Une vague de froid polaire s’est abattue ces derniers jours sur le Cono Sur en Amérique du Sud causant la mort d’au moins 80 individus en Argentine, Uruguay, Paraguay, Bolivie, Chili et Pérou.

Les pluies, les vents et les violentes chutes de neige qui ont touché la Bolivie en fin de semaine, pays où l’hiver est habituellement sec, ont affecté toute la zone Interandine avec des températures allant jusqu’à -14 degrés mais aussi, plus surprenant, les zones chaudes de Santa Cruz (la zone enregistre actuellement une moyenne de 4 degrés) et le Chaco, l’une des zones les plus chaudes de Bolivie. Ce froid a causé la mort de 18 personnes, la moitié d’entre elles, résidait à El Alto, non loin de la capitale La Paz.

« Face au rapport des organismes spécialisés qui alerte sur la persistance et l’intensité du froid en Bolivie, les autorités ont pris la décision de suspendre les cours du 19 au 21 juillet inclus afin de ne pas exposer les élèves (ou étudiants) à des risques sanitaires inutiles » a déclaré le ministre de l’Éducation, Roberto Aguilar.

En Argentine, pays sévèrement touché par la vague de froid, la population connaît des températures négatives et des chutes de neige intenses. Ces températures glaciales et surtout soudaines ont causé la mort d’au moins 11 individus, décédés, pour la plupart, des suites d’une hypothermie selon des déclarations non officielles, émises par l’association humanitaire, Réseau Solidaire, qui se charge de porter assistance aux plus démunis et plus particulièrement aux sans-abri, pendant cet épisode météorologique extrême. Le service météorologique National d’Argentine a informé que« la vague d’air froid d’origine polaire continuerait à affecter le pays avec de fortes gelées et des températures minimales de – 14 degrés au cœur de la Patagonie et dans la région centrale ainsi que des températures comprises entre 0 et 3 degrés dans le nord de l’Argentine. »

De plus, dans le nord-ouest du pays « on a enregistré de fortes précipitations de neige ou de neige fondante ». Selon les derniers pronostics, la vague de froid devrait perdurer au moins jusqu’à dimanche en Patagonie alors que le reste du pays devrait voir une amélioration progressive à partir de lundi.

Dans la ville d’Asunción, au Paraguay, les autorités ont informé que la baisse des températures de ces dernières semaines a causé la mort de neuf personnes, deux sont décédées après avoir été  intoxiquées au dioxyde carbone (chauffage défectueux ou de fortune) et sept autres ont péri par hypothermie. Dans ce pays d’élevage bovin, 600 vaches ont succombé au froid, un fait qui pourrait s’avérer inquiétant, lorsque l’on sait que l’économie paraguayenne est basée sur le secteur agricole et que l’exportation de viande arrive en seconde position après celle du soja.

Au Brésil, au moins neuf personnes, la plupart des indigents, sont décédées, dans le sud du pays, à la suite de cette vague de froid qui a réduit à des niveaux particulièrement bas les températures de certaines villes en zone tropicales d’Amazonie.

Les thermomètres ont enregistré la semaine passée – 7 à – 8 degrés la zone d’Urupema, dans l’État de Santa Catarina qui se situe à la frontière avec l’Argentine, où l’on a enregistré la température la plus basse de l’année au Brésil.

Au Chili, la vague de froid a fait deux morts à Santiago, où les températures sont descendues en dessous de zéro, alors que le sud du pays connaît aussi une situation délicate puisque des centaines de personnes sont totalement isolées en raison des violentes chutes de neige. Dans la région d’Aysen, à 1600 km de la capitale, les températures minimales enregistrées ont fluctué entre -10 et -15 degrés, des populations restent isolées et des milliers de têtes de bétail bovin et ovin sont en danger en raison du manque de fourrage.

Cet hiver rigoureux a coûté la vie à deux sans-abri en Uruguay, où samedi matin on a relevé -5,6 degrés. La température la plus basse remontait en 1993 avec -8 °c pour un mois d’août.

La situation la plus tragique reste au Pérou puisque 42 enfants sont morts ces derniers jours dans l’altiplano andin, dans le département de Puno, au sud du pays, où les températures sont descendues jusqu’à -23°c. C’est le ministère de la Santé qui a informé la population de ces tristes chiffres. Ces dernières semaines, 104 personnes sont mortes des suites de pneumonies ou d’infections respiratoires dans ces régions isolées qui manquent cruellement d’assistance médicale. Des médecins de San Antonio de Putin, zone située à plus de 4500 mètres d’altitude dans le département de Puno, ont confirmé que la plupart des victimes étaient âgées de moins de 12 ans et souffraient de pathologies respiratoires sévères. Le district de Masocruz est le plus touché avec des températures qui oscillent entre -23 et -25°c, des chiffres émis par des sources qui réclament l’évacuation des centaines de paysans qui évoluent dans la zone.

Paradoxalement, de janvier à juin, la température moyenne sur la planète (océans et terres) a été la plus haute jamais enregistrée avec 14,2°c, soit 0,068°c de plus qu’au XXème siècle selon la NOOA (Agence Océanique et Atmosphérique des Etats-Unis).

Les météorologues ont appelé hier à la plus grande vigilance les gouvernements d’Amérique Centrale afin qu’ils se préparent aux pluies, ouragans et tempêtes tropicales qui devraient sévir dans les trois prochains mois.