Dans le cadre de la XIIIe réunion des ministres des Affaires étrangères des huit pays membres de l’Organisation du Traité de coopération amazonienne, qui a eu lieu à Tena (capitale de la province de Napo, ville située à 118 km au sud-est de la capitale Quito), le 1er décembre, le projet Initiative Amazonie a été présenté. Il vise à sauvegarder le plus grand bassin fluvial de la planète, à combattre la déforestation et le changement climatique dans le monde.

L’initiative pour l’Amazonie équatorienne a été présentée pour la première fois par le président Lénine Moreno lors de la 72e Assemblée générale des Nations Unies.

Ce projet a pour but d’établir un processus régional de protection de l’Amazonie, l’objectif est clair, obtenir d’ici 2030 une Zérodéforestation nette, et œuvrer pour la coopération et la protection des droits des peuples autochtones, en particulier ceux qui vivent en isolement volontaire, entre autres initiatives dévoilées lors de cette réunion.

La Iniciativa Amazónica équatorienne a été présentée par le président de ce pays sud-américain, Lenin Moreno, à la 72e Assemblée générale de l’ONU, le bassin amazonien a été présenté par le mandataire comme un espace géographique, culturel et socio-économique avec un modèle de développement durable qui, en raison de sa diversité biologique et culturelle, représente une contribution significative à la régulation du climat et de la gestion de l’eau dans le monde.

Tous ces aspects ont été inscrits dans la Déclaration de Tena, qui propose également d’étendre le dialogue régional pour « générer des visions communes face aux défis auxquels l’Amazonie est confrontée ». De même, le chef d’État a invité les pays membres à « avancer dans la mise en œuvre du plan de travail pour renforcer les droits des peuples autochtones en ce qui concerne leurs connaissances et leurs traditions ancestrales ».

La déclaration de Tena a été signée dans cette ville équatorienne par les représentants des gouvernements de Bolivie, du Brésil, de Colombie, de Guyane, du Pérou, du Suriname, du Venezuela et de l’Équateur.

La treizième réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OCTA (Organización del Tratado de Cooperación Amazónica) a également permis d’adopter une stratégie de financement à long terme en promouvant le projet régional de surveillance et de contrôle des espèces sauvages menacées d’extinction. Le programme stratégique de l’OTCA, souligne également « l’importance de mener à bien le projet pour soutenir le programme d’inclusion de l’Amazonie, en mettant l’accent sur l’inclusion sociale et la lutte contre la pauvreté ». Les conséquences de l’exploitation minière illégale ont également été abordées et il a été convenu par les participants de reprendre les actions collectives pour faire face à l’impact que cette activité clandestine induit sur l’environnement du puissant fleuve amazone.

Rappelons que cette zone géographique du bassin amazonien représente 6% de la surface de la planète et occupe 40% du territoire de l’Amérique latine et des Caraïbes, où vivent plus de 40 millions de personnes, tandis que ses cours d’eau déversent environ 20% de l’eau douce du monde.

Selon le chef de la diplomatie équatorienne, l’objectif est de consolider un modèle de coopération Sud-Sud, basé sur la solidarité et la complémentarité avec le soutien de partenaires stratégiques « sérieusement engagés dans la lutte contre le changement climatique ».

Le programme de travail prévoit de collaborer sur des stratégies afin de respecter les engagements internationaux de l’OCTA tels que la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques qui est entrée en vigueur en 1994; le Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020; les objectifs d’Aichi dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique; le Défi de Bonn (restauration de 150 millions d’hectares de forêts dégradées et déboisées d’ici 2020 et 350 millions d’hectares d’ici 2030) et  la Déclaration de New York sur les forêts (2014).

Dans son discours, Tarcisio Granizo, ministre de l’Environnement en Équateur, a mis en exergue la valeur de la région amazonienne en termes globaux, il a rappelé que ce territoire « intègre 544 millions d’hectares de forêts, soit 19% de la superficie forestière mondiale et 20% des réserves d’eau douce dans le monde. « De même, il a souligné l’importance de préserver ses territoires amazoniens, car « ils abritent 33 millions de personnes, 420 communautés autochtones, dont 70 communautés vivant en isolement volontaire  » .

Le bassin amazonien fait partie de la forêt tropicale équatoriale humide et contribue dans une large mesure à l’équilibre hydrique et l’équilibre thermique sur la planète.

Cette initiative propose trois principaux axes d’action : inverser la déforestation dans le bassin amazonien pour atteindre conjointement l’objectif de déforestation nette zéro; garantir les droits des peuples autochtones et des communautés locales (en particulier les peuples en isolement volontaire) et récupérer la valeur du bassin amazonien en tant que plus grande réserve d’eau douce et facteur déterminant de l’équilibre hydrique et climatique de la planète.

À la fin de la réunion, présidée par María Fernanda Espinosa, ministre des Affaires étrangères et de la Mobilité humaine, la « Déclaration de Tena » a été signée, un document qui inclut les accords conclus par les huit pays participants au cours de cette journée.