Le Honduras détient un record bien inquiétant, en effet ce pays d’Amérique centrale enregistre l’indice le plus élevé d’homicides, c’est ce que révèle le dernier rapport du bureau de l’ONU contre les drogues et les délits (l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime) récemment publié. Avec des chiffres très hauts, l’Amérique a supplanté l’Afrique comme continent enregistrant le plus grand nombre d’homicides pour 100 000 personnes en temps de paix. Une situation qui devient extrêmement préoccupante d’autant qu’elle se dégrade au fil des ans.

honduras22042014-2Le Honduras est victime de gangs ultra violents nommés « maras », du crime organisé et d’un trafic de drogue qui gangrène la société, les cartels mexicains réputés pour leur extrême violence officient au Honduras. Cet Etat enregistre un indice de 90,4 homicides pour 100 000 habitants, des chiffres élevés qui concernent l’année 2012. Le Venezuela arrive en deuxième position avec un taux de 53,7 pour 100 000 habitants pour l’année 2012.

L’Amérique centrale est particulièrement touchée par ce phénomène exacerbé de violence, le Belize possède un taux de 44,7 tandis que le Salvador enregistre 41,2 assassinats pour 100 000 personnes, le Honduras était déjà en tête en 2011, suivi du Salvador et du Venezuela. Ce pays d’Amérique du Sud voit la criminalité galoper sur son territoire, un triste constat qui est, en partie, à l’origine des importants mouvements contestataires qui frappent le pays depuis plusieurs mois.

L’Amérique dépasse l’Afrique comme région où l’on répertorie le plus d’assassinats, la raison principale de ce fléau est l’augmentation du crime organisé financé par les mafias de la drogue, 40 % des 437 000 assassinats commis dans le monde en 2012 ont lieu en Amérique, la plupart d’entre eux en Amérique centrale et en Amérique du Sud.

honduras22042014-3Les homicides liés au crime organisé représentent à eux seuls 30 % du nombre total que l’Amérique enregistre. Au niveau mondial, le taux moyen d’homicides et de 6,2 pour 100 000 habitants, mais en Afrique et en Amérique centrale ce chiffre est en moyenne quatre fois plus élevé.

Sur le continent africain, l’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo, le Nigéria, et le Rwanda sont les pays les plus dangereux avec des taux respectifs de 31 ; 28,3  ; 20 et 23,1 homicides pour 100 000 habitants.

Au Honduras, sur 280 hommes âgés de 30 et 44 ans, l’un d’eux sera victime d’un homicide, de même que pour 360 hommes âgés de 15 et 29 ans, un individu parmi eux succombera chaque année à des actes de violence.

Pour l’année 2012, sur l’ensemble du continent latino-américain, le pays le plus sûr en matière d’homicides est le Chili avec un taux de 3,1 pour 100 000 habitants, il est suivi de Cuba avec un indice de 4,2, de l’Argentine (chiffres de 2010), de l’Uruguay, du Costa Rica et du Pérou, ce dernier affichant un taux de 9,6. A contrario, les plus dangereux sont donc le Honduras, le Venezuela, le Salvador avec un taux de 41,2 homicides pour 100 000 habitants, le Guatemala avec un indice de 39,9 et de la Colombie avec un indice de 30,8.

Malgré le triste record meurtrier détenu par le Honduras, la criminalité diminue, le pays enregistre une baisse de 20,9 % en janvier 2014 par rapport au mois de janvier 2013, c’est en tout cas les chiffres relevés par les autorités nationales.

Le Honduras a un indice d’homicides s’élevant à 90,4 pour 100 000 habitants (année 2012)

Elle signale que le nombre d’homicides en 2012 était de 7172 tandis qu’en 2013 il était de 6427. Sur les 298 municipalités que compte le pays, 38 concentrent à elles seules 81 % des morts violentes, parmi les lieux les plus risqués, les villes de San Pedro Sula (la deuxième plus grande ville du pays après la capitale Tegucigalpa située dans le Département de Cortés) et le District Central. Selon le secrétariat rattaché à la sécurité, entre le 1er janvier 2014 et le 2 février 2014 le pays a enregistré au total 491 décès causés par des homicides, 130 assassinats de moins que sur la même période en 2013.


