Des colliers, des masques, des parures et plastrons, divers objets en or et en argent, soit environ 253 pièces incas et pré-incas, qui ont, par miracle, échappé au pillage mené par les Conquistadores espagnols au XVIe siècle, seront dévoilés à Paris, à l’occasion d’une exposition qui cherche à révéler les origines et mystères de la fameuse civilisation des Andes.

A partir du 10 septembre 2010, l’exposition, « L’or des Incas. Origines et mystères » ouvre ses portes à la Pinacothèque de Paris, et explore à travers le travail d’orfèvrerie (sur l’or, l’argent,et le cuivre) effectué par cette civilisation, la riche complexité de l’empire inca, un peuple qui a dominé un vaste territoire, allant de l’actuel Équateur jusqu’au Chili, de 1400 à 1553.

Cette extraordinaire collection d’objets précieux provient de divers musées péruviens et de cinq musées européens, et offre ainsi un regard neuf sur cette fascinante civilisation qui s’est éteinte à l’arrivée des conquistadores espagnols au Pérou, dont le plus connu, Francisco Pizarro, a fait assassiné en 1553 le fils du soleil, l’Inca Atahualpa.

« L’exposition démontre que la civilisation inca, l’une des plus brillantes de l’histoire, constitue le point culminant de 3500 années d’histoire », a expliqué la commissaire, Paloma Carcedo de Mufarech, lors d’une interview accordée la veille de l’inauguration de l’exposition dont la mise en place a nécessité deux années de travail.

« Je n’aime pas voir les cultures présentées comme des compartiments étanches. Cette une grande civilisation, la grande civilisation des Andes, qui a culminé sous la domination inca, qui a assimilé plusieurs cultures et qui est le produit de celles-ci » a-t-elle-ajouté.

A travers le fil conducteur du travail des métaux précieux, l’exposition révèle la cosmovision qui unit ces différentes cultures précolombiennes (Mochica, Nazca, Chimú, Sicán, Huari, Vicús), qui se sont établies avant la prise de pouvoir des Incas dans la région de Cuzco (capitale inca qui signifie en langue quechua « nombril »).

« De plus, la civilisation des Andes était une civilisation totalement globalisée » a-t-elle précisé, en indiquant que les membres de ces différentes cultures « voyageaient, bougeaient, et intégraient certaines idées et techniques ».

« Par exemple, nous avons retrouvé une tombe au nord du Pérou où l’on a extrait de l’ambre de Colombie, des émeraudes d’Equateur, et des plumes d’Amazonie. Dans une autre, il y avait un homme entouré de 25 femmes, et les prélèvements ADN ont révélé que 12 d’entre elles étaient équatoriennes et 12 autres originaires de Trujillo (au nord du Pérou)« , a-t-elle affirmé.

Le Figaro hors-série

Carcedo de Mufarech, est espagnole, elle a étudié l’Histoire de l’art en Espagne avant de se spécialiser dans l’étude des civilisations anciennes et de devenir ainsi l’une des plus grandes expertes au monde.
Cette dernière a précisé que l’exposition a été rendue possible grâce aux dernières excavations effectuées ces vingt dernières années au Pérou.

« Tout l’or a été pillé, les objets d’art fondus, il ne restait rien » a souligné l’experte, qui a dirigé l’excavation des tombes, en particulier celle du Seigneur de Sipan, au nord du Pérou.

L’exposition revient sur la façon dont les cultures andines estimaient l’or et les métaux précieux. Par exemple, les incas, qui considéraient l’or comme « la sueur des Dieux » le travaillaient en pièces extraordinaires, à de très rares occasions ils l’utilisaient pour se parer (à la différence d’autres cultures), l’or apparaissait essentiellement dans les lieux sacrés.

Toutefois, pour Carcedo, le plus fascinant est le fait qu’il « existe une continuité » dans les techniques utilisées pour le travail des métaux tout au long du règne des civilisations pré-hispaniques jusqu’à aujourd’hui.

« Je travaille avec les communautés et je constate que les artisans, surtout ceux de l’altiplano, utilisent les mêmes outils que ceux utilisés par les populations anciennes (objets retrouvés dans les tombes) ».

« La technique est exactement la même », s’exclame-t-elle en ajoutant que « les artisans péruviens maintiennent vivace cette grande culture qui n’existe plus ».

Cette exposition est réalisée en association avec Artematica et la Fondazione Brescia Musei.

Par ailleurs, le Figaro (revue française) consacre un numéro hors Série de 116 pages sur l’exposition et l’or des Incas à l’occasion de cette présentation rare et passionnante intitulée « L’or des Incas, origines et mystères » (hors-série du Figaro, 7,90 €).

Informations pratiques :

À la Pinacothèque de Paris, du 10 septembre 2010 au 06 février 2011
28, place de la Madeleine
75008 Paris
Ouverture du musée tous les jours de 10h30 à 18h.
(fermeture des caisses à 17h15).
Samedi 25 décembre 2010 et samedi 1er janvier 2011, ouverture de 14h à 18h. (fermeture des caisses à 17h15).
Les nocturnes
Nocturne tous les mercredis jusqu’à 21h (fermeture de la billetterie à 20h15).

Les tarifs au guichet du musée
Plein tarif : 10 euros
Tarif réduit : 8 euros