Quartier de Caracas, Venezuela

Juan Guaidó, président autoproclamé du Venezuela, qui a reçu le soutien de nombreux pays étrangers, a annoncé le 20 février qu’il avait obtenu le soutien formel de plusieurs syndicats de transporteurs qui se sont engagés à transférer l’aide humanitaire (en provenance des États-Unis) accumulée en différents points frontaliers du pays.

Lors d’un discours effectué depuis Caracas, le président du Parlement vénézuélien a réitéré ses remerciements, comme il l’a fait jeudi dernier, aux conducteurs qui ont mis à disposition leurs bus et autres véhicules pour permettre le transfert des dons que l’opposition souhaite faire rentrer dans le pays ce samedi 23 février. Une distribution qui a pour objectif d’atténuer la grave crise sanitaire et alimentaire qui secoue le territoire national depuis de longs mois.

Guaidó a annoncé le 23 février une mobilisation “pacifique” auprès des garnisons militaires du pays afin de pousser les forces armées du pays fidèles jusqu’alors au président controversé Maduro d’autoriser l’entrée de l’aide humanitaire.

Juan Guaidó a affirmé samedi dernier que l’aide humanitaire entrerait dans le pays par plusieurs points. Il a ajouté qu’il y aurait des mobilisations à l’échelle nationale ce jour-là.

“Bolívar, soyez en alerte, cela constituera un point d’accès important, l’aide humanitaire viendra également par la mer, à Puerto Cabello, à La Guaira, soyez vigilants comme dans tout le reste du pays”, a-t-il déclaré.

“C’est un spectacle pas cher. Donald Trump ne sait pas où se trouve le Venezuela (…) ils ont inventé une soi-disant aide humanitaire avec des aliments pourris, cancérigènes et ils veulent nous l’imposer de force”,  a déclaré Maduro pour effrayer la population, ce dernier accuse parallèlement le président américain de planifier une invasion militaire avec la Colombie voisine.

Guaidó a annoncé mercredi que des brigades de volontaires iront chercher l’aide dans plusieurs régions des États de Táchira (ouest) et de Bolívar (sud), limitrophes de Cúcuta (Colombie) et de Roraima (Brésil). Cúcuta est le principal centre de collecte de médicaments et de nourriture envoyé par les États-Unis.

“L’aide humanitaire entrera, c’est certain, par mer ou par terre”, a réitéré J. Guaidó, mais le gouvernement de N. Maduro a ordonné à l’armée de bloquer son entrée dans le pays. Mais bien que l’armée bloque certaines zones, la frontière de 2 200 km entre le Venezuela et la Colombie est loin d’être infranchissable. Certains secteurs sont d’ailleurs contrôlés par des mafias qui font du trafic d’essence ou même de drogues.

Face à des pénuries et à une hyperinflation galopante, des centaines de Vénézuéliens empruntent quotidiennement le pont Simón Bolívar, principal passage piéton entre Cúcuta et San Antonio Táchira, ainsi que 30 lieux de passages illégaux qui, selon la police colombienne, existent dans la région.

Cherchant à contrer l’offensive de l’opposition, le gouvernement de Maduro a annoncé l’organisation de journées d’assistance médicale gratuites à la frontière et distribuera 20 000 boîtes de vivres aux habitants de Cúcuta.

Le gouvernement du Brésil, dirigé par le président Jair Bolsonaro, a de son côté, annoncé qu’il préparerait une opération visant à faciliter l’envoi de l’aide humanitaire à la frontière avec le Venezuela à la demande de Juan Guaidó.

“Le gouvernement brésilien est en train de mobiliser un groupe de travail interministériel chargé de définir la logistique de l’aide humanitaire à la population du Venezuela à compter du 23 février”, a déclaré à la presse le porte-parole du gouvernement, Otávio Régo Barros, ajoutant que l’opération était en cours en “coopération avec le gouvernement des États-Unis”.

“Le Brésil s’associe à cette importante initiative internationale visant à soutenir le gouvernement de Guaidó et le peuple vénézuélien“, a-t-il déclaré. L’annonce a été faite après que le président Bolsonaro eut rencontré dans la matinée plusieurs ministres et les présidents du Sénat, de la Chambre des députés et de la Cour suprême fédérale.

Le Brésil et le Venezuela partagent une frontière d’environ 2 500 kilomètres. Au cours des trois dernières années, plus de 150 000 Vénézuéliens ont gagné le Brésil, fuyant l’hyperinflation, la pénurie et la violence.

Juan Guaidó, président par intérim du Venezuela, a envoyé lundi un message à tous les chefs militaires responsables des lieux par lesquels les envois d’aide humanitaire doivent avoir lieu.

“C’est un appel à la réflexion que nous ferons pacifiquement, avec la conviction qu’ensemble nous parviendrons à mettre fin à l’usurpation, nous leur demanderons de se mettre du côté de la Constitution, de laisser l’aide entrer et de nous accompagner pour atteindre la liberté” , a écrit Guaidó via Twitter.

Le président en charge a d’ores et déjà assuré que le 23 février serait un jour historique. “Vous faites partie de l’histoire que nous construisons et réalisons. L’avenir est à nous, la liberté est à nous “, a-t-il déclaré en se référant aux transporteurs qui le soutiennent.