Le président du Conseil des Ministres du Pérou, Javier Velásquez, a révélé lundi 25 janvier 2010 qu’en raison des fortes pluies qui s’abattent sur une partie du pays, il déclarait l’état d’urgence, pour une période de 60 jours, dans les départements de Cusco et de l’Apurímac.

La mesure concerne les localités de Calca, Quispicanchis, la ville de Cusco, Urubamba, Canchis, La Convención et Anta.

Le président du Conseil Régional de Cuzco, Hugo Gonzáles, a affirmé qu’il ne permettrait plus aux touristes de se rendre sur le site archéologique de Machu Picchu, la plus grande attraction touristique du pays, et ce pendant au moins trois jours.

Le correspondant à la BBC Mundo à Lima, Javier Lizarzaburu, a signalé que dans le centre historique de Cusco, capitale de l’ancien empire inca, la pluie était tombée pendant plus de 18 heures sans interruption.

Le ministre du Commerce Extérieur et du Tourisme, Martín Pérez, a informé qu’un pont aérien (au moyen d’hélicoptères) a été mis en place afin de transporter les personnes de  Machu Picchu ou Cusco jusqu’à des lieux proches et plus épargnés. Leur évacuation  se déroulera progressivement, en donnant priorité aux enfants et aux personnes âgées. Un premier groupe d’une vingtaine de touristes a été transporté lundi par hélicoptère à Ollantaytambo.

Le gouvernement péruvien a mobilisé quatre hélicoptères de la police et de l’armée, et deux appareils privés pour déplacer les touristes, européens, latino-américains et nord-américains. Les vols commerciaux entre Lima et Cuzco ont également été suspendus lundi.

Les pluies torrentielles, qui pendant plusieurs jours ont ravagé le Pérou ont provoqué 40 glissements de terrain, l’un deux a bloqué la voie ferrée qui relie Machu Picchu à la ville de Cusco. La voie qui relie les ruines incas à la ville de Cusco demeure inaccessible depuis samedi en raison d’un glissement de terrain, l’un de ceux qui détruisent maison et champs agricoles sur son passage.

Dan Collyns, un autre journaliste de la BBC Mundo, a ajouté que deux personnes étaient décédées, parmi lesquelles un bébé, après qu’une coulée de boue ait enseveli la maison où résidait la famille.

Il semblerait qu’un touriste argentine, âgée de 23 ans, soit morte écrasée lundi au lever du jour dans un campement ravagé par un glissement de terrain qui a également blessé trois autres Argentins, selon l’Institut national de la Culture de Cusco (sud-est).

Le gouvernement régional de Cusco a indiqué qu’après les dommages subis par la ville de Cusco, 40 % de la population se trouvent à l’heure actuelle sans accès à l’eau potable.

Selon les autorités locales des pluies d’une telle force et d’une telle intensité n’avaient pas été enregistrées depuis 15 ans.

Des centaines d’hectares de cultures, majoritairement du maïs, ont été détruits avec la crue des rivières.

L’on sait que plus de 2000 touristes se trouvent pris au piège dans la ville de Cusco ainsi qu’un nombre important dans le sanctuaire de Machu Picchu dont l’accès à pied ou par voie ferroviaire est devenu impossible.

Selon le Service National de Météorologie et d’Hydrologie, les pluies devraient se poursuivre avec la même intensité au moins jusqu’en milieu de semaine et devraient toucher plus précisément 25 départements.

Au-delà du drame humain qui touche plus particulièrement les familles les plus pauvres du département, l’autre point vulnérable concerne l’architecture historique et les majestueuses ruines préhispaniques qui ont fait de ce lieu la capitale archéologique de l’Amérique.

Tout comme le rappelle l’envoyé spéciale, Javier Lizarzaburu de la BBC Mundo, il y a seulement deux  jours une chute de pierres s’est produite à l’immense forteresse inca de Sacsayhuamán, ce qui a mis en alerte les autorités culturelles du pays.