perou22102015

Un groupe d’explorateurs-aventuriers espagnols auraient découvert un sanctuaire cérémoniel inca au Pérou, au sein de la zone montagneuse de Vilcabamba, à environ 150 km de l’ancienne capitale de cette civilisation précolombienne, Cuzco. Cette mise au jour a pu avoir lieu, selon les principaux intéressés, grâce à des relevés obtenus avec des images satellites.
L’équipe, qui a lancé The Mars Gaming Expedition dans le but de récolter des fonds pour financer ses recherches sur place, est dirigée par Miguel Gutiérrez, écrivain et aventurier d’origine espagnole né à Vitoria, et révèle la découverte d’un grand complexe archéologique composée d’au moins 55 enceintes.
« Elles sont situées dans la montagne la plus élevée de la zone, dans un lieu que l’on peut découvrir uniquement à l’aide d’images satellites », a confié Miguel Gutiérrez Garitano au quotidien espagnol El País.

« Nous avons trouvé des preuves qui laissent à penser que cette montagne a pu abriter le rituel de Capacocha, comme nous avons pu relever deux constructions disposées près du sommet, elles sont identiques à celles qui figurent au volcan Llullaillaco et qui ont servi vraisemblablement à préparer les enfants avant le dernier rituel du sacrifice. Il y a une plate-forme de pierres à proximité où pourraient avoir été enterrés ces enfants sacrifiés », a ajouté le titulaire du IV Prix de littérature de Voyages Chemin du Cid (Premio de Literatura de Viajes Camino del Cid) en 2011 pour son livre « La aventura del Muni ». Le rituel de Capacocha est  une cérémonie incluant le sacrifice d’enfants, décrite par plusieurs chroniqueurs du 16e siècle, en  1999, trois enfants Incas ont été découverts dans les neiges du volcan Llullaillaco, ce qui a conforté cette théorie.
Il a ajouté « les ruines sont en relation avec le Royaume inca de Vilcabamba. Il se peut que les vestiges que nous retrouvions puissent démontrer l’existence du rite de Capacocha, ce qui, selon les experts, serait une découverte extraordinaire ».
Les ruines, jusque-là inconnues par les scientifiques et localisées par cette expédition audacieuse qui a utilisé, entre autres, des techniques de télédétection; se situent entre 3 700 et 5000 mètres d’altitude et s’étendraient sur une douzaine d’hectares.

L’experte du monde andin Carmen Martin Rubio, qui a eu accès aux documents et aux informations de l’expédition, estime que « ce lieu correspond à l’une des montagnes sacrées, appelées par les incas Apus où un culte à l’eau était rendu en parfaite union avec le dieu du soleil, Inti qui fécondait la déesse terre, la Pachamama, la mère des femmes et des hommes des Andes. La présence d’une plate-forme sur le sommet de la montagne indique que, très probablement, durant les périodes de sécheresse on donnait en offrandes des enfants, un rituel appelé Capacocha semblable à celles trouvées au volcan Ampato à Arequipa et au Llullaillaco à Salta, ou peut-être qu’elles avaient lieu pour invoquer la protection de l’Apu quand des guerriers transitaient par les hauts chemins construits par le Tahuantinsuyo et prenaient la direction de territoires lointains dans le but de les annexer à leur Empire. La découverte scientifique de cette montagne sacrée est très importance, car en plus de conserver de profonds mystères, qui vont émerger avec la découverte, les structures qu’elle renferme, à sa base, sont seulement comparables à Llullaillaco ».

Outre les obstacles géographiques inhérents à cette région hostile, le groupe d’explorateurs a souligné les risques encourus dans cette zone du Vraem contrôlée par le Sentier Lumineux où ils craignaient d’être kidnappés ou encore de sauter sur une mine.
L’expédition basque a informé le gouvernement du Pérou des découvertes effectuées et dans les prochains mois elle présentera un projet d’étude archéologique qui comprendra des travaux de prospection superficielle et d’excavation de surface. L’archéologue reconnu de l’équipe, Iñigo Orue considère que « toute la montagne s’organise comme un énorme gisement dont il est impossible de mesurer l’envergure avant qu’un travail archéologique de grande ampleur ne soit réalisé ».

À l’heure actuelle, les explorateurs basques ont simplement répertorié la zone en relevant des coordonnées GPS. Dès lors, ils vont chercher la participation de l’Université du Pays Basque et n’excluent pas d’obtenir l’aide de l’UNESCO et l’Agence de coopération des Affaires étrangères d’Espagne, ils veulent que ce soit un projet officiel « pour aider à prévenir le pillage » et conserver ainsi un patrimoine national qui enrichit l’ensemble de l’humanité, comme a tenu à le souligner Garitano Gutierrez.