Le gouvernement du Pérou a déclaré, mercredi 23 février 2011, l’état d’urgence pour une période de 60 jours dans les provinces andines de Huamanga, Huanta et Vilcashuamán, situées dans la région de Ayacucho (sud-est du pays, à environ 330 km de la capitale Lima), en raison des pluies torrentielles qui frappent la zone depuis plusieurs semaines, a informé le chef de l’Institut National de Défense Civile, Luis Palomino.

« Cette décision répond à la sollicitation du Gouvernement régional parce qu’il y a eu de sérieux dommages en janvier et en février en raison des pluies diluviennes, parmi lesquels des routes détruites, des foyers partiellement ou totalement ravagés, mais aussi des surfaces cultivables dévastées » a déclaré Palomino à l’agence d’informations péruvienne ANDINA.

Les intenses précipitations ont fait 3 610 sinistrés et 10 000 personnes « touchées » de près par les conséquences de ces fortes précipitations, à cela s’ajoutent les dégâts enregistrés dans les secteurs économiques, parmi lesquels le secteur agricole avec 11 227 hectares de culture partiellement détruits et 50 hectares totalement rasés.

Ayacucho

Concernant les infrastructures, les inondations ont ravagé 240 km de routes et ont affecté partiellement 236 autres kilomètres, 15 ponts ont été totalement détruits et 4 autres ont subi de sérieux dommages.

Dans ce contexte, Palomino a ajouté que la mise en place de l’état d’urgence pourrait s’étendre à d’autres régions. De façon concrète les régions de Puno et Apurímac pourraient rejoindre la liste, les autorités de l’Apurímac ont demandé que la région soit placée en état d’urgence afin de faciliter l’aide aux sinistrés.
« Nous sommes en train de coordonner des opérations afin d’estimer les dégâts et évaluer les besoins de la population » a-t-il indiqué tout en soulignant qu’il n’était pas nécessaire de déclarer l’état d’urgence à Puno.

Les pluies intenses qui s’abattent sur la région de Puno ont, cependant, détruit au moins 200 hectares de terres cultivables selon des chiffres communiqués par le secrétaire technique régional de Défense Civile, Percy Quispe Quispe.
Le fonctionnaire a précisé que la zone la plus touchée est celle de Cabana. Dans cette zone, les paysans ont quasiment perdu l’intégralité de la récolte de quinoa.

Toutefois, le gouvernement régional de Puno a déclaré, jeudi 24 février, une situation d’urgence, ce sont en effet 600 foyers qui ont été détruits, des centaines de personnes sinistrées, et des dizaines de routes coupées ainsi que des ponts détruits qui sont à déplorer dans la région.

L’annonce de l’état d’urgence au Pérou est survenue une journée après que le voisin bolivien ait lui aussi déclaré la situation d’urgence en raison des précipitations intenses qui ont laissé des dizaines de morts et des milliers de sinistrés.

En Bolivie, le département du Beni (nord-ouest du pays) est sévèrement touché par les inondations, les municipalités de Rurrenabaque, San Borja et Santa Rosa ont été placées en alerte maximum en raison des crues des fleuves qui menacent les habitations et les cultures agricoles, a déclaré le responsable du Comité Départemental d’Urgences, Carlos Dellien.

« Les fleuves Beni, Ibare et Mamoré ont débordé au-delà des limites, en raison des fortes précipitations, ce malgré les efforts des équipes d’urgence », a relayé l’Agence Bolivienne d’Informations (ABI).

« Le gouvernement national a émis le décret suprême dans les situations d’urgence, l’état d’alerte est appliqué à différents niveaux » a annoncé mardi 22 février, le ministre bolivien de la Défense, Rubén Saavedra, lors d’une conférence de presse accordée au Palais du Gouvernement.

Dans la province de Ballivián (Beni), l’un des huit départements qui intègrent le département du nord du pays, les autorités locales réclament l’intervention urgente des équipes d’intervention de la Défense civile afin d’évacuer les personnes qui vivent dans des zones à haut risque. Les médias locaux ont signalé qu’une coulée de boue avait entraîné 4 personnes qui, par miracle, ont pu être sauvées de ce torrent d’eau par des habitants venus leur porter secours.

Trois avions Hercules doivent arriver dans la région de Chapare (tropique de Cochabamba), l’une des zones les plus affectées par les précipitations et inondations, avec un chargement de 20 tonnes d’aide comprenant de la nourriture et de l’eau potable.

Le responsable du Comité Départemental d’Urgence Carlos Dellien, a indiqué que les pluies tombaient de façon incessante d’où le risque accru d’inondations dans le département amazonien.

Cochabamba

Le ministre de la Défense a informé que plus de 6 900 familles sur le territoire national se retrouvent sans toits en raison des conséquences désastreuses du phénomène météorologique, La Niña. Selon les services météorologiques boliviens, ce phénomène a débuté en juin 2010 et devrait se poursuivre jusqu’en mars.

La Niña a apporté des pluies intenses dans six départements du pays, mais a aussi généré une sécheresse dans les départements de Oruro et Potosí, situés au sud-est du pays.

Les inondations ont fait 50 morts en Bolivie au mois de janvier et de février. Le plus grand drame était survenu au mois de janvier lorsque 34 personnes sont décédées après avoir été emportées par un torrent de boue alors que leur autobus traversait Chuquisaca.

Pérou (vidéo du 24/02/2011)

Bolivie (vidéo du 24/02/2011)