Faune et flore du Honduras

Actu Latino vous propose un focus sur l’une des découvertes archéologiques les plus marquantes de la dernière décennie. Il s’agit des vestiges d’une cité oubliée au Honduras appelée cité du Dieu Singe (“Ciudad del Dios Mono”) ou encore Ville du Jaguar. Voici un rappel des faits relatif à cette mise au jour d’exception survenue entre 2015 et 2016.

Le mythe séculaire de la Ciudad Blanca, éden dissimulé au cœur de la forêt tropicale

Le point de départ de cette découverte archéologique prend sa source dans une évocation mythique. Il s’agit de la “Ciudad Blanca” (“Cité blanche”), une cité de légence perdue dans l’épais couvert de la forêt tropicale humide du Honduras. Ce nom résonne depuis des siècles pour tous les aventuriers, explorateurs désireux de percer le mystère de la cité perdue au cœur de La Mosquitia, dans ce petit pays d’Amérique centrale. Le conquistador espagnol Hernan Cortés en faisait déjà mention dans des écrits de l’époque coloniale.

Mais c’est bien une équipe de scientifiques, formée par des chercheurs américains et honduriens, qui ont révélé en 2015 une cité abandonnée au cœur de cette luxuriante forêt tropicale aussi hostile qu’impénétrable.

Des places, des monticules et une pyramide de terre appartenant à une culture inconnue ayant peuplé la zone il y a 1000 ans ont été découverts dans cette zone très difficile d’accès. Des terres vierges de toute présence humaine depuis plusieurs centaines d’années.

Prudence néanmoins ! En effet, les chercheurs ne prétendent pas avoir découvert la légendaire “Cité blanche”. Toutefois,  il ne minimise pas le caractère extraordinaire et unique de cette mise au jour. En effet, elle permet d’affirmer qu’une civilisation a peuplé la région il y a plusieurs siècles.

Virgilio Paredes, directeur de l’Institut d’anthropologie du Honduras évoquait une découverte majeure

Le directeur de l’Institut hondurien d’anthropologie et d’histoire, Virgilio Paredes, soulignait d’ailleurs au moment des faits le caractère exceptionnel de cette découverte sur la cité du Dieu singe :

“Nous sommes en train de parler d’un lieu qui, nous avons pu le constater, n’a pas été visité par un être humain depuis 600 ans. C’est un lieu où les spécialistes de cet environnement luxuriant ignoraient qu’un site aussi préservé pouvait exister. On a pu constater la réaction des singes lorsqu’ils nous ont aperçus, ils n’avaient jamais vu un être humain auparavant”.

D’après le scientifique, cette expédition menée conjointement avec l’université de l’État du Colorado aux États-Unis est une preuve suffisante de l‘existence d’une cité perdue, et d’une culture jusqu’alors inconnue. De quoi raviver les espoirs les plus fous.

“Nous sommes en train de parler d’un lieu peuplé il y a environ 1200 ans après Jésus-Christ. On ignore s’il s’agit de la Ciudad Blanca, ciudad de los monos ou ciudad perdida, cela demande une expertise approfondie. C’est une zone immense, le site comprend des vestiges comme des pyramides en terre, des places, des sculptures en pierre, nous sommes définitivement en présence d’une ancienne civilisation”.

Cette découverte aussi impressionnante que mystérieuse avait fait l’objet d‘un reportage dans la prestigieuse revue National Geographic. Des photos de cette aventure, ô combien passionnante, avaient été divulguées au grand public.

Christopher Fisher, un archéologue de l’université d’État du Colorado faisait mention d’une découverte incroyable et rare au sein de “cet environnement préservé est unique”.

52 pièces archéologiques avaient alors été dévoilées dont des vases décorés avec des serpents et des figures zoomorphes.

L’objet le plus significatif retrouvé sur place est une tête sculptée qui pourrait représenter “un jaguar”. Ainsi, l’artefact pourrait être ainsi relié aux cultures préhispaniques qui ont peuplé la région Méso-Amérique.

Des vestiges archéologiques difficiles d’accès dans cette dense forêt du Honduras

Les vestiges ont été identifiés pour la toute première fois au mois de mai 2012 lors d’une reconnaissance aérienne sur cette zone très vaste et dense de La Mosquitia. 

Pour inspecter la zone, le Honduras a pu compter sur le soutien du centre de cartographie laser Airborne de l’université de Boston. Il a ainsi fourni un scanner d’une valeur de plusieurs millions de dollars.

Les archéologues ont par la suite gardé le secret quant à cette découverte pour éviter tout pillage avant de poursuivre les investigations en toute discrétion.

Virgilio Paredes confiait lors d’une interview que la localisation du site au cœur d’une nature quasiment impénétrable avait le mérite de la protéger de toute intrusion : 

il est impossible d’arriver sur ce site. Vous pouvez pénétrer la région et ne pas le trouver. Les forces armées du Honduras contrôlent l’espace aérien, si quelqu’un essaie de pénétrer avec un hélicoptère, c’est impossible, il sera détecté. La nature même protège la zone et les forces aériennes feront également”.

L‘environnement est si luxuriant (et abrite aussi une biodiversité impressionnante avec des espèces jusque-là inconnues) que les scientifiques étaient parvenus à parcourir deux kilomètres en neuf jours d’exploration.

Un travail de longue haleine mené par les spécialistes pour révéler ces vestiges oubliés et isolés au monde

A la question qui lui avait été posée lors de son interview avec le journal  La Prensa “Comment êtes-vous arrivés sur la zone sécrète de La Mosquitia ?”, il répondait :

“Ce fut un travail planifié pendant trois ans. Une organisation de neuf jours à laquelle ont participé des anthropologues, des biologistes, le directeur du secteur archéologie de l’IHAH,  et moi-même en tant que représentant du gouvernement, en plus des 13 militaires des forces armées du Honduras. Au-delà de l’aspect archéologique, on parle d’un endroit qui n’a pas été fréquenté par l’Homme pendant 600 ans. C’est une zone vierge, et les spécialistes ne croyaient pas en son existence…”.

Il évoquait aussi lors de son entrevue d’autres lieux à explorer :

“il y a des sites archéologiques sur toute la zone de la Mosquitia, mais cette cité immense n’était pas enregistrée. On l’a repérée il y a trois ans lorsque l’on a identifié le point géographique au moyen d’un satellite […] Nous avions la carte et nous avons dès lors organisé l’expédition. Arriver sur place a été très compliqué, ce sont les militaires qui ont dû pénétrer la zone en premier pour mettre en place un héliport temporaire”.

Virgilio Paredes Trapero, profitait par ailleurs de cette exposition médiatique pour alerter sur la fragilité de ces trésors patrimoniaux : “si nous ne faisons rien dans l’immédiat, la plus grande partie de cette forêt et de la vallée auront disparu dans les 8 prochaines années”.

En effet, la déforestation galopante menace la survivance de ces lieux encore ignorés des spécialistes et du public. Il ajoutait d’ailleurs qu’une aide internationale serait nécessaire pour mener à bien une politique de protection et de conservation.