bolivie29082008-1Le président bolivien Evo Morales (gauche) a convoqué jeudi un référendum pour le 7 décembre afin d’approuver un projet controversé de Constitution que rejette fermement l’opposition libérale.

Cette Constitution, qualifiée d' »indigéniste et étatiste » par l’opposition, est refusée par cinq des neuf gouverneurs de régions du pays andin.

Le président Morales a annoncé qu’il convoquait également un second référendum sur la réforme agraire et l’élection des gouverneurs de La Paz (centre) et Cochabamba (centre), qui ont été révoqués lors du référendum du 10 août dernier.

Fort de son soutien de plus de 67% au référendum révocatoire du 10 août dernier, le président Morales, poussé par l’aile radicale de son parti, le Mouvement vers le socialisme (MAS), a décidé de passer en force et d’écarter un éventuel dialogue avec l’opposition libérale et conservatrice.

Le décret, qui fixe le référendum sur le projet de Constitution au 7 décembre, indique que son but est de « consolider le processus de changement et refondre la Bolivie », a déclaré au palais présidentiel l’influent ministre de la Présidence, Juan Ramon Quintana.

Le second référendum est destiné à fixer la taille maximum des propriétés privées (5.000 ou 10.000 hectares), mesure qui sera ensuite ajoutée à la nouvelle Constitution. Cette initiative vise particulièrement les grands propriétaires agricoles de la région de Santa Cruz, la plus riche de Bolivie.*

Le dialogue politique est bloqué depuis plus de six mois en Bolivie (1O millions d’habitants) entre l’opposition libérale et le gouvernement de gauche.

Les gouverneurs des régions de Santa Cruz (est), Tarija (sud), Pando et Beni (nord) et Chuquisaca ont annoncé mercredi qu’ils refuseraient d’organiser un référendum sur la Constitution dans leur territoire.

bolivie29082008-2Ces régions, qui se déclarent « sur le pied de guerre » contre le projet de Constitution, ont commencé dès lundi à manifester et couper des routes. Elles ont demandé mardi à l’OEA (Organisation des États américains) et à l’Église catholique de servir de médiateurs dans le conflit.

Les députés libéraux contestent la tonalité « indigéniste et étatiste » de la Constitution, adoptée en décembre 2007 à l’initiative du président Evo Morales, premier chef d’État indigène de Bolivie mais aussi ami politique du président vénézuélien Hugo Chavez.

L’un des dirigeants de l’opposition, l’ancien président Jorge Quiroga (2000-2001), a même déclaré que la Constitution n’avait pour lui « pas plus de valeur que du papier hygiénique ».

Article AFP du 29/08/08