Bonne nouvelle, la pauvreté continue de diminuer en Amérique latine, il s’agit même du taux le plus bas depuis trente ans, même si la baisse enregistrée est moins significative cette année (entre 1990 et 2010, le pourcentage de pauvreté en Amérique latine a été réduit de 17 points). C’est le point positif que révèle le rapport de la CEPAL ou Commission économique pour l’Amérique latine et la zone caraïbe pour l’année 2012, une étude complète intitulée « Panorama social de l’Amérique latine 2012 » qui a été dévoilée, fin novembre, à Santiago du Chili. Créée en 1948 et placée sous le contrôle du Conseil économique et social des Nations unies, dont elle constitue l’une des cinq commissions régionales, la Commission économique pour l’Amérique latine (C.E.P.A.L.) a son siège à Santiago du Chili. Elle publie l’Annuaire statistique de l’Amérique latine et des Caraïbes.

Selon cette étude 2012, 168 millions de Latino-Américains se trouvaient en dessous du seuil de pauvreté en 2011 contre 176 en 2010 (le seuil de pauvreté est un niveau de revenus au-dessous duquel un ménage est considéré comme pauvre), c’est-à-dire 29,4 % de la population de la région. Cette année une baisse de 1,6 % a été enregistrée par rapport à l’année 2010. Les projections pour l’année 2012 font mention d’1 million de pauvres en moins par rapport à l’année 2011, cela signifie que 66 millions d’individus vivent encore à l’heure actuelle dans une situation d’extrême pauvreté, « les taux actuels de pauvreté et d’indigence sont les plus bas observés depuis 30 ans, ce qui constitue une bonne nouvelle pour la région, mais nous sommes encore confrontés à des niveaux inacceptables dans de nombreux pays », a déclaré la secrétaire exécutive de la CEPAL, Alicia Bárcena. Elle a poursuivi «  le défi est de générer des emplois de qualité dans le cadre d’un modèle de développement orienté vers l’égalité et la protection de l’environnement ». http://www.cepal.org/prensa/noticias/comunicados/8/48458/grafico-evolucion-pobreza-indigencia-es.pdf

Les pays qui ont été capables d’éradiquer de façon notable la pauvreté de leur territoire sont l’Argentine (34,9 % de la population en 2005 contre 5,7 % en 2011), la Colombie (49,7 en 2002 contre 34,2 en 2011), l’Équateur ( son taux de pauvreté en 2009, était estimé à 42 % en zone urbaine, tandis qu’en 2010 il a chuté à 37,1 % toujours en zone urbaine) , le Paraguay, le Pérou (54,7 en 2001 contre 27,8 en 2011), l’Uruguay et le Panama. Les principales raisons de cette baisse du taux de pauvreté dans la région sont, une inflation modérée, la hausse des salaires et davantage d’offres de travail. Les femmes et les enfants sont malgré tout particulièrement vulnérables, et plus sévèrement touchés par la pauvreté, les mineurs (individus âgés de moins de 17 ans) représentent 51 % de ceux qui vivent dans des conditions de pauvreté extrême.

Le rapport souligne que ces 10 dernières années, l’emploi génère moins d’inégalités au niveau des salaires, même si le problème reste vivace, en effet des statistiques récentes prouvent qu’en moyenne 10 % de la population la plus riche d’Amérique latine reçoit 32 % des revenus totaux, tandis que 40 % de la population la plus pauvre perçoit seulement 15 % des revenus. Les évolutions au niveau du taux de pauvreté montrent des situations disparates, sur les 12 pays qui bénéficient d’informations récentes sur ce point on constate une baisse plus ou moins significative,  pour le Paraguay (-5,2 points), l’Équateur (-3,7 points), le Pérou (-3,5 points), la Colombie (-3,1 points), l’Argentine (-2,9 points) et le Brésil (-2 points par année entre 2009 et 2011) ou encore l’Uruguay (-1,9 point).

Durant l’année 2011, le PIB de l’Amérique latine a augmenté de 4,3 % ce qui suppose une augmentation de 3,2 % du produit par habitant.

Le taux de chômage moyen est passé de 7,3 % à 6,7 % par rapport à l’année 2010, cette tendance à la baisse a été amorcée depuis l’année 2002, à l’exception de l’année 2009 (contexte de crise mondiale), les chiffres enregistrés sont les plus bas depuis le milieu des années 90, et presque tous les pays d’Amérique latine présentent des taux de chômage inférieurs à 8 %. Le calcul du taux de pauvreté qui se base sur les enquêtes au sein des foyers indique que 29,4 % de la population d’Amérique latine vit dans la pauvreté dont 11,5 % dans une situation d’extrême pauvreté ou indigence (contre 12,3 % en 2010). En 2012 l’Amérique latine et la zone caraïbe ont continué de se développer et, à ce titre, la région devrait atteindre une croissance annuelle d’environ 3,2 %, un taux 1,1 % inférieur à celui de 2011.

Parmi les pays qui comptent le plus fort pourcentage de pauvres en 2011, arrive en tête le Paraguay avec 49,6 %, puis la République Dominicaine avec 42,2 %, et enfin la Colombie avec 34,2 %, le niveau d’indigence y est aussi le plus élevé (10,7 % en Colombie, 20, 3 % en République Dominicaine et 28 % au Paraguay). Autre pays frappé de plein fouet par la pauvreté, la Bolivie en Amérique du Sud avec un pourcentage de de 42,4 estimé en 2010, cependant les chiffres de 2011 n’ayant pas été dévoilés, sa progression ou diminution n’a pu être évaluée, de même que de nombreux pays d’Amérique centrale où la misère est omniprésente (Salvador, Honduras, Nicaragua, Panama) ou encore le Mexique qui, en 2010, enregistrait un taux de pauvreté de 36,3 %. A titre d’exemple, en 2010 le Honduras détenait un taux de pauvreté de 67,4 %,  un chiffre record sur les 18 pays soumis à l’étude de la CEPAL.

Ce sont en fait 49 millions d’individus qui sont victimes de la faim en l’Amérique latine. Dans une étude de 2012 sur le panorama de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (la FAO) précise que, durant ces 20 dernières années, 19 millions de personnes sont parvenues à se sortir de cette précarité. Selon cet organisme, l’éradication de la faim doit être la principale priorité régionale, il s’agit d’une condition sine qua non pour le développement et le bien-être des populations.

8,3 % de la population latino-américaine et caribéenne ne consomment par quotidiennement le nombre de calories nécessaires pour être en bonne santé. Toutefois, la situation s’est améliorée ces dernières années. Neuf pays présentent un taux de prévalence de la faim inférieur à 5 %, c’est le cas de Cuba, du Venezuela, de l’Argentine, du Mexique, de l’Uruguay et du Chili. Dans 16 autres nations de la zone concernée, le taux est supérieur à 10 %, parmi les pays les plus affectés par les problèmes de sous-alimentation on peut mentionner Haïti (un taux de prévalence de 44,5 %), le Guatemala (30,4 %) et le Paraguay (25,5 %). A titre d’information, la gravité de la faim, ou déficit alimentaire, est égale à la différence entre la quantité moyenne d’énergie alimentaire que les personnes sous-alimentées obtiennent de leurs repas et la quantité minimale d’énergie dont elles ont besoin pour préserver leur masse corporelle et avoir une activité légère.

La FAO (Food and Agriculture Organization) estime le nombre de personnes sous-alimentées à 868 millions à travers le monde, dont 49 millions résident en Amérique latine et dans la zone Caraïbe.