(Vidéo de novembre 2013)

Les cartels de la drogue mexicains ont causé de véritables ravages en Amérique centrale en élevant le niveau de violence à des taux jamais atteints. Le Salvador, le Guatemala et le Honduras constituent des bases pour l’approvisionnement en drogues jusqu’aux marchés nord-américains, ces pays comportent de véritables voies d’accès pour les trafiquants qui visent les États-Unis, grand consommateur de stupéfiants.

Le rapport de l’ONU mentionne que 80 % des 437 000 personnes qui ont perdu la vie dans le monde en 2012 sous le coup de la violence (homicide volontaire) étaient des hommes, les auteurs de ces crimes sont également à 95 % des hommes.

Les pays les plus sûrs dans le monde sont, entre autres, le Japon, la Suisse, Singapour, l’Islande, l’expert de l’ONU a également souligné que la pauvreté et les inégalités sociales sont directement liées au niveau de violence. Les homicides liés aux groupes de crime organisé concernent plus de 30 % des morts violentes en Amérique, en comparaison ce taux est seulement de 1 % en Asie, en Europe et en Océanie.

honduras22042014-1Au vu des chiffres annoncés par l’ONU, le gouvernement du Honduras a sollicité  l’UNODC en affirmant qu’elle se doit de publier des chiffres actualisés sous peine d’affecter l’image de la nation qui s’affaire à combattre le crime, une police militaire se consacre même à cette lourde tâche. Selon les autorités en place, ils ne reflètent pas la situation de ces deux dernières années. L’Observatorio de la Violenci a indiqué que le taux d’homicides pour 100 000 habitants en 2012 est de 85,5 et non pas de 90,4 comme l’affirme l’ONUDC.

Alors qu’en Asie et en Europe 85% des homicides sont résolus, en Amérique, seuls 50 % d’entre eux sont éclaircis. « Il est de plus en plus évident que le manque de sécurité, qui est souvent associé à un système de justice pénale faible, peut bloquer le chemin du développement à des pays et à leurs populations », voilà ce que l’on peut lire dans le rapport des Nations Unies.

Le ministère des Affaires étrangères français publie le communiqué suivant concernant le Honduras (dernière mise à jour le : 4 mars 2014 – Information toujours valide le : 22 avril 2014) et appelle les ressortissants et touristes français à la plus grande prudence:

honduras22042014-4« Les conditions de sécurité au Honduras sont très préoccupantes et s’aggravent au fil des ans. Le taux d’homicides (86 pour 100.000 habitants en 2012) est le plus élevé à l’échelle mondiale pour un pays exempt de conflit armé déclaré. Une moyenne quotidienne de 19 à 20 assassinats est enregistrée, avec une augmentation prononcée des meurtres de femmes, ainsi que, ces derniers mois, d’assassinats de voyageurs dans les autobus.
La criminalité est principalement le fait de bandes « maras », alliées à certains policiers corrompus, et reste grandement liée au trafic de stupéfiants et aux extorsions de fonds. Ces dernières se manifestent par des agressions à main armée, y compris contre des véhicules, avec possibilité d’enlèvement. Si les Honduriens constituent la majorité des victimes de ces modalités criminelles (prélèvement par les mareros de sommes importantes au titre du racket), les étrangers, notamment Nord-Américains et Européens facilement identifiables, ne sont pas épargnés. La délinquance augmente sensiblement pendant les périodes qui précèdent les fêtes de Noël et de Pâques.
Des bandes de très jeunes gens armés s’attaquent aux personnes – même à des groupes – dans des endroits peu fréquentés, les plages par exemple. Ils peuvent devenir violents si leurs demandes ne sont pas satisfaites. Au cours des mois d’août à novembre 2012, dans un tiers des foyers du pays, au moins une personne a été victime de vol et/ou d’agression.
Des agressions de plaisanciers, avec parfois mort d’homme, conduisent à rappeler que la plus extrême prudence doit être observée au large des côtes du Honduras. Ces attaques ont eu lieu sur le littoral caraïbe, dans le parc national de Punta Sal et à proximité, entre les ports de Tela et de La Ceiba (devenu un centre urbain de très grande criminalité). Elles sont cependant susceptibles de survenir n’importe où sur cette côte, peu fréquentée, sinon par les pirates et les narcotrafiquants. Le port de Puerto Cortés a été aussi signalé début janvier 2012 comme hébergeant une forte criminalité« .