perou25062015

Les chefs de l’État du Pérou et de la Bolivie ont signé conjointement la Déclaration de Isla Esteves, le 23 juin, des accords convenus durant le premier Cabinet binational qui s’est tenu dans la région de Puno. Les accords prévoient la création d’une Commission binationale de haut niveau fixant un délai pour agir conjointement à la préservation environnementale du lac Titicaca et de ses ressources biologiques, et plus précisément dans le secteur du Lac Mineur.

Les deux pays sud-américains prévoient également une forte coopération en matière de lutte contre le trafic de drogue, mais aussi contre les activités minières illégales, la contrebande ou encore la traite d’êtres humains. Le renforcement des mesures pour faire face au narcotrafic est l’une des priorités, il s’agit de démanteler les voies fluviales, aériennes et terrestres qui servent au transport des substances illicites, des opérations devraient être menées à ce titre de part et d’autre de la frontière.
« La Bolivie est un pays de transit en raison de sa situation géopolitique au cœur de l’Amérique du Sud, de fait il représente un avantage géopolitique, mais aussi une menace pour le transit de la drogue et de différentes marchandises », a indiqué Romero, qui a assisté à la rencontre organisée dans la ville péruvienne de Puno (au sud-est du Pérou, située sur les rives du lac Titicaca). Le ministre a expliqué que différentes stratégies communes ont été mises en place entre les polices du Pérou et Bolivie et les forces aériennes de ces deux pays.
« Nous avons convenu également de partager les informations du système de supervision financière… pour que le flux de capitaux, la levée de capitaux, le trafic de capitaux, qui généralement sont des délits connexes aux activités des trafiquants de drogue, puissent nous informer du mouvement des organisations criminelles liées à la drogue », a-t-il ajouté. La Bolivie et le Pérou doivent partager le système de surveillance au niveau de l’UIF (Unidad de Inteligencia Financiera).

Le trafic de drogue par avions s’est intensifié au cours des dernières années au Pérou avec la construction de dizaines de pistes d’atterrissage clandestines dans la plus grande région productrice de coca du pays appelé le VRAEM, où les trafiquants de drogue reçoivent l’appui de nombreux agriculteurs pauvres qui cultivent la coca.
Par la région du VRAEM, qui comprend depuis le début de l’année une zone d’exclusion aérienne, ont transité pas moins de la moitié des 300 tonnes de cocaïne produites chaque année sur le territoire péruvien.
La majorité des bateaux chargés de drogue entrent et sortent du Pérou par la frontière bolivienne, pays où transite la drogue principalement en direction du Brésil et des marchés européens, selon les autorités.

Par ailleurs, les gouvernements du Pérou et de la Bolivie ont convenu de travailler sur une politique énergétique pour exploiter la production de gaz dans les deux pays et envisager la possibilité d’exporter du gaz naturel bolivien vers les marchés asiatiques par la côte Pacifique du Pérou.
« Nous sommes deux pays producteurs de gaz, nous possédons probablement les plus grandes réserves de gaz en Amérique du Sud et il est donc nécessaire de coordonner une politique énergétique qui profite à nos peuples et à nos pays frères « , a affirmé M. Humala, président de la République du Pérou.
Selon la déclaration signée par Humala et Morales, les deux pays ont prévu d’entamer les études nécessaires pour évaluer la faisabilité technique et économique des projets comme « la possible exportation de gaz naturel bolivien via la côte sud du Pérou vers les marchés du gaz de l’Asie-Pacifique ».

Actuellement, le Pérou en train de construire un pipeline dans le sud du pays avec un investissement de plus de 5 000 millions, un projet de la compagnie brésilienne Odebrecht et de l’espagnol Enagás « C’est un projet important que nous sommes prêts à partager avec le peuple bolivien », a déclaré Humala.
« Nous allons commencer immédiatement une série de réunions bilatérales afin de trouver le meilleur usage du gaz péruvien et bolivien », a ajouté le président.

Humala avait affirmé l’année dernière que le pipeline construit dans le sud du pays, et qui doit être achevé en 2017, pourrait permettre de connecter le réseau gazoduc bolivien avec celui du Pérou pour donner une plus grande dimension au projet.
La Bolivie et Le Pérou doivent aussi convenir de moyens efficaces pour gérer les bassins hydrauliques composés par le fleuve Maure-Mauri et le fleuve Desaguadero, il s’agit entre autres de lutter contre l’exploitation minière illégale, des activités sources de pollution.

Un autre accord concerne le soutien de projets spécifiques d’intégration en faveur des populations vivant en zone frontalière, ainsi que la promotion et la facilitation du fret international, et la promotion d’activités économiques alternatives qui favorisent la création d’emplois et l’insertion dans l’économie formelle, en tant qu’outil permettant de lutter contre les actions illicites transnationales.