argentine19012016

Être une femme en Argentine est risqué si l’on en croit l’Enquête nationale sur la violence faite contre les femmes (IVAWS, Violence Against Women Survey), en effet 42 % des Argentines ont souffert de violence physique, sexuelle ou encore morale au cours de leur vie.
Une enquête effectuée entre le 27 mai et le 10 juillet 2015, qui se fonde sur les témoignages de 1221 femmes âgées de 18 à 69 ans, révèle que 37 % des femmes ont subi des violences physiques, 16,3 % des agressions sexuelles et 24 % des formes de violences psychologiques.

L’OMS a souligné qu’une femme sur trois est victime de violence sexuelle sans compter les cas de harcèlement sexuel dans les établissements scolaires et autres lieux publics, 30 % des jeunes femmes de 15 à 19 ans ont déjà été agressées par le partenaire.

Pour plus d’informations, consultez le lien suivant http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/86253/1/WHO_RHR_12.38_fre.pdf

En Argentine, on estime qu’une femme meurt toutes les 30 heures des violences commises par un homme,  Fabiana Tuñez, fondatrice de l’ONG en faveur de la défense ses droits des femmes la Casa del Encuentro affirmait il y a quelques mois « le fait que l’Argentine n’ait pas de chiffres à communiquer à l’ONU sur ce thème témoigne du manque d’intérêt, pas de statistiques en la matière, et qu’évidemment ce n’est pas un thème prioritaire dans l’agenda du gouvernement ».
« La violence sexiste est un thème prioritaire dans l’agenda des droits humains. Nous avons avancé, mais il y a encore beaucoup à faire », déclarait l’année dernière Fabiana Tuñez, durant la présentation du rapport sur les féminicides survenues en 2014. D’après cette même ONG, 53 femmes sont mortes brûlées vives entre 2010 et 2012 et 277 féminicides ont été commis en 2014.

(vidéo du 19/01/2016)

La violence de genre a coûté la vie à 233 femmes durant les 8 premiers mois de l’année 2015. Un autre chiffre effrayant en Argentine, celui des femmes disparues, 3231 fillettes, adolescentes et femmes adultes n’ont jamais été retrouvées sur la période 1990-2013 selon Protex. Pour le Bureau de la traite et de l’exploitation des personnes, ces femmes ‘volatilisées’ ont été victimes de violences conjugales, familiales ou de traite, la tranche des 12-18 ans est la plus affectée.

Au mois de novembre dernier, une mobilisation pour « dire non à la violence contre les femmes » a été organisée dans les rues du centre de la capitale Buenos Aires, avec un slogan original « si vous êtes des hommes, portez la jupe », des pancartes portées fièrement par des hommes en jupes dénonçant la violence de genre.
En juin 2015 déjà, une manifestation populaire et de grande ampleur avait réuni près de 200 000 personnes pour défendre le droit des femmes. « Cette mobilisation a surgi, car il y a eu récemment trois féminicides emblématiques […] On perçoit un point d’inflexion social et politique », avait déclaré alors Fabiana Túñez, porte-parole du mouvement. Prés de 150 000 personnes ont pris d’assaut les rues d’Argentine mercredi 3 juin dans la capitale et de nombreuses autres villes du pays pour dénoncer haut et fort les féminicides, au cri de « Ni una menos » (« Pas une de plus »).

Le 14 novembre 2012, les députés argentins ont adopté une loi incluant les cas de féminicides dans le Code Pénal comme homicide aggravé, cela induit une peine de prison à perpétuité pour tout homme intentant à la vie « d’une femme ou d’une personne qui se perçoit avec une identité féminine ».
La loi définit le féminicide comme « un crime contre une femme lorsque l’acte est commis par un homme et implique une violence de genre » et inclut comme mobiles « le plaisir, la cupidité, la haine raciale, religieuse,le sexisme ou l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression du genre ». Alors que l’homicide est puni de 12 à 25 ans de prison, la peine encourue est élevée à la perpétuité en cas de féminicide (femme, transsexuelle).

(vidéo du 04/06/2015)