perou27072015

Les autorités péruviennes peuvent se réjouir, en effet l’UNESCO a décidé de ne pas inclure le célèbre parc archéologique du Machu Picchu, situé à plus de 2 400 m d’altitude entre les Andes péruviennes et le bassin de l’Amazone sur la liste du patrimoine de l’humanité en péril. Un délai de deux ans a été accordé et devrait permettre de prendre les dispositions adéquates pour que cette inscription ne soit pas rendue nécessaire.

L’information a été révélée par la Direction décentralisée de la culture à Cuzco (DDCC), le directeur Ricardo Ruiz a informé que les membres du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, qui se sont réunis en Allemagne, et plus précisément à Bonn entre le 28 juin et le 8 juillet, ont repoussé l’échéance à 2017, un témoignage de confiance envers l’État péruvien sur sa capacité à protéger ce patrimoine archéologique et naturel d’exception : « Il y avait la crainte que le Machu Picchu soit inscrit sur cette liste, mais nous avons réalisé un travail impeccable pour rassurer l’UNESCO et nous allons travailler techniquement ensemble avec les organes assesseurs du Comité du patrimoine mondial », les efforts menés par le Service national des zones naturelles protégées de l’État, la Municipalité du Machu Picchu et le gouvernement régional de Cuzco, mais aussi des ministères de l’Environnement et du Commerce extérieur et tourisme ont finalement porté leurs fruits.

Des visites menées par des observateurs de l’UNESCO et d’autres entités publiques ont permis d’affiner la politique de préservation permettant de protéger ce lieu fragilisé entre autres par l’arrivée massive de touristes, des mesures de conservation ont été débattues au mois de mai dernier lors d’une réunion à Cuzco en compagnie de la délégation de pays sud-américains, l’objectif étant de protéger au mieux le patrimoine sud-américain dans les cinq prochaines années (2015 2020) grâce au « Plan d’action pour le patrimoine mondial en Amérique du Sud ».

La citadelle inca du Machu Picchu, considérée comme l’une des sept nouvelles merveilles du monde, reçoit en moyenne 1 million de visiteurs par an, un chiffre donné par les autorités officielles, ce sont près de 3300 touristes péruviens et étrangers qui foulent chaque jour ce lieu mythique de l’ancienne civilisation précolombienne. Pour faire fasse à un tel affût, les autorités envisagent une série de dispositions pour équilibrer au mieux le temps des visites et décongestionner ainsi les lieux .
« Le nombre de personnes n’est pas tant un problème, ce sont les conditions de sa gestion, dans les conditions actuelles qui n’ont pas évolué depuis 40 ans, nous sommes aux limites du raisonnable en ce qui concerne l’accueil des visites touristiques. Mais nous savons qu’un modèle de gestion peut être possible, l’espace touristique doit être mieux géré », a affirmé Ricardo Ruiz.

La Dirección Desconcentrada de Cultura de Cusco (DDCC) travaille à la réhabilitation de deux chemins ancestraux incas nommés Las Fuentes et el Incaraccay, ils devraient être accessibles d’ici peu au public. Ces mesures font partie du plan d’action qui a été dévoilé aux membres du Comité du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Dans cette optique, le responsable a annoncé qu’à la fin de l’année, un poste de contrôle mixte sera installé à l’autre point d’accès du Machu Picchu, des gardes forestiers seront déployés pour contrôler les allers et venus :

« Nous bouclons une étude sur la capacité de charge touristique. Ils (membres de la SERNANP) étudient à leur tour la capacité de charge touristique et le système d’accessibilité au site . Nous avons une liste de travail hautement coordonné », a-t-il confirmé.

« L’idée est que le Machu Picchu de l’avenir ne soit plus une unique possibilité pour un usage touristique comme aujourd’hui, mais un ensemble très large de solutions de rechange », a-t-il ajouté.

En 2008, le Comité avait manifesté ses graves préoccupations sur la gouvernance du site inscrit au Patrimoine mondial en 1983 et avait noté des problèmes urgents concernant la déforestation, les risques de glissements de terrain, le développement urbain incontrôlé et des accès illégaux au sanctuaire.

L’inscription d’un site sur la Liste du patrimoine mondial en péril permet au Comité d’accorder immédiatement au bien menacé une assistance dans le cadre du Fonds du patrimoine mondial. L’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril n’est pas envisagée de la même manière par toutes les parties concernées. Certains pays demandent l’inscription d’un site pour attirer l’attention internationale sur ses problèmes et obtenir une assistance compétente pour les solutionner. D’autres, cependant, souhaitent éviter une inscription qu’ils perçoivent comme une forme de sanction ou de déshonneur.