continent30032016

Voilà une information scientifique qui ne passe pas inaperçue, le Sahara (le plus grand désert chaud du monde qui occupe presque tout le nord de l’Afrique, à savoir 3,6 millions de kilomètres carrés et qui est en constante augmentation) qui véhicule une image de désolation, d’aridité permet de fertiliser l’une des régions les plus luxuriantes du monde, à savoir la forêt amazonienne. En effet, le sable du Sahara parvient à se déplacer sur plus de 2000 km pour atteindre le poumon vert de la planète, le phénomène est expliqué dans une vidéo récemment publiée par la NASA.

Des données divulguées par la NASA montrent la relation entre le désert et la forêt, elles ont été recueillies entre 2007 et 2013, en dépit d’être un phénomène déjà connu par les scientifiques depuis plusieurs années maintenant, nous disposons de données plus précises sur ce phénomène.

Les experts estiment en effet que 182 000 tonnes de sable traversent l’océan Atlantique pour atteindre l’Amérique depuis le Sahara. Sur ce total, 27,7 millions de tonnes de sable atteignent chaque année le bassin amazonien, 0,08 % correspond à du phosphore (nutriment essentiel aux plantes), selon les chercheurs de l’Université du Maryland (Etats-Unis), ce qui correspond à 22 tonnes. Cette quantité de phosphore, selon l’étude, est suffisante pour satisfaire les besoins nutritionnels que la forêt amazonienne perd lorsque la région est frappée par de fortes précipitations et inondations dans la région.

« L’ensemble de l’écosystème de l’Amazonie dépend du sable du Sahara pour reconstituer les nutriments perdus », a affirmé le coordonnateur de l’étude, Hongbin Yu. Elle confirme ce que beaucoup, même sans base scientifique, savaient depuis longtemps: « Ceci est un petit monde, et nous sommes tous connectés ».

Le sable riche en nutriments provient principalement d’une région connue sous le nom de dépression du Bodélé, une dépression topographique située dans le centre sud du Sahara, au nord du Tchad. La dépression a accueilli un lac lors de la période la plus humide que le Sahara ait connue au cours de l’holocène.

Cependant, la plus grande partie de la poussière reste suspendue dans l’air, tandis que 43 millions de tonnes atteignent la mer des Caraïbes. L’étude a été rendue possible grâce à la collecte de données effectuée par le satellite Calipso, la NASA a publié ses recherches dans la revue spécialisée Geophysical Research Letters.

Grâce à une animation de la NASA, on s’aperçoit que les scientifiques avaient connaissance de l’existence de ce phénomène, cependant les données recueillies permettent de démontrer la relation directe entre les deux écosystèmes.

Le phénomène transocéanique analysé ne constitue pas une simple anecdote, car une grande partie de la richesse des plantes de la forêt tropicales d’Amérique du Sud dépend des engrais contenus dans la poussière saharienne.

L’une des données les plus intéressantes de l’étude précise qu’ après une période pluvieuse dans la région du Sahara, la quantité de poussière qui se déplace par le vent est moindre, par conséquent, on peut envisager que si le Sahara était une zone plus humide, le transport de phosphore serait plus limité et le bassin de l’Amazone n’aurait pas l’engrais nécessaire pour maintenir son équilibre actuel. Voilà une belle démonstration de l’effet papillon qui témoigne de la corrélation entre des écosystèmes a priori aussi éloignés que disparates. « Ceci est un petit monde, et nous sommes tous reliés les uns aux autres », a affirmé l’expert Hongbin Yu.

« C’est une composante essentielle du système Terre. La poussière aura une incidence sur le climat et, en même temps, le changement climatique aura une incidence sur la poussière », a-t-il ajouté.