20% des Vénézuéliens ont quitté leur pays en proie à une crise socio-économique dévastatrice

Depuis 2015, les Vénézuéliens ont quitté en masse leur pays avec la force du désespoir à la recherche d’une vie meilleure. Confrontés depuis des années à une crise socio-économique et politique, les habitants de ce pays sud-américain aspirent à tourner la page de la gestion calamiteuse de Nicolás Maduro.

Le successeur d’Hugo Chavez n’a pas été en mesure de poursuivre les engagements de la révolution bolivarienne.

Vendeur de Maracaibo au Venezuela

Aujourd’hui, les habitants souhaitent entrevoir de nouvelles perspectives à l’étranger coûte que coûte, malgré la plupart du temps, la grande précarité liée à leur statut de réfugié.

6 millions de personnes ont laissé derrière eux le Venezuela pour sortir de la misère

En fait, ce sont 6 millions de personnes qui ont fui leur nation en proie à la violence, l’insécurité, aux pénuries de nourriture et de médicaments et au manque de services basiques. Ce flux migratoire concerne 20 % de la population, un chiffre impressionnant qui a été donné par la Plateforme de coordination interagences des Nations Unies. L’exode des migrants vénézuéliens est l’un des plus importants au monde et s’effectue dans des conditions éprouvantes.

David Smolansky, commissaire du Secrétariat général de l’OEA, a d’ailleurs qualifié cette proportion d’exilés d’« effrayante ».

6 024 351 Vénézuéliens ont quitté leur pays ces dernières années, la plupart d’entre eux ont rejoint un autre pays d’Amérique latine ou de la zone caraïbe (4 978 078 personnes environ) tandis que près de 465 000 Vénézuéliens ont migré vers les États-Unis.

Près de 2 millions de Vénézuéliens ont franchi la frontière avec la Colombie ; le Pérou a reçu plus d’un million de migrants. Effectivement, ce sont les deux pays qui ont été les plus sollicités par ce flux massif, puis vient le Chili et enfin l’Équateur.

Le Mexique, en Amérique du Nord, a également accueilli des migrants alors qu’en Amérique centrale, le Panama et la République dominicaine ont reçu respectivement environ 100 000 Vénézuéliens

En Europe, c’est l’Espagne qui a accueilli le plus de réfugiés sur son territoire, près de 415 000 personnes. Ce flux migratoire pourrait encore s’accentuer, selon l’ONU, si la crise majeure qui secoue le pays se poursuivait.

Une stagflation asphyxiante que le président Maduro ne parvient pas à enrayer

Le Venezuela subit une récession économique chronique. L’an passé, le pays sud-américain a enregistré une chute de 35 % du PIB. Et pour cette année la baisse est estimée à 5 %.

Parallèlement une inflation incontrôlable appelée par les économistes « stagflation » (situation économique où se conjuguent stagnation de l’activité économique et hausse des prix) a totalement érodé le pouvoir d’achat de la population. Le Venezuela vit en « hyperinflation » depuis 2014.

Il s’agit d’un cas unique dans l’histoire économique. Par ailleurs, la crise économique, politique et sociale actuelle continue de s’aggraver. Voici, un chiffre éloquent, sur 14 000 industries enregistrées, il n’en reste que 2 200 en activité et celles-ci fonctionnent aujourd’hui au tiers de leur capacité.

La crise sanitaire liée à la Covid-19 a donné le coup de grâce au régime du Nicolás Maduro. En effet, des chiffres provenant des autorité vénézuéliennes font mention de 4 150 décès. Or, le président de la Fédération médicale vénézuélienne accuse les autorités de mentir sur le nombre de décès réels et estime qu’il faudrait multiplier par 10 le chiffre officiel.

La crise de la Covid-19 a accentué le malaise d’un système de santé exsangue 

Par ailleurs, la Covid-19 a frappé le Venezuela de plein fouet alors que les habitants étaient déjà confrontés depuis 2016 à des pénuries généralisées de médicaments en particulier pour soigner des pathologies chroniques comme l’hypertension, le VIH, l’insuffisance rénale ou encore le diabète.

Selon les estimations de l’OEA, par terre et par mer, entre 700 et 900 personnes fuient actuellement chaque jour par des routes irrégulières malgré la pandémie et la fermeture des frontières.

Selon David Smolansky, Commissaire de l’OEA pour la crise des migrants et des réfugiés vénézuéliens, la situation pourrait être critique :

« Nous parlons d’un pays où 96 % de la population vit dans la pauvreté ou l’extrême pauvreté, nous parlons d’un pays où près de plus de 10 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire selon le Programme alimentaire mondial des Nations Unies. Donc, si les frontières au Venezuela sont rouvertes et que le régime illégitime de Nicolás Maduro reste au pouvoir, il est fort probable que nous reviendrons à ce chiffre de 5 000 Vénézuéliens [par jour] fuyant le pays », a-t-il déclaré à Voice of America.

La chute du prix du pétrole a fait sombrer l’économie du Venezuela

Autrefois un acteur majeur du marché pétrolier mondial, le Venezuela, a vu sa production chuter. Or, 97 % de ses devises provenaient du pétrole, selon José Toro Hardy, ancien directeur de Petroleos de Venezuela (PDVSA). Avec cette dynamique, le Venezuela, très dépendant du marché international, importait énormément pour répondre aux besoins de la population.

Le modèle vénézuélien basé sur la consommation interne et une forte dépense publique a totalement explosé !

En effet, sous le régime de Maduro, les importations ont été divisées par dix créant des pénuries majeures !

Il faut également rappeler que le pays fait l’objet de sanctions économiques, principalement américaines, dont un embargo sur le pétrole depuis 2019. Avec l’arrivée de Joe Biden au pouvoir, la perspective d’un changement de politique vis-à-vis du Venezuela se fait attendre.

La levée progressive des mesures restrictives imposées par Washington contre le Venezuela reste un objectif de Nicolás Maduro, même si les spécialistes en économie n’imputent pas cette situation critique aux seules restrictions nord-américaines.

Un commentaire

  1. Ricardo Ernesto Gonzalez Nassar

    Madame:
    Très correct et juste ton article sur le Venezuela. Très bien, Felicitation sincerès.

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