argentine29102015

Il était très courtisé depuis le premier tour des élections présidentielles en Argentine organisé le 25 octobre, mais le candidat Sergio Massa, qui a réuni 21,34 % des suffrages, n’a pas réellement donné de consignes de vote pour le second tour qui oppose le candidat du parti au pouvoir, Daniel Scioli, à Mauricio Macri du parti Cambiemos. Lors d’une conférence organisée à l’hôtel Hilton, de Puerto Madero, Sergio Massa accompagné de Gustavo Sáenz (qui briguait la vice-présidence) a demandé aux candidats Daniel Scioli de Mauricio Macri « de répondre à leurs engagements ».

Sans apporter un soutien direct et manifeste à l’un des candidats en lice pour le second tour des présidentielles qui se tiendront le 22 novembre, Massa a néanmoins appelé les électeurs à opter pour le changement. Pendant son discours donné, mercredi 28 octobre, il a affirmé : « Dimanche, il y a eu deux grands vaincus, le kirchnerisme et les sondages, depuis dimanche je n’ai plus confiance dans les sondages, concernant le kirchnerisme cela fait déjà longtemps que je n’ai plus confiance ». Il a ajouté « 35 % de votes pour la continuité, 65 % pour le changement politique, entre le changement et la continuité, c’est déjà le changement qui a gagné, cela ne fait aucun doute ».

Face aux journalistes venus en nombre, le perdant du premier tour a également affirmé : « Plus de cinq millions d’Argentins ont voté pour les candidats de UNA, Sergio Massa et Gustavo Saenz, pour mettre fin à l’impunité, restaurer la culture du travail, assurer la sécurité publique, développer l’économie, rembourser la dette avec nos retraités,et garantir une éducation de meilleure qualité. Nous demandons un engagement concret et rapide contre la corruption, très répandue dans le pouvoir politique. Aucun crime contre l’État commis par des agents publics en connivence ou non avec le secteur privé ne doit rester impuni ».
Il a poursuivi son discours en déclarant « Le 22 novembre, il n’y a pas d’élections, les Argentins n’ont pas à voter, ils ont à choisir, et nous voulons que notre position soit claire, car l’Argentine a besoin d’un changement, mais pas n’importe quel changement ».

La bataille pour remporter les élections risque d’être âpre, les résultats ont été serrés lors du premier tour, le candidat du parti au pouvoir Frente para la Victoria, Daniel Scioli (gouverneur de la province de Buenos Aires), a réuni 36,8 % des voix tandis que son opposant, Mauricio Macri du parti Cambiemos (actuel maire de Buenos Aires), contre toute attente, a remporté 34,3 % des suffrages.
Les enquêteurs donnaient le candidat successeur de Cristina Fernández de Kirchner gagnant dès le premier tour avec plus de 40 % des suffrages et 10 points d’écart sur son principal rival.

Massa s’est défendu d’avoir reçu une proposition de poste en cas de soutien affirmé à l’un des candidats briguant les plus hautes fonctions politiques « Je n’ai ni parlé avec Scioli ni avec Macri… Nous ne cherchons pas de postes, nous n’en avons pas besoin, nous avons besoin de changements pour les Argentins ».
La présidente sortante, Cristina Fernández de Kirchner, élue en 2007 et en 2011, ne pouvait pas être candidate à un troisième mandat suivant la constitution. Pour la première fois depuis 2003, il n’y avait pas de candidat Kirchner à la présidence (Néstor Kirchner, l’époux de la présidente sortante, avait gouverné le pays entre 2003 et 2007). Depuis 1973, aucun second tour n’a été nécessaire pour élire le chef de l’État de ce pays sud-américain.

Habitué à sortir gagnant des urnes dès le premier tour lors des trois précédentes élections présidentielles, le Front pour la victoire (FPV, de centre gauche) était abasourdi dimanche soir après les résultats, selon le politologue Rosendo Fraga « c’est le coup le plus dur reçu par le pouvoir Kirchner depuis 12 ans et le grand gagnant est celui qui est arrivé deuxième ».

« Je ne propose aucune révolution. Je maintiendrai ce qu’il faut maintenir, je changerai ce qu’il faut changer et je corrigerai ce qu’il faut corriger », a promis cette semaine Daniel Scioli âgé de 58 ans soulignant que « les plus nécessiteux » retiendraient toute son attention.

« L’Argentine a besoin d’un changement et nous sommes prêts à faire en sorte qu’il advienne », a de son côté affirmé Mauricio Macri, lundi, au cours d’une conférence de presse, en invitant les électeurs qui ont déposé leur bulletin en faveur du candidat arrivé en troisième position, Sergio Massa, et les autres candidats, à se reporter sur son nom le 22 novembre prochain. Le prochain président de la République sera officiellement investi dans ses prochaines fonctions le 10 décembre.