Le désert d’Atacama au Chili, une vison de Mars sur Terre (crédit photo : avec l’aimable autorisation du DR. Azua-Bustos)

Atacama, ce désert chilien aux caractéristiques singulières est un pôle d’expérimentation à ciel ouvert pour les scientifiques qui se penchent sur ses spécificités depuis de nombreuses années.

Atacama, l’endroit parfait pour avoir la tête dans les étoiles

Atacama, lieu privilégié de l’observation astronomique mondiale (crédit photo : avec l’aimable autorisation du DR. Armando Azua-Bustos)

On sait que le désert d’Atacama, situé au nord du Chili, s’étend sur 105 000 km², le village de San Pedro de Atacama s’élève à une altitude de 2400 m. Le désert offre un paysage de désolation et un ciel d’une grande pureté (car sans pollution lumineuse, ni humidité atmosphérique), favorable à l’observation astronomique. En fait, le nord du Chili abrite environ 70 % des infrastructures mondiales d’astronomie terrestre.

Ainsi, le télescope géant Magellan normalement achevé d’ici fin 2022, avec ses 7 miroirs, chacun d’un diamètre de 8,4 m, devrait fournir des images exceptionnelles de l’univers (étoiles, planètes, galaxies…).

Le désert d’Atacama, un aperçu terrien de la planète Mars

Atacama, lieu inhospitalier, constitue en fait l’endroit le plus aride sur Terre. Avec des températures diurnes approchant les 45 degrés et une température nocturne pouvant baisser jusqu’à moins 10, le contraste thermique peut être saisissant !

Le désert d’Atacama offre à perte de vue un paysage de désolation similaire à la planète Mars (crédit photo : avec l’aimable autorisation du DR. Armando Azua-Bustos)

La majeure partie du désert est composée d’un sol pierreux aux différentes tonalités, de lacs salés (appelés “salares”), de sable et de lave felsique qui coule vers les Andes. Les précipitations moyennes sont d’environ 15 mm par an, bien que certains endroits reçoivent seulement 1 à 3 mm par an. Par ailleurs, certaines stations météorologiques d’Atacama n’ont jamais reçu de pluie !

Pour les scientifiques, la singularité du désert d’Atacama peut être néanmoins relié à un autre lieu… situé à environ 225 millions de kilomètres de là : la planète Mars !

En effet, les chercheurs pensent maintenant depuis plusieurs années que la zone d’hyper-sécheresse de Yungay, située en plein désert d’Atacama, à la limite des conditions de vie possible sur Terre, offre un contexte similaire à la Planète rouge.

Un laboratoire à ciel ouvert pour les chercheurs (crédit photo : avec l’aimable autorisation du DR. Armando Azua-Bustos)

En effet, différents articles universitaires soulignent les caractéristiques extraordinaires de ce lieu d’Amérique du Sud et sa pertinence pour les astrobiologistes (une science interdisciplinaire qui a pour objet l’étude des facteurs et processus, notamment géochimiques et biochimiques, pouvant mener à l’apparition de la vie, d’une manière générale, et à son évolution) qui y voient des conditions identiques à celles de cette planète emblématique.

La NASA a trouvé un “terrain de jeu” idéal

Après avoir mené différentes recherches, les scientifiques ont même identifié un lieu encore plus aride que Yungay. En fait, il s’agirait de Maria Elena Sur (MES) ! En raison des caractéristiques uniques du désert d’Atacama, la NASA en est venue à le considérer comme l’analogue parfait de Mars sur Terre.

Ce point permet aux scientifiques de tester régulièrement du matériel comme les célèbres rovers dans des conditions extrêmes depuis 1997. Ces derniers ont recours à des prototypes d’instruments pour essayer de détecter une forme de vie  sur la quatrième planète du système solaire. 

L’astrobiologiste Armando Azua-Bustos, docteur au centre d’astrobiologie de Madrid ( CSIC-INTAL), a révélé que MES présente une humidité relative atmosphérique moyenne de 17,3 % et une humidité relative au sol avec une constante de 14 % à une profondeur d’un mètre. Or, ces valeurs coïncident avec les analyses effectuées par le robot Curiosity sur Mars. Par ailleurs, l’arrivée de Perseverance, en février dernier sur Mars, et du rover chinois Zhurong, au mois de mai, a pour but de trouver des réponses éventuelles à cette question essentielle : Y a-t-il (eu) de la vie sur Mars ?

Tout comme la planète Mars, l’Atacama possède une topographie extrême avec de vastes marais salants et des volcans imposants. Ainsi, Mars abrite le plus haut volcan de notre système solaire, Olympus Mons, tandis qu‘Atacama abrite le plus haut volcan actif sur Terre, Ojos del Salado (perché à 6 893 d’altitude).

Le désert d’Atacama, preuve que la vie peut exister dans des conditions extrêmes ?

De nombreux scientifiques sont en quête de traces de vie sur Mars et les cratères martiens ayant abrité des lacs salés comme le cratère Gale, retiennent particulièrement leur attention. En effet, ils présentent de nombreuses similitudes avec ceux de l’Altiplano d’Amérique du Sud.

De plus, la présence de bactéries extrêmophiles à Atacama a laissé entrevoir la possibilité d’une vie dans des conditions qui n’y semblent pourtant pas propices. En fait, les chercheurs ont répertorié 70 espèces de micro-organismes, des bactéries qui peuvent résister à la chaleur extrême, à l’intensité des UV et au manque d’eau.

Le chercheur Schulze-Makuch déclarait en 2018 sur ce point : “Nous pensons que ces communautés microbiennes peuvent rester en sommeil pendant des centaines, voire des milliers d’années dans des conditions très similaires à celles trouvées sur une planète comme Mars, puis reprendre vie lorsqu’il pleut”. 

De quoi alimenter les espoirs les plus fous concernant Mars !