La plus grande vigilance est de mise au Nicaragua depuis qu’un séisme de 6,4 sur l’échelle ouverte de Richter a secoué hier le littoral pacifique de ce pays d’Amérique centrale. Plusieurs répliques d’une intensité estimée à environ 4 sur l’échelle de Richter ont suivi ce tremblement de terre suscitant un vent de panique parmi les habitants concernés par les secousses.

Une autre crainte a émergé depuis, en effet les scientifiques redoutent que ces mouvements telluriques à répétition favorisent un regain d’activité de quatre volcans situés sur la zone de turbulences. Les autorités sont sur le qui-vive devant la possibilité de voir entrer en éruption l’un des volcans situés sur cette frange particulièrement active, à savoir le Telica, le San Cristóbal, le Cerro Negro et le Momotombo, tous localisés dans les départements de León et Chinandega.

Volcan San Cristobal
Volcan San Cristobal

L’état d’alerte a été déclenché dans ces deux départements les plus vulnérables, la population se doit de rester vigilante au cas où les autorités décideraient de mettre en place un plan d’évacuation. Guillermo González, directeur du Système national de prévention et de gestion des risques, Sinapred, a informé lors d’une conférence de presse que tous les moyens étaient mis en place pour éventuellement évacuer les familles qui résident aux alentours des volcans actifs. Rien que dans le secteur du volcan San Cristóbal, 19 communautés sont directement menacées soit plus de 2 600 familles, ce qui représente un total de 12 000 personnes. Dans la municipalité de Chichigalpa, ce sont un peu plus de 650 familles qui pourraient être affectées directement par l’éruption volcanique, des centres d’hébergement provisoires se tiennent prêts à accueillir les éventuels exilés. Dans le département de León, ce sont près de 1000 personnes qui pourraient être évacuées dans les zones proches du volcan Telica, dans le secteur du volcan Momotombo un possible processus éruptif impliquerait l’évacuation de plus de 700 personnes tandis que le Cerro Negro menace huit communautés rurales .

Des accès routiers ont en fait déjà été prévus pour favoriser un éventuel déplacement d’urgence des habitants qui pourraient être impactés, par ailleurs l’organisation dans les centres de secours se met en place « comme mesure vitale, des aliments ont été préparés, des matelas et des couvertures sont également à disposition si jamais les habitants devaient quitter leurs foyers », a indiqué Guillermo González.

nicaragua03032014-2Pour le moment l’activité sismique n’a causé aucun dommage matériel ni même victime, l’épicentre du premier séisme a été enregistré à 09 h 37 GMT en haute mer à 41 km au sud-ouest de la zone balnéaire de Boca del Padre Ramos, dans la municipalité de El Viejo, province de Chinandega. De fortes secousses ont été ressenties par la population, les réveillant en pleine nuit, de nombreux Nicaraguayens vivent sur la zone littorale du Pacifique, ils ont très vite partagé leurs premières impressions avec les médias, mais aussi sur les réseaux sociaux.

La porte-parole du gouvernement, Rosario Murillo, a déclaré dimanche matin : « nous nous sommes réveillés avec un tremblement de terre de 6,4 sur l’échelle de Richter, mais grâce à Dieu rien de grave ne s’est passé (…) en dehors de l’état ​​de choc, seulement quelques fissures dans certaines maisons à Puerto Morazan (Potosí) à Chinandega ».

Elle a également rappelé les consignes de prudence émises par les sismologues « les experts doivent surveiller ces volcans, car ils sont presque toujours activés lorsqu’il y a un tremblement de terre ».

Managua-Tremblement de terre de 1972
Managua-Tremblement de terre de 1972

Ce tremblement de terre est par ailleurs attribué au mouvement des plaques tectoniques de Cocos et des Caraïbes, il a également été ressenti dans les pays voisins du Nicaragua, c’est-à-dire au Honduras et au Salvador.

En 1931, la ville de Managua avait été totalement détruite par un tremblement de terre, tandis qu’en 1972 un puissant séisme avait fait 10 000 morts, des centaines de blessés et des dégâts considérables. L’heure est donc à la prudence dans cette région qui épie le moindre tremblement, d’autant que cette forte activité menace de réveiller des volcans situés sur l’arc volcanique d’Amérique centrale (qui constitue lui-même un maillon de la ceinture de feu du Pacifique).

Au début du mois de février, le volcan le plus haut du Nicaragua, situé sur un 1745 m au-dessus du niveau de la mer sur le cordon du Pacifique, le volcan San Cristóbal, avait déjà enregistré de petites explosions accompagnées d’émanations de gaz sans causer  fort heureusement de dommages matériels ni de victimes.

(Aline Timbert)