guatemala09112015

Troubles digestifs, apathie, douleurs musculaires, pertes de poids, voilà quelques-uns des troubles physiques causés par la dénutrition chronique infantile, et en 2015 ce sont 89 enfants de moins de cinq ans qui ont perdu la vie au Guatemala faute d’une alimentation suffisante. Quatre enfants sur dix de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique sur le territoire.

Ces chiffres ont été donnés par les autorités officielles et même si l’on constate une diminution de la mortalité infantile liée à la dénutrition sur ce territoire d’Amérique Centrale, ce fléau reste encore majeur. Aujourd’hui le Guatemala est le pays d’Amérique latine et des Caraïbes qui présente l’indice de dénutrition infantile chronique le plus important, 49,8 % des enfants souffrent de ce mal, selon l’UNICEF ce problème est à l’origine de retard de croissance, d’anémie, d’un système immunitaire affaibli et d’un manque d’énergie.

À l’occasion de la Journée Mondiale de l’alimentation, qui a eu lieu le 16 octobre, l’ONU en a appelé au développement de la protection sociale dans le but de venir en aide aux plus pauvres dans le milieu rural et ainsi faciliter l’accès à la nourriture. Parmi les facteurs de pauvreté, il faut évoquer le problème de la répartition des terres dans ce pays (80 % des terres cultivables appartiennent à 2 % de la population), mais aussi les salaires trop bas (le salaire minimum est de 343 dollars par moi) et encore la mauvaise distribution des richesses.

Le Bureau aux droits de l’homme du Guatemala affirme que la situation est préoccupante et que l’État ne se donne pas les moyens pour aider les victimes de dénutrition, le changement climatique est aussi pointé du doigt. Le phénomène climatique El Niño qui entraîne de sévères sécheresses affecte chaque jour un peu plus la subsistance des familles indigènes qui sont parmi les plus pauvres du pays. 

Cette année, ce sont quelque 51 000 hectares de maïs, dont dépend la subsistance de 70 000 familles pauvres, qui ont été perdus dans le nord du Guatemala en raison du manque d’eau.
La sécheresse dans la région, chaque année plus sévère, est l’un des facteurs qui aggrave la pauvreté dans laquelle vivent des centaines de milliers de familles.

La dénutrition commence dès la grossesse comme le souligne la Banque interaméricaine de développement, une femme de petite taille et anémique a probablement souffert de dénutrition dans son enfance. Par ailleurs, l’anémie maternelle produit de faibles réserves en fer, un nouveau-né anémique est en risque de mortalité néonatale. À la naissance, les nouveau-nés qui ne reçoivent pas un lait de qualité sont davantage soumis aux infections, sans oublier le problème de l’eau potable, une consommation d’eau souillée menace la santé des plus fragiles. Environ trois millions de Guatémaltèques n’ont pas accès à l’eau potable et environ six millions n’ont pas accès aux services d’assainissement.

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a recommandé d’allouer 8,2 % du produit intérieur brut (PIB) au Guatemala pour répondre aux questions des enfants et adolescents démunis.

Des situations graves en matière d’accès à la santé, à l’éducation, et à la sécurité affectent ce segment de la population, considérée comme l’une des plus vulnérables dans ce pays d’Amérique centrale, et malgré des besoins énormes, le Comité de finances du Parlement a prévu de consacrer l’année prochaine seulement 3,3 % du PIB pour tenter de résoudre ces obstacles.

Le représentant du Guatemala du Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Christian Skoog, rappelait l’année dernière que le Guatemala se classait au cinquième rang mondial en nombre de cas de malnutrition infantile chronique en précisant que la situation était encore plus préoccupante dans les zones rurales du pays.

« Le Guatemala possède le taux de dénutrition chronique le plus haut d’Amérique centrale… Cependant, le panorama est plus compliqué, car au niveau mondial on retrouve parmi les cinq pays concernés l’Afghanistan, le Yémen, des pays pauvres du fait qu’ils sont soumis à des conflits internes comme la guerre », avait affirmé Christian Skoog.