L’OMS qualifie le coronavirus de pandémie

L’Amérique latine fait face à son tour face à l’épidémie de coronavirus qui frappe de nombreux pays dans le monde, des mesures drastiques ont été prises pour éviter une contagion massive alors que la région est encore relativement épargnée.

C’est le 26 février dernier que le Brésil enregistrait le premier cas de Covid-19, depuis ce sont 15 pays du bloc latino-américain qui sont confrontés à ce nouveau virus.

Ainsi le gouvernement colombien a annoncé des mesures de confinement préventives, les personnes en provenance de Chine, d’Italie, d’Espagne, de France seront placées en quarantaine systématique, le Pérou a adopté la même procédure d’isolement pour les voyageurs des pays en question.

Les autorités du Salvador, pays d’Amérique centrale, ont décidé de fermer les frontières à tous les étrangers pendant 21 jours, tandis que le Guatemala interdit l’entrée sur son territoire aux Européens, aux Iraniens, et aux Coréens.

En Argentine, le président Alberto Fernández a prévu d’appliquer une quarantaine obligatoire pour tous les citoyens arrivant de pays où le coronavirus circule fortement à savoir l’Italie, la Chine, l’Iran, la France, l’Espagne et l’Allemagne.

Le gouvernement de transition de Bolivie a ordonné ce jeudi de suspendre tous les “vols à destination et en provenance d’Europe” à partir de samedi pour contenir la propagation du coronavirus qui a déjà infecté trois Boliviens, le Paraguay a pris la même décision.

Suspension des vols ou encore mise en quarantaine, des mesures préventives pour limiter la propagation du covid-19

En Équateur, les voyageurs nationaux et étrangers arrivant de Corée du Sud, d’Espagne, de France, d’Italie, d’Iran et de Chine (provinces de Wuhan et Hubei) devront être placés en isolement obligatoire pendant quatorze jours.

Pour sa part, le Chili a instauré une quarantaine de 14 jours pour les individus en provenance d’Espagne et d’Italie.

Le Venezuela, qui n’a pas de cas déclaré sur son territoire à ce jour, a décidé de suspendre les vols en provenance d’Europe et de Colombie, son ennemi numéro un dans la région.

Le Mexique n’a pas pris de mesures de restriction concernant les voyageurs de l’étranger en raison du coronavirus, et le sous-secrétaire à la santé, Hugo López-Gatell, a déclaré que cette décision n’est pas à l’ordre du jour :

“Il n’est pas prévu de restreindre les voyages internationaux au Mexique ou de fermer les frontières ou de fermer les ports maritimes”, a déclaré le responsable lors d’une conférence de presse.

Cette arrivée du coronavirus inquiète particulièrement en Amérique latine, les infrastructures hospitalières faisant défaut, la crainte d’une crise sanitaire est plus que jamais d’actualité.

En Amérique latine, le secteur public ne dépense que 3,7% du PIB en moyenne pour la santé, contre une moyenne de 6,6% pour les pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), explique Lígia Bahia, professeur agrégé de l‘Institute for Collective Health Studies de l’Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ), dans un récent article publié dans Americas Quarterly.

Des pays pauvres peu armés pour faire face à une épidémie

Selon les dernières données disponibles de l’OMS, seuls (Cuba) (5,2), l’Argentine (5) et l’Uruguay (2,8) dépassent la moyenne mondiale en nombre de lits hospitaliers, (2,7 pour 1 000 habitants, selon la Banque mondiale). La précarité augmente pour atteindre 0,8 au Venezuela ou 0,6 au Guatemala.

L’Organisation panaméricaine de la santé a annoncé l’envoi cette semaine de missions de soutien dans les pays de la région qui “comportent un risque plus élevé”, notamment Haïti et le Venezuela. La liste comprend également le Suriname, la Guyane, le Nicaragua, le Honduras, le Guatemala, la Bolivie et le Paraguay, ainsi que les îles des Caraïbes orientales.

En cas d’épidémie plus agressive, les pays, dont certains sont déjà en proie à la dengue, pourraient ne pas être en mesure de faire face.

À la date du 12 mars, ce sont 251 personnes qui ont été testées positives au coronavirus en Amérique latine, les pays les plus touchés sont le Brésil, le Chili et l’Argentine et le Panama. Deux personnes sont décédées des conséquences du virus entraînant dans les cas les plus graves un syndrome de détresse respiratoire aigu.

Après que l’OMS ait qualifié le coronavirus de pandémie, il semble y avoir un consensus parmi les médecins, les politiciens et les administrateurs de toute la région dans le but de limiter son expansion“, un élément crucial annoncé par Samuel Ponce De León, médecin de l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM).