillet 2021. Elle se tiendra en collaboration avec l’Instituto Nacional de Antropología e Historia du Mexique, sous la direction de la commissaire Rebecca Gonzalez Lauck, archéologue (chercheure au Centre INAH-Tabasco,Villahermosa).

La culture olmèque mise en avant à partir du mois d’octobre au musée Quai Branly- Jacques Chirac

Cette exposition a pour volonté de dévoiler au grand public la richesse de la culture olmèque en insistant sur sa présence dans le temps (1600 avant l’ère commune jusqu’à 100 ap. è.c) et dans l’espace. Dans cette optique, environ 300 pièces archéologiques vont être divulguées. Fait majeur, certaines seront montrées pour la première fois en dehors de leurs terres originelles.

Au travers de ces vestiges, les visiteurs pourront découvrir la variété de cette culture préhispanique, les us et coutumes des Olmèques seront mis à l’honneur au moyen de :

  • leurs croyances religieuses;
  • leurs expressions artistiques;
  • et rituels…

De plus, ce sera également l’occasion de prendre conscience des liens socio-économiques que les habitants de l’Ancien Monde étaient parvenus à tisser.

Les Olmèques (ou le “peuple de l’hévéa”) ont peuplé les terres humides du sud de Veracruz et de l’ouest de Tabasco. La plupart des sculptures monumentales connues – têtes colossales, autels ou trônes, stèles et autres monuments sculptés dans la pierre – ont été trouvées sur cette zone.

Les têtes colossales, symboles de l’art olmèque

Tête colossale olmèque (Pixabay)

La principale manifestation artistique olmèque s’inscrit dans la sculpture des têtes dites “colossales”. Ce sont des sculptures gigantesques pesant jusqu’à 11 tonnes. Elles représentent de manière réaliste les portraits des dirigeants.

Les sites olmèques les plus importants, connus aujourd’hui, sont ceux de San Lorenzo, Laguna de los Cerros, La Venta et Tres Zapotes. Bien que le nombre précis de sites archéologiques dans la région reste encore inconnu, la densité de population olmèque était assez élevée. La majorité des populations était établie sur les collines ou des plateaux bas, près des rivières, ce qui permettait un accès immédiat aux terres fertiles inondables.

Cependant, nous ne connaissons pas précisément les moyens de subsistance des Olmèques. Nous savons, qu’entre 1400-1250 av. J.-C, les Olmèques consommaient déjà le maïs, mais cette céréale ne représentait pas une part importante de leur alimentation. En fait, ils avaient recours à une pratique mixte de culture, de chasse, de pêche et de cueillette.

Le culte du puma au cœur des croyances olmèques

Les croyances religieuses de la culture olmèque, pilier du pouvoir despotique exercé par ses dirigeants, étaient fondées sur le culte du jaguar.

Par ailleurs, il existe également des preuves qui indiquent la présence d’autres dieux liés à l’eau, à la végétation et à la mort. Le puma était représenté avec une «bouche olmèque» caractéristique, de forme trapézoïdale, avec les commissures vers le bas et la lèvre supérieure très épaissie.

Dans de nombreux cas, il apparaît avec des crocs très prononcés, des ornements supraciliaires et une fente sur le crâne. Il apparaît toujours représenté de la même manière.

Par ailleurs, les Olmèques considéraient les éléments qui les entouraient comme des êtres vivants, les grottes, ravins, sources, ou encore les montagnes, pouvaient être divinisés. Ainsi, les montagnes pour les Olmèques incarnaient le lien entre le ciel, la terre et le monde souterrain (inframonde), elles abritaient également les esprits de la terre.

San Lorenzo, la plus ancienne ville mésoaméricaine connue

Les Olmèques ont peut-être été la première civilisation de l’hémisphère occidental à avoir développé un système d’écriture sous forme de glyphes. Des symboles découverts en 2002 et 2006 étaient datés respectivement vers 650 av. J.-C. et 900 av. J.-C c’est-à-dire avant les premiers écrits zapotèques (culture zapotèque) datés de 500 av. J.-C..

De fait, la culture olmèque est souvent considérée comme une “culture mère” pour les cultures méso-américaines ultérieures.

Avec cette exposition au musée du Quai Branly- Jacques Chirac, les visiteurs pourront visiter un pan d’histoire majeur de la période précolombienne au Mexique.