La Bolivie est sous le choc après que ses habitants aient appris que 2 jeunes filles âgées respectivement de 10 et 13 ans avaient été violées par leur beau-père respectif, et qu’à la suite de ces abus, elles étaient toutes deux tombées enceintes. A la lumière de ces deux cas et d’autres affaires similaires, un débat a été lancé dans le pays concernant la nécessité  de renforcer les peines à l’encontre des violeurs, bien que la conjoncture électorale qui traverse le pays actuellement n’ait pas permis de trouver une place dans le calendrier électoral pour aborder cet épineux sujet .

Le premier cas reconnu concerne une petite fille de dix ans qui reste à ce jour hospitalisée. elle est issue de la communauté de Peñas et est arrivée à la Paz pour y recevoir des soins médicaux, après avoir accouché de son bébé sur la route la conduisant de son village à la ville. Par la suite, le bébé a été retrouvé par des policiers, il était mort et enterré dans un champ.

Entre-temps, une  fillette de 13 ans vivant à El Alto, prés de La Paz a mis au monde un bébé aujourd’hui âgé de 4 mois, cet enfant est né du viol commis par le beau-père de la jeune victime. L’homme  a reconnu les faits et la mère a précisé que la petite était abusée sexuellement depuis l’âge de 10 ans.

bolivie201120009-1Les beaux-pères des 2 jeunes victimes ont été arrêtés grace aux témoignages des  des voisins et des paysans vivant aux environs qui ont déclaré être indignés par les faits commis.

Ces 2 cas médiatisés ont démontré que l’ acte de viol et d’inceste était encore fréquent sur le territoire bolivien.

Le président de la Commission de la Politique Sociale de la Chambre de Députés, Guillermo Mendoza, a déclaré à la BBC Mundo que quotidiennement 12 plaintes pour viol étaient déposées dans le pays et qu’environ 60% des vicimes de viols concernaient des victimes de moins de 12 ans.

Le législateur assure que les dénonciations concernant les abus sexuels ont augmenté de 120% en 2007.

Mendoza a précisé qu’il s’agissait uniquement des faits enregistrés par la police et estime qu’une grande majorité de victimes d’abus sexuels ne portent pas plainte. la Fiscalia de Santa Cruz , aprés avoir reçu plusieurs plaintes de viol concernant des fillettes, a demandé un rapport à la maternité de Percy Boland, la principale ville, et est arrivé à la conclusion que lors du premier semestre 2009, 48 jeunes filles âgées de 10 à 13 ans ont mis un enfant au monde. 15 ont accouché normalement et 33 autres ont dû subir des césariennes.

« Nous pensons sincérement que les cas de grossesse chez les jeunes filles de 10 à 13 ans sont le résultat de viols » a declaré Francisco Rivero, responsable de l’Unité de victimes spéciales de la Fiscalia de Santa Cruz.

Selon, Rivero 80% des violeurs appartiennent à l’entourage direct des victimes, ce sont pour la plupart les beaux-pères, les demi-frères, les oncles ou même les pères et frères des jeunes filles.

Au milieu de ce débat, le Bureau du Fonds des Nations Unis pour L’Enfance de l’UNICEF en Bolivie s’est déclaré consterné par les faits, dont bon nombre restent à ce jour impunis.

Le représentant de l’UNICEF en Bolivie, Gordon Jonathan Lewis, pousse la société bolivienne à faire « une évaluation introspective sur ce problème en se demandant si dans le futur on pourrait garantir l’intégrité physique des enfants et adolescents en Bolivie »

 Lewis a exhorté le gouvernement bolivien à adopter un système judiciaire efficace pour juguler la recrudescence des crimes sexuels commis sur les enfants, de manière à garantir la protection et l’assistance aux enfants.

« L’Unicef appelle les autorités concernées à continuer à oeuvrer pour la promotion de la coopération à tous les niveaux et à conjuguer les efforts pour éliminer toutes les formes d’exploitation et d’abus sexuels sur les enfants », a ajouté M. Lewis.

Dans un cadre légal, le député Mendoza a proposé un projet de loi comprenant cinq mesures destinées à punir plus sévèrement les délinquants sexuels.Parmi ses propositions, on retrouve la castration chimique et chirurgicale des violeurs récidivistes, bien qu’il ait conscience que cette idée ne faitt pas l’unanimité et que certains secteurs  jugent que cela va à l’encontre des droits de la personne.

Le gouvernement du président  Morales  a accepté de débattre sur le sujet lors d’un réunion à laquelle le ministre Mendoza participera.