bolivie07032016

Pour faire face aux conséquences du phénomène météorologique El Niño en Bolivie, le vice-ministre à la Défense civile, Oscar Cabrera, a annoncé dimanche 6 mars 2016 la distribution de 700 tonnes d’aliments et de biens de première nécessité aux quelques 23 000 familles sinistrées dans différentes régions du pays.

« Le gouvernement est au service de plus de 23 000 familles dans tout le pays avec une quantité de 700 tonnes de nourriture, d’outils et des fournitures qui ont été distribués dans tous les départements subissant l’impact d’El Niño », a déclaré le fonctionnaire aux médias d’État.

El Niño provoque une sécheresse qui a eu un impact négatif sur l’agriculture dans des régions comme El Chaco et dans le nord de l’altiplano bolivien, tandis que dans les départements de La Paz, Cochabamba, Santa Cruz ou encore Beni, l’alerte rouge a été déclarée en raison des fortes précipitations. Ce sont 19 personnes qui ont perdu la vie en cet été austral et 59 000 personnes qui ont été impactées, conséquence directe des intempéries, tandis que 30 000 hectares de cultures ont été affectés. Les décès ont été dus à des orages ou à des crues rapides de rivières dans différentes régions du pays sud-américain.

Le vice-ministre a précisé que l’État compte sur une somme de 37 millions de bolivianos pour répondre aux besoins de la population et la soutenir face aux aléas provoqués par cette météo capricieuse et souvent dévastatrice, plusieurs ministères participent aux frais comme le Ministère de la Santé, de l’Environnement et des Travaux publics. Le Ministère de la Défense civile a annoncé en février dernier la construction d’au moins 40 puits dans les régions montagneuses et dans le Chaco bolivien, des zones fortement touchées par le manque d’eau.

862 676 têtes de bétail et de camélidés (lamas, alpagas) ont été touchées par le phénomène El Niño, selon un rapport proposé par le coordinateur du sous-ministre au Développement rural, Silvio Janayo.

L’autorité a indiqué que « les hauts plateaux ont été fortement affectés par la question de la sécheresse, la grêle et dans certains cas de la neige », ce qui induit un changement dans l’environnement habituel dans lequel les animaux sont habitués à vivre. Les autorités vont fournir des médicaments pour les animaux, des vitamines et de la nourriture, en particulier pour les éleveurs de l’Altiplano.

Dans le passé, plus de 700 000 têtes de bétail ont péri rien que dans la région du Beni à cause de fortes pluies qui ont provoqué des inondations, les animaux ont perdu la vie noyés, embourbés. Le ministre bolivien du Développement rural et des terres, César Cocarico a rappelé que les dommages s’étendront aux mois à venir en évoquant le moment de la récolte des pommes de terre, qui interviendra au mois d’ avril.
Le gouvernement prévoit cette année un déficit de 47 039 tonnes de pommes de terre en raison des pluies et des sécheresses, ce qui réduira la production du tubercule, l’exécutif a affirmé que pour faire face au manque, les importations vont être augmentées ainsi que la production. La fréquence de ces événements extrêmes associés au réchauffement planétaire global, a partiellement ou totalement détruit ces derniers mois des milliers d’hectares de pommes de terre, de maïs, d’oignons, d’ananas dans plusieurs départements boliviens.

Óscar Cabrera a précisé que les régions les plus fortement touchées par El Niño sont Potosí, Chuquisaca et Cochabamba. Il a prédit qu’à la fin du mois de mars les pluies devraient diminuer, mais a souligné que les anomalies climatiques telles que les vagues de chaleur et de froid allaient se poursuivre.

Le phénomène El Niño provoque un réchauffement des eaux de l’océan Pacifique au-dessus de la normale, ce qui provoque de fortes pluies, du gel et la grêle dans certaines régions et des sécheresses dans d’autres, l’Amérique latine est particulièrement concernée par ses effets.

Les affluents les plus importants de la Bolivie, principalement dans la partie amazonienne, ont vu leur débit augmenter et la zone a été placé en état d’alerte orange. « Ces pluies affectent et causant des débordements dans les rivières qui sont annexes ». Le vice-ministre à la Défense a précisé que les affluents sont surveillés pour minimiser les impacts en cas de débordement.