Le Costa Rica avide de développer un tourisme soutenable dans les 5 prochaines années

Costa Rica, Economie — Par le 22 juillet 2011 à 12 h 28 min

Le Costa Rica, bordé par le Nicaragua au nord, le Panama au sud-est, prévoit une croissance annuelle moyenne de 5 % dans le secteur touristique jusqu’en 2016, le pays, qui couvre une surface de, 51 000 km² devrait accueillir alors environ 2,7 millions de visiteurs étrangers, en accord avec le Plan National de Tourisme Durable présenté le 13 juillet.

Le plan répond aux ambitions des professionnels du tourisme mais aussi à la volonté du gouvernement en place (dont la présidente de la République est Laura Chinchilla Miranda) d’assurer la croissance de ce domaine qui, à l’heure actuelle, représente 7 % du Produit Interne Brut (PIB) de ce pays d’Amérique centrale situé entre l’Océan Pacifique et la mer des Caraïbes. L’année passée, le Costa Rica, paradis verdoyant et luxuriant, a reçu 2,1 millions de touristes, ce qui a permis l’entrée de 2 000 millions de dollars de devises. Le directeur de la Planification et du Développement de l’Institut Costa Rica du Tourisme (ICT), Rodolfo Lizano, a expliqué lors d’une conférence de presse que la nouvelle stratégie se fondait sur une diversification de l’offre au-delà des traditionnels packs qui de focalisent sur la découverte de la nature, des séjours aventures, ou encore le tourisme balnéaire.

Cratère du volcan Irazu

Les nouvelles facettes que souhaite développer le pays dans les prochaines cinq années sont le tourisme rural, le tourisme d’affaires, le tourisme de santé, le tourisme social et enfin la pêche sportive. Le pays qui maintient sa marque sous le slogan « Costa Rica : Sans ingrédients artificiels » espère attirer des touristes cultivés et aux forts revenus provenant en majorité de l’Amérique du Nord, en particulier des États-Unis. Selon le plan, actuellement les touristes qui arrivent au Costa Rica sont à 74 % en vacances, voyagent en couple pour 30,4 % d’entre eux, tandis que 37,7 % voyagent seuls. La durée moyenne d’un séjour est de 12,5 nuits et les dépenses moyennes avoisinent les 1205 $ étant données que les touristes visitent au moins trois zones distinctes du pays. Les principales activités auxquelles s’adonnent les touristes au Costa Rica sont le farniente à la plage (77%), l’observation de la faune et la flore (52 %), la randonnée (45 %), le shopping (37 %), l’observation ornithologique, l’accrobranche (32 %), le thermalisme (26 %), les treks en milieu volcanique (25 %), enfin la plongée sous-marine (16 %).

Dans la Cordillère centrale, il y a une multitude de volcans actifs et éteints parmi lesquels Le Rincón de la Vieja (1916 m) qui offre de nombreuses mares de boues sur ses flancs, le Tenorio (1916m), le Miravalles. Les trois volcans qui reçoivent le plus de visiteurs sont le Volcan Poás (2704 m), dont le cratère principal, occupé par un lac d’acide, est le plus large du monde (1320 m de diamètre), l‘Irazú (3432 m) au lac d’acide vert, et l‘Arenal (1633 m), actif depuis 1968, près duquel sont construits de nombreux hôtels et thermes.

Lizano a indiqué que l’objectif était d’attirer des familles, afin qu’elles puissent profiter d’une expérience complète qui inclut davantage d’éléments de la culture du Costa Rica, mais aussi des malades dans le cadre du tourisme de santé ainsi que des chefs d’entreprise et hommes d’affaires permettant de développer le tourisme d’affaires. Les autorités espèrent avec ce nouveau plan que le Costa Rica puisse se maintenir comme le leader touristique de l’Amérique centrale, pour ce faire le pays devra développer sa capacité hôtelière d’environ 10%, améliorer ses infrastructures routières et maritimes et mettre sur pied un centre de convention pour l’année 2014. Actuellement, le pays compte sur 43 362 chambres (49 % d’entre elles bénéficient de la charte ICT, qui assure des normes de qualité internationales et nationales) réparties sur 2461 hôtels, une moyenne de 17 chambres par hôtel.

Plage Uvita

Les autorités espèrent également que le nombre d’entreprises bénéficiant du label (CST) ou Certification pour le Tourisme Durable atteigne le nombre de 500, sachant qu’en 2010, 183 entreprises bénéficiaient de ce gage de qualité.

