mexique30042016

L’enquête de recensement 2015 de l’Institut national de statistiques et de géographie (INEGI) indique que 35,8 % des enfants mexicains âgés de 3 à 5 ans ne sont pas scolarisés, soit un enfant sur trois qui n’est pas en mesure de développer ses compétences académiques.

« 20,8 millions d’enfants âgés de 6 à 14 ans vivent dans notre pays, et ont besoin d’une éducation de base de qualité afin d’élargir leurs perspectives d’avenir et d’améliorer leurs conditions de vie, cependant 3,5 % de cette population ne va pas à l’école », précise l’enquête.

En plus de cela, 1,8 % de la population de 8 à 17 ans ne sait pas lire ou écrire, et parmi eux, 37,6 % ne sont pas scolarisés, tandis que parmi 6,4 millions d’adolescents âgés de 14 à 17 ans, 9,7 % ont suivi 9,8 années de scolarité, 9,7% n’ont pas atteint le niveau secondaire et 26,4 % ne se rendent pas en classes.

39,2 millions d’enfants et adolescents âgés de 0 à 17 ans vivent au Mexique, soit 32,8 % de la population totale. Au Mexique, 21,4 millions d’enfants et adolescents vivent aujourd’hui dans la pauvreté et parmi eux 4,6 millions sont dans une extrême pauvreté selon des données présentées dans une étude sur la pauvreté et les droits sociaux des enfants et des adolescents au Mexique datant de 2014, par le Fonds des Fonds (UNICEF) des Nations Unies pour l’enfance au Mexique et le Conseil national pour l’évaluation de la politique de développement social ( CONEVAL).

Cette analyse est primordiale selon l’organisme pour prévenir la délinquance juvénile, les grossesses précoces parmi les adolescentes et la violence.

Il existe des processus multifactoriels qui touchent les enfants et les adolescents et qui augmentent la probabilité de reproduire la pauvreté au fil des générations comme avoir des parents jeunes avec une forte dépendance économique, mais aussi  grandir au sein de foyers monoparentaux dirigés par des femmes,  ou posséder un faible niveau d’éducation et résider dans des foyers ruraux et autochtones, a indiqué le responsable du Coneval, Gonzalo Hernández.

De son côté, la représentante de l’UNICEF au Mexique, Isabel Crowley a affirmé qu’il fallait veiller à ce que les dépenses sociales se fassent en priorité dans l’intérêt de l’enfant dans des domaines prioritaires tels que la santé, l’alimentation, l’éducation, la sécurité sociale et la qualité du logement. Sur les 39,2 millions d’enfants et d’adolescents qui résident au Mexique, 74,4 % vivent avec au moins une privation sociale, à savoir un manque d’accès aux services de santé, une alimentation insuffisante, des privations éducatives ou encore l’absence d’un logement décent.

En outre, les familles doivent avoir des revenus supérieurs, car sans cela il n’y aura pas de réduction de la pauvreté, a-t-elle ajouté. Il faut savoir qu’un mineur sur 9 vit dans l’extrême pauvreté.

Ainsi, bien que le travail des plus jeunes constitue une violation des droits des enfants, au Mexique environ 2,5 millions d’enfants et adolescents âgés de 5 ans à 17 ans sont engagés dans une activité économique, a rapporté l’Institut national de la statistique et de géographie (INEGI).

Le travail des enfants est encore une réalité au Mexique, 8,6 % la population de 5 à 17 ans a un travail productif, selon les données de 2013.

« Le travail des enfants est une violation des droits des enfants, car il empêche une croissance saine et nuit au déroulement de leur scolarité; selon l’UNICEF dans tous les pays, le travail des enfants est un obstacle au développement social et économique, car elle porte atteinte aux compétences de leur main-d’œuvre future et favorise la transmission intergénérationnelle de la pauvreté, tout en perpétuant les inégalités existantes », peut-on lire dans le rapport.

L’INEGI précise néanmoins que le taux d’emploi chez les Mexicains de 5 à 17 ans a diminué, il était en 2007 de 12,5 % et il est tombé à 8,6 % en 2013.

En 2011, trois millions d’enfants et adolescents ont été enregistrés dans cette situation (10,5 %); un chiffre quasiment similaire en 2009 (10,7 %); entre 2007 et 2013, 1,1 million d’enfants et d’adolescents ont cessé d’exercer une activité économique, de 3,6 millions (12,6 %) de travailleurs mineurs, le pays est passé à 2,5 millions (8,6 %) », affirme l’institut. Les enfants indigènes sont particulièrement et majoritairement touchés par la pauvreté et la déscolarisation.
Il y a en effet des niveaux élevés de pauvreté, d’extrême pauvreté et de misère sociale au sein des populations infantiles vivant dans des municipalités très marginalisées et au sein de ceux qui parlent une langue autochtone. En 2014, 78,6 % des enfants et des adolescents vivant dans des foyers autochtones et 90,8 % de ceux parlant une langue indigène enduraient une situation de pauvreté.