mexique146082015

La pyramide de Kukulkán, qui se situe au sein du complexe archéologique de Chichén Itzá au Mexique, a été construite sur un cénote (cavité remplie d’eau douce formée par l’effondrement de la roche calcaire), c’est la découverte faite par des scientifiques de l’Institut de Géophysique ainsi que des membres de l’Institut d’Anthropologie et d’Histoire et de l’UNAM.

Lors d’une conférence de presse, René Chávez de l’IGf a annoncé la découverte d’une surface d’eau s’étendant du nord au sud sur 35 m à une profondeur de 25 m « Le cénote n’est pas ouvert, c’est-à-dire, la pyramide ne flotte pas sur l’eau », a-t-il précisé.
Au moyen d’une étude 2D, les scientifiques ont pu repérer une couche de calcaire d’environ quatre mètres à une profondeur incertaine. « Nous voyons jusqu’à 20 m, mais cela peut être moins, et nous ne pensons pas que ce lieu soit rempli d’eau, elle doit atteindre un certain niveau sur environ un tiers de la structure », a confié l’expert.

Cette découverte a été rendue possible grâce à une technologie non conventionnelle développée par des universitaires qui permet un nouvel usage d’un outil commercial d’exploration sommaire. Des analyses de tomographie électrique qui ont consisté à placer des détecteurs autour de la pyramide et d’envoyer des ondes électriques vers le sous-sol au moyen d’électrodes, ont permis de mesurer la différence de potentiel ou de résistivité du sous-sol.

Chávez Segura a expliqué qu’après avoir vérifié le fonctionnement de cette méthode sur la pyramide d’El Osario, sur la même zone archéologique, la pyramide de Kukulkán a été observée avec la mise en place de 96 électrodes qui ont permis d’observer 8 650 points distincts. Les scientifiques ont d’ores et déjà évoqué la possibilité de voir à long terme la pyramide s’effondrer, mais cela ne devrait pas se produire « avant plusieurs générations ».

Ce cénote ne se situe pas au centre de la pyramide, mais sur un bord de la structure, ce qui est un facteur favorisant la solidité de la pyramide, le cénote ne supporte pas le poids de cet édifice historique.

Pour les Mayas, ces trous d’eau étaient des endroits sacrés, une bouche ouverte sur l’autre monde, et plus précisément l’inframonde. Certains cénotes étaient des lieux de culte où l’on pouvait déposer des offrandes ou faire des sacrifices pour satisfaire les dieux.
Cette découverte pourrait expliquer comment, il y a plus de mille ans, les Mayas choisissaient les lieux où bâtir leurs lieux sacrés. « Nous savons que ce genre de terrain calcaire comporte des nappes phréatiques » a déclaré l’anthropologue mexicaine Denisse Argote qui distingue de ce lieu plusieurs pistes de réflexion, ce puits est assimilé à une cavité maternelle (l’origine de la vie), associée au ciel dans les rites préhispaniques.

« Nous savons que dans les zones karstiques, les réseaux sont souterrains. Donc ceci, couplé avec le concept de l’utérus de la mère, l’origine de la vie, et de l’eau, qui est à l’origine de la vie, nous avons un double sens, ce qui est très important. Par conséquent, compte tenu de tous ces concepts, nous associons cette cavité à un élément essentiel dans la pensée magique et religieuse », a-t-elle expliqué.

La pyramide de Kukulcán (dédiée à la divinité du serpent à plumes), également appelée El Castillo, est un monument préhispanique, vieux de plus de mille ans, construit par les Mayas, situé dans l’État de Yucatán au Mexique, à Chichén Itzá, un site archéologique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1988. Chichén Itzá est le plus important témoignage archéologique de la civilisation maya-toltèque dans le Yucatán (Xe-XVe siècle). Ses monuments, notamment ceux du groupe septentrional, qui comprennent la grande cour du jeu de pelote, le temple de Kukulkan et le temple des Guerriers, comptent au nombre des chefs-d’œuvre incontournables de l’architecture d’Amérique centrale du fait de la beauté de leurs proportions, de la délicatesse qui a caractérisé leur construction et de la somptuosité de leurs décors sculptés. Ces monuments ont exercé une influence majeure dans toute la zone du Yucatán entre le Xe et le XVe siècle.

Déjà en avril 2015,  les scientifiques avaient découvert du mercure liquide sous la pyramide de Teotihuacán dans une des chambres souterraines situées à l’extrémité du tunnel sacré, à 18 m de profondeur, un long corridor de 103 mètres demeuré scellé pendant près de 2000 ans.
Le mercure a été trouvé en quantité sous forme liquide dans la chambre sud, l’archéologue Julie Gazzola avait confié « Il est très difficile à récupérer, car il ne se trouve pas dans un récipient, mais mêlé directement à la terre. Lorsqu’on appuie sur les gouttes de mercure, elles se rassemblent et forment une boule plus grosse ».