« Le but fondamental du CST est de convertir le concept de soutenabilité durable en quelque chose de réel, pratique et nécessaire dans le contexte de la compétitivité touristique du pays, ceci dans le but d’améliorer la manière selon laquelle les ressources naturelles et sociales sont utilisées, de motiver la participation active des communautés locales et d’apporter un soutien nouveau en ce qui concerne la concurrence dans le secteur des entreprises ».

« Le développement de ce plan définit les actions nécessaires pour s’assurer que l’évolution future de l’activité touristique soit en accord avec notre marque touristique et contribue aux objectifs de développement humain que le pays a établi et qu’il nous guide pour affronter de façon effective des défis futurs, qui doivent garantir en toutes circonstances l’écotourisme » a déclaré dans un communiqué le ministre du tourisme, Allan Flores.

La directrice de la commercialisation de ICT, María Amalia Revelo, a indiqué que le modèle de développement touristique qui va être adoptée continue de tourner autour d’éléments historiques comme la valorisation du patrimoine naturel et culturel du pays.

En 2010, le Costa Rica avait investi 14 millions de dollars dans une campagne publicitaire ‘agressive’ menée aux États-Unis et au Canada, principaux pays émetteurs de touristes. Les États-Unis apportent environ 34 % de visiteurs et le Canada 25 % ». Le Costa Rica a reçu 1,9 million de visiteurs en 2007, 2 millions en 2008, et 2,1 millions en 2009.

« L’unique source de richesse basée sur l’économie est la nature » a affirmé l’expert en tourisme alternatif Osvaldo Durán Castro, lors de sa participation au forum « Costa Rica, investissement et tourisme » organisé par l’Icapet est dirigé par des prestataires de services touristiques et les fonctionnaires municipaux de la capitale.

Le Costa Rica bénéficie d’une flore et d’une faune exceptionnelles, puisqu’environ 5 % de la biodiversité mondiale s’y trouve (pour un pays qui ne représente que 0,03 % des surfaces émergées). Sur plus de 25 % du territoire d’étendent des parcs nationaux et des réserves. Le pays ne possède pas moins de trois sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial Naturel de l’Unesco, le Parc national de l’île Cocos (depuis 1997), les Réserves de la cordillère de Talamanca-La Amistad / Parc national La Amistad (depuis 1983), la Zone de conservation de Guanacaste (depuis 1999).

Vendeurs de la capitale San Jose

Le Costa Rica se classe parmi les 14 nations à avoir placé plus de 23 % de leur territoire sous protection (25,6 % de parc nationaux ou réserves écologiques), le territoire est divisé en 20 parcs naturels, 8 réserves biologiques et une série de zones protégées. Ce pays a presque réussi à stopper la déforestation (75 % du territoire était recouvert de forêt en 1950, 25 % de nos jours) bien qu’il existe encore parfois des actions de déforestation illégales sévissant de manière épisodique au cours de l’année, qui ont lieu au sein même de réserves naturelles protégées.

Le Comité a inscrit le Parc national de l’Ile Cocos situé à 550 km au large de la côte pacifique du Costa Rica, au titre des critères naturels car il fournit un habitat d’importance critique pour la faune marine, y compris de grandes espèces pélagiques, en particulier les requins.

Dans cet endroit singulier de l’Amérique centrale que sont les Réserves de la cordillère de Talamanca-La Amistad / Parc national La Amistad, les glaciations du quaternaire ont laissé leur empreinte, une situation géographique unique qui a favorisé des échanges génétiques entre la faune et la flore de l’Amérique du Nord et celles de l’Amérique du Sud. Des forêts tropicales s’étendent sur la plus grande partie du site. Quatre tribus indiennes différentes évoluent sur ce site, qui jouit d’une étroite coopération entre le Costa Rica et le Panamá.

La Zone de conservation de Guanacaste, inscrite en 1999, a été étendue pour préserver une aire de 15 000 ha, Sta Elena qui appartenait à un particulier. La zone inclut des habitats naturels considérables pour la conservation de la diversité biologique, notamment les meilleurs habitats de forêt sèche de la zone allant de l’Amérique centrale au nord du Mexique, ainsi que des habitats primordiaux pour des espèces animales et végétales rares ou menacées. Sur ce site se déroulent des processus écologiques importants tant dans les milieux terrestres que côtiers ou marins.

(Article rédigé par Aline Timbert)

Interview du ministre du tourisme du Costa Rica, Allan Flores Moya :


    1 commentaire

Laisser un commentaire

Rétroliens

Laisser un rétrolien