Le Conseil National de Population du Mexique a informé que la population mexicaine comprenait environ 14,2 millions d’indigènes (soit approximativement 10 % de la population totale) et que seulement 28.3 % de cette population oscillant entre 15 et 24 ans suivait une formation en milieu scolaire, tandis que 23.4 % de la population de cette même catégorie d’âge se trouvait sur le marché du travail (en particulier les individus de sexe masculin), selon des estimations officielles.

La population indigène est principalement représentée dans les États de Oaxaca, Chiapas, Veracruz, Yucatán, État de México, Puebla, Hidalgo et Guerrero, parmi ces États, figurent les municipalités avec les taux les plus bas concernant le niveau d’éducation, l’accès à la santé ou encore le revenu net par famille (plus particulièrement au sein des États du Chiapas, Oaxaca et Guerrero).

Dans un communiqué diffusé dans le cadre de La Journée Mondiale des Indigènes célébrée le 9 août (décrétée en 1994 par les Nations-Unis) le Conapo a révélé que 4.3 % des jeunes indigènes ne bénéficient d’aucune formation scolaire, 11.7 % ont suivi une scolarité partielle à l’école primaire, 21.3 % une scolarité totale à l’école primaire et 62.6 % ont un niveau équivalent à la fin de collège (une fin de scolarité évaluée vers 14-15 ans). A titre de comparaison, le taux d’analphabétisme parmi la population non indigène, atteint les 8.3 %, tandis que, parmi la population indigène ce taux monte à 25.5 %, selon des chiffres émis en 2005 par la Comisión Nacional para el Desarrollo de los Pueblos Indígenas.

Sur les bases de l’Enquête Nationale de la Dynamique démographique 2009 (Enadid), il apparaît que, même si 91.8 % de la population indigène âgée de moins de 15 ans est scolarisée, seulement 28.3 % des 15-24 ans poursuivent leurs études au-delà du collège. Les chiffres montrent également qu’il y a de fortes disparités entre les catégories d’âges mais aussi les sexes, et enfin ils révèlent que durant ces dernières années, près des 2/3 de la population indigène atteignent un niveau de scolarité équivalent à la fin de collège ou plus.

Concernant les pratiques sexuelles des femmes indigènes en âge de procréer (tranche d’âge située entre 15 et 49 ans), les chiffres de la Enadid 2009 montrent que 85.1 % des femmes indigènes connaissent au moins un moyen de contraception, comme la pilule contraceptive, les préservatifs, la stérilisation chirurgicale ou les injections contraceptives. Toutefois, bien que plus de 80 % de la population féminine ait connaissance des moyens contraceptifs existants, le taux de femmes indigènes en âge de procréer, qui de fait se trouvent en couple ou en concubinage et qui utilisent régulièrement un moyen de contraception, est de seulement 58.3 % en 2009.

Lors de la Journée des Peuples indigènes, l’archevêque du Chiapas, Rogelio Cabrera López, a déclaré que l’État, fortement marqué par la richesse de ses communautés autochtones, doit poursuivre ses efforts afin de parvenir au développement total des peuples indigènes, le groupe ethnique qui, en raison de ses conditions de vie, s’avère à travers les siècles comme le plus vénérable.

Dans cette optique, il faut renforcer les services d’éducation, de santé, d’alimentation, d’accès à la justice et améliorer leurs conditions de vie sociale et communautaire, ainsi que les moyens de productions agricoles leur permettant de cultiver les aliments destinés à leur propre consommation. La situation économique, sociale et culturelle des peuples indigènes doit être améliorée dans le respect des caractéristiques distinctives des communautés et de leurs propres initiatives.

Ban Ki-moon, secrétaire à l’ONU, considère que les peuples indigènes sont encore victimes de racisme, de pauvreté disproportionnée et d’une santé précaire. Dans de nombreuses sociétés, « leur langue, leur religion et leur culture sont stigmatisées et rejetées ».  « Il existe encore une énorme brèche entre la Déclaration et la réalité sur le terrain » et les indigènes continuent de subir les ravages de la marginalisation, a souligné Navi Pillay, haut mandataire à l’ONU chargé des Droits de l’Homme.

75.7 % de la population indigène du Mexique vit dans un état de pauvreté multidimensionnel, selon le Conseil National à la Politique de Développent Social (Coneval).

De plus, 2 700 000 indigènes, soit 39 % de la population, se trouvent dans un état de pauvreté multidimensionnelle extrême, en accord avec un communiqué de l’organisme.

Le Coneval considère comme habitants se trouvant dans une situation de pauvreté multidimensionnelle, les individus qui présentent au moins une carence sociale et qui n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins les plus évidents. Dans la catégorie « pauvreté extrême » on retrouve les individus qui n’ont pas les moyens de se nourrir.

Selon des chiffres du Coneval, les individus se trouvant dans une pauvreté multidimensionnelle manquent en moyenne de 3.7 nécessités sociales. Près de la moitié, soit 49.9 %, n’ont pas accès à l’éducation, 52.2 % n’ont pas accès aux services de santé, tandis que 85.5 % ne bénéficient pas de protection sociale.

50.3 % des indigènes souffrent d’un réel manque de confort au sein de leur foyer, 54 % n’ont pas accès aux services basiques au sein de leur habitation tandis que 42.1 % n’ont pas la possibilité de s’alimenter.

José del Val, directeur du Programme Mexicain Nation Multiculturelle de la UNAM, a assuré que la population indigène du Mexique se trouve dans une situation très délicate, la pire qu’elle ait connu selon lui.

 » En tous lieux, il y a des problèmes, ils ont des problèmes avec les barrages, avec les forêts, avec les mines qu’ils ont au-dessus d’eux, nous arrivons à une situation tragique, ce qui se passe c’est que les peuples indigènes revêtent à chaque fois moins d’importance au sein de la société mexicaine », a-t-il ajouté lors d’une interview.

L’ethnologue accuse les autorités de l’État de ne pas porter leur intérêt vers des négociations éventuelles avec les indigènes du Chiapas afin de mettre fin à la situation marginale dans laquelle ils évoluent.

Pour Del Val, il est urgent de faire valoir les droits indigènes, lesquels, précise-t-il, sont reconnus au niveau international et dans la propre constitution mexicaine, afin que ces communautés puissent participer pleinement à la vie politique de leur pays.

Il remet en question les chiffres que publie le Coneval car il indique que dans le pays, il n’existe pas un véritable recensement des populations indigènes ni un Institut Civil qui garantit la véracité des informations.

« Tous les ans on nous dit qu’un certain nombre d’indigènes n’ont pas accès à l’éducation, on met donc en place des plans d’action pour permettre à tous d’accéder à la scolarité, mais dans les faits il ne se passe rien, rien n’a changé à l’heure actuelle ».