mexique27042015

Au Mexique, le trafic et la confiscation des espèces exotiques a augmenté de façon exponentielle au cours de ces dernières années, c’est le triste constat effectué par les procureurs fédéraux rattachés à la protection de l’environnement dans un rapport divulgué il y a quelques jours.

Dans cette étude, on apprend que le Mexique possède 10 % de la totalité des espèces enregistrées sur la planète et la confiscation d’espèces illégales a augmenté de 2 758 à 481 101 entre 2012 et 2014.

Parmi les premières victimes de ce trafic entre le mois de janvier 2006 et le mois de janvier 2015, on peut citer les tortues et iguanes, avec respectivement 2 937 et 1 160 spécimens confisqués, mais aussi des poissons (près de 304), des serpents (271) et perruches (environ 203). Considéré par les spécialistes comme l’un des trafics les plus lucratifs, les animaux privés de leur habitat naturel prennent essentiellement la destination de l’Espagne, de la Grèce, de la France, du Japon et de l’Allemagne.

Le Yucatán est l’État mexicain où le nombre de saisies de proies clandestines est le plus important avec un total de 92 pour cent. L’État du Guerrero est répertorié comme un fournisseur d’oiseaux et de reptiles, les perroquets, les singes et les concombres de mer proviennent de la région de Campeche, les perroquets sont capturés dans les régions du Chiapas, d’Oaxaca et de Veracruz.

Dans l’État du Nuevo León, les experts indiquent que le trafic se focalise surtout sur le cerf de Virginie et le mouflon d’Amérique, c’est dans le District fédéral et l’État de Mexico que les acheteurs peuvent retrouver la plupart de ces prises illégales dans des animaleries ou sur les marchés.

Les espèces les plus prisées à l’étranger sont le toucan à poitrine jaune, les cerfs, les chevreuils et les wapitis, des aras et perroquets à tête jaune.

Au vu de l’ampleur du trafic, la députée Cristina Olvera en a appelé à la mise en place de peines plus sévères concernant les trafiquants, avec le commerce illégal de drogue et d’armes il s’agit du trafic le plus lucratif. La parlementaire, qui intègre la Commission à l’Environnement et aux Ressources naturelles de San Lázaro, rappelle que le trafic illégal d’espèces exotiques d’animaux et de plantes constitue un délit fédéral, et que les peines de prison peuvent aller d’un à neuf ans accompagnés d’amendes.

Les peines peuvent être alourdies de trois ans lorsque le braconnage a eu lieu sur une zone protégée, et ce à des fins commerciales. Mais pour la députée il faut que le Code pénal fédéral soit encore plus sévère pour protéger les espèces menacées en voie d’extinction. « Pour protéger notre faune et de la flore, les sanctions doivent être renforcées contre ceux qui profitent d’eux », a réitéré la députée du Parti Nueva Alianza.

« La population doit être sensibilisée pour ne pas qu’elle achète des espèces qui ont été acquises illégalement, nous devons tous contribuer à l’éradication de ce crime qui met les animaux en voie de disparition et les espèces végétales menacées en danger », a affirmé Cristina Olvera.

Les perruches et les perroquets du Mexique sont gravement menacés d’extinction, la cause principale est le trafic illégal ainsi que la destruction de son habitat naturel.

Au Mexique, il y a 22 espèces de perroquets et aras, 11 espèces sont en voie d’extinction, 6 sont menacées et 4 autres mises sous protection spéciale. En 2010, une nouvelle classification des espèces de perroquets a placé le nombre d’espèces en voie de disparition de 6 à 11.

Ces oiseaux se retrouvent dans 26 des 32 États mexicains et six espèces sont endémiques au Mexique, c’est-à-dire qu’on ne les retrouve nulle part ailleurs dans le monde.

Les espèces endémiques du Mexique sont la Conure à front brun, les perroquets tête lilas, perroquet à tête rouge, le Toui du Mexique, le perroquet vert ou Quila et la Conure de Socorro.

Chaque année, plus de 78 000 perroquets sont capturés illégalement et 77 pour cent meurent avant d’atteindre l’acheteur, ce qui signifie que 60 000 perroquets meurent prématurément .