perou27042016

Le 26 avril, à Lima, 500 participants de 124 pays se sont réunis à l’occasion de la XXXIII Conférence internationale pour le contrôle des drogues, rappelons que le Pérou est un pays particulièrement touché par le trafic et qu’en 2015, 250 millions de dollars ont été blanchis en rapport avec la vente de stupéfiants. C’est le président du Conseil des ministres, Pedro Cateriano Bellido, qui a inauguré cet événement dont l’objectif est de mettre en place des moyens d’action pour lutter le plus efficacement possible contre les organisations criminelles qui se consacrent au trafic de drogues et au blanchiment d’argent.

Lors de cet acte inaugural, Pedro Cateriano Bellidon a rappelé que son pays est parvenu à détruire 109 000 hectares de plantations illicites de coca au cours de ces cinq dernières années, dont 36 000 hectares, en 2015. Le politicien a remercié les États-Unis pour leur soutien dans cette lutte de chaque instant, il a également indiqué que la loi permettant d’abattre les avions liés au trafic a engendré une chute des cours de la feuille de coca. « Le simple fait d’avoir adopté cette loi a entraîné un effet dissuasif important et la fréquence des ‘narcoavionetas’ a largement diminué », a déclaré hier Cateriano en ajoutant « les trafiquants de drogue utilisent d’autres voies pour le transport de la drogue. Par exemple, le transport fluvial ou bien il y a davantage de transports de fourmis à savoir des mules qui transportent la drogue dans des sacs à dos ».

L’abattage des avions supposés transporter de la cocaïne avait été suspendu en 2001 après que les Forces aériennes péruviennes aient fait exploser un avion jugé suspect, ce qui avait eu pour conséquence la mort d’une femme américaine et de son bébé qui se trouvaient à bord, cependant face à la recrudescence du narcotrafic la loi a de nouveau été validée en janvier dernier.

Cateriano n’a pas précisé le nombre de vols d’avions transportant de la cocaïne enregistré dans la région amazonienne et a dit qu’il n’avait pas eu d’abattage depuis le début de l’année, les trafiquants opèrent entre le Pérou, la Colombie et le Brésil. Au Pérou, qui, conjointement avec la Colombie est le plus grand producteur de cocaïne dans le monde, environ 300 tonnes de cocaïne sont traitées par an, selon les chiffres du gouvernement.

Le président Ollanta Humala avait eu l’occasion au cours des mois précédents de révéler la réduction de 14 % des cultures de feuilles de coca enregistrées en 2014 « aujourd’hui, le Pérou a cessé d’être, pour la première fois, le plus grand producteur de coca pour le commerce de la drogue, tout en respectant la consommation traditionnelle ».

Le Pérou est le deuxième plus grand producteur de feuilles de coca dans le monde après la Colombie, avec 42 900 hectares plantés en 2014, selon le rapport de l’an dernier de l’Office contre la drogue et le crime des Nations Unies (ONUDC). Et pourtant, la question du narcotrafic a été complètement absente de la campagne électorale.

Lors d’une réunion avec l’Américain William Brownfield, responsable de la DEA (La Drug Enforcement Administration), qui s’est tenue lundi, le président du Conseil des ministres a réaffirmé l’engagement du gouvernement péruvien dans la lutte contre la criminalité transnationale liée au trafic de drogue.

Cateriano a réitéré que les États-Unis est le principal soutien du gouvernement dans la lutte contre la drogue et, par conséquent il a souligné : « Ils continuent de nous accompagner dans cet effort conjoint et coordonné pour garantir un avenir meilleur, plus sûr, et avec de meilleures opportunités pour nos sociétés ».

Brownfield, a quant à lui, mis en avant le travail accompli par le Pérou dans la lutte contre le trafic de drogue au cours des dernières années commentant les progrès dans l’éradication des cultures clandestines.

Pendant cette conférence, des représentants de chaque pays participant partagent leurs expériences dans la lutte contre le trafic de drogue, et évoquent des solutions pour freiner ce fléau.
En outre, des équipes de toutes les régions du monde (Europe, Asie, Afrique du Nord, Caraïbe, Amérique centrale et Amérique du Sud) se réunissent pour évaluer des actions conjointes.

Bien que la consommation de cocaïne soit très répandue en Amérique du Sud, la drogue est majoritairement exportée vers les principaux pays consommateurs en Amérique du Nord et en Europe. L’autorité de surveillance de l’ONU avait recommandé au cours des derniers mois un meilleur contrôle sur la vente et la circulation des avions qui étaient utilisés avec une fréquence croissante pour le trafic de cocaïne à partir de pistes d’atterrissage clandestines dans des régions éloignées d’Amérique du Sud. L’Amérique du Sud demeure la région du monde où l’on produit le plus de cocaïne, 12 laboratoires ont été démantelés en Argentine et 22 au Chili en 2014.