La nouvelle rencontre entre le président de Colombie, Juan Manuel Santos, et son homologue vénézuélien, Hugo Chávez, a constitué, cette semaine, l’un des faits marquants de l’actualité au Venezuela.

Après une période de fortes tensions entre les deux pays, le rendez-vous de mardi (2 novembre) entre les deux chefs de l’État a été qualifié d’historique en raison de la relance des relations diplomatiques, et de la signature de plusieurs accords dans les domaines du commerce, de l’énergie, ou de la sécurité.

Chávez a assuré à cette occasion que c’est seulement en s’unissant à la Colombie que la grande Patrie telle que l’imaginait l’illustre Simón Bolívar pourra être construite. Pour sa part, le président colombien a affirmé qu’il a noué avec Chávez une relation fondamentale et qu’il ne laissera personne y porter atteinte.

Santos et Chavez

Les chefs de l’État accompagnés de leurs délégations ministérielles, ont confirmé différents accords qui visent à favoriser et à augmenter les échanges bilatéraux entre les deux pays, les relations avaient été sévèrement mises à mal sous la présidence du colombien Álvaro Uribe.

Au Palais de Miraflores, à Caracas, les deux dignitaires ont signé la Déclaration de Miraflores, laquelle revient sur les avancées obtenues lors des cinq commissions créées par Chávez et Santos lors de leur première rencontre officielle réalisée le 10 août dernier dans la ville colombienne de Santa Marta.

Le document revient sur la mise en place d’un Comité Binational économico-productif, fruits du travail de la Commission rattachée au renforcement économique (Comisión de Complementación productiva y económica).

Ils ont également évoqué la possibilité de créer des orchestres symphoniques binationaux pour la jeunesse, et ils ont également prévu d’assister le 15 décembre prochain à Bogotá à un grand concert de musique classique qui sera dirigé par le chef d’orchestre vénézuélien Gustavo Dudamel.

Concernant le développement commun d’infrastructures, la Déclaration approuve la construction à partir de janvier 2011 d’un pont qui devra unir l’État vénézuélien de Táchira au département colombien de Santander (au nord).
En matière d’énergie, la Commission désignée à cet effet a convenu de rétablir l’approvisionnement de brut vénézuélien dans les zones frontalières de Colombie à raison de 7 741 barils de pétrole quotidien soit 37 156 800 litres de pétrole par mois.

La Déclaration de Miraflores confirme donc la fin du blocus commercial du Venezuela envers son voisin colombien, Caracas doit payer 336 millions sur les 800 millions que le pays doit aux exportateurs colombiens et rétablit don l’envoi de combustibles aux régions frontalières.

Caracas et Bogotá ont également convenu qu’ils devaient combattre de toutes leurs forces le trafic illégal de combustible, et étudier la possibilité d’étendre le gazoduc Antonio Ricaurte en Amérique Centrale et d’envisager des travaux communs de forage et de production de pétrole y compris dans la Bande pétrolifère de l’Orénoque au Venezuela.

Le Comité de Sécurité s’est engagé à signer un accord de coopération de lutte anti-drogue et à réaliser une rencontre le 19 novembre prochain à Carthagène entre les autorités chargées d’enrayer le narcotrafic.

Santos et Chavez

Lors de la première réunion de Santa Marta, organisée en Colombie, Santos et Chávez avaient pris la décision de relancer les relations diplomatiques qui avaient été rompues en juillet après que le président colombien en place, A.Uribe, ait accusé le Venezuela d’abriter des camps des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) sur son territoire.

De plus, l’autorisation donnée aux États-Unis d’implanter sept bases militaires sur le sol colombien avait plus que contribuer à raviver l’animosité entre les deux pays et à réduire au quasi néant les liens bilatéraux, des relations qui sont reprises depuis l’arrivée au pouvoir de Santos.

Cette semaine a également été marquée par la tournée effectuée par le ministre des Relations extérieures, Nicolás Maduro, en Turquie, en Ukraine et en Syrie qui vise « à approfondir les relations stratégiques » du Venezuela « dans le cadre de la mise en place d’un monde pluripolaire ».

Chávez comme son homologue colombien ont insisté sur l’importance que revêt la Déclaration de Miraflores pour leur nation respective, cet accord témoigne d’une normalisation des relations bilatérales après des années de tensions dans les plus hauts sommets du pouvoir.