guatemala15012016

La sécheresse, qui assaille une grande partie de l’Amérique Centrale et en particulier le Corredor seco (Couloir sec) qui porte tristement son non, met à mal la population de cette partie du monde, le phénomène El Niño particulièrement fort actuellement ne fait qu’aggraver la situation. Les pertes agricoles liées au manque d’eau sont considérables, et nombreux sont ceux qui ne parviennent plus à subvenir à leurs propres besoins alimentaires parmi les plus démunis.

El Niño, très marqué en ce début d’année 2016, devrait par ailleurs s’accentuer jusqu’au mois de mars, voire le mois de juin, une situation très préoccupante, le Bureau de l’ONU pour la coordination des Affaires humanitaires (OCHA) vient de rappeler que 2,8 millions de personnes ont besoin d’une assistance alimentaire, l’organisme a lancé le Plan de réponse humanitaire pour soutenir les efforts menés par les gouvernements du Honduras et du Guatemala en appelant à la coordination entre les organisations humanitaires et des donateurs multilatéraux et bilatéraux. Le but étant de réunir 102 millions de dollars pour faire face à la situation d’urgence, selon l’OCHA, les habitants « ont besoin d’une assistance alimentaire, de soins de santé », mais aussi d’une aide pour renforcer leur façon de se prémunir de tels phénomènes météorologiques récurrents en mettent en place des stratégies pour stocker et économiser l’eau.

Au mois de novembre, les Nations unies avaient déjà annoncé le déblocage de 2,16 millions de dollars pour venir en aide aux 23 717 personnes affectées par la sécheresse dans 21 municipalités du Honduras, 1,33 million destiné à l’assistance alimentaire et 310 000 dollars pour renforcer les services de santé, la chaleur, et le manque d’eau entraînent, en particulier chez les plus fragiles, des cas de diarrhée et de déshydratation.

La sécheresse affecte 1,3 million de personnes et engendre au Honduras « une insécurité alimentaire modérée et sévère, laquelle a été aggravée dans un contexte de problèmes chroniques de dénutrition et de santé au sein des foyers vulnérables », précisent les Nations unies.

La sécheresse est « un phénomène humanitaire qui affecte les familles et nous devons leur venir en aide rapidement pour empêcher une nouvelle détérioration des moyens de subsistance », affirmait au mois d’août dernier Miguel Barreto directeur régional du PMA pour l’Amérique latine.

Le manque de précipitations au Honduras, avait ajouté Miguel Barreto, est à l’origine d’“une détérioration des conditions de vie d’environ « 80 000 familles vivant essentiellement d’une agriculture de subsistance dans cette zone ».

Au Guatemala aussi, la situation est préoccupante, près de 300 000 familles selon des statistiques du Secrétariat de sécurité alimentaire et nutritionnelle du ministère de l’Agriculture et du programme mondial pour l’alimentation ont besoin d’assistance, ce pays possède l’un des taux de dénutrition infantile chronique les plus importants au monde.

La sécheresse a des effets dévastateurs sur les cultures de céréales et les plantes vivrières, de sorte que la sécurité alimentaire est en danger.

« Nous devons enseigner aux gens comment faire face à ces périodes de sécheresse et leur faire comprendre que chaque année le changement climatique sera plus difficile à gérer », expliquait il y a quelques mois Adriaan Vogel, responsable d’un projet de consultation pour les eaux et forêts de la région Trifinio de la Société allemande pour la coopération internationale (GIZ, son sigle en allemand).

Le Corredor Seco concerne le Guatemala, le Salvador, le Honduras et le Nicaragua, il couvre près d’un tiers du territoire d’Amérique centrale et se caractérise par des sécheresses à répétition. L’épée de Damoclès qui pèse sur les épaules des habitants de cette région menacée par le manque d’eau et de nourriture est très peu médiatisée contrairement à d’autres phénomènes qui font les gros titres.

Dans un communiqué diffusé en septembre 2015, la FAO a tiré la sonnette d’alarme : « Les familles vivant dans le Corredor Seco courent un risque élevé d’aléas climatiques, la dégradation des ressources naturelles et peu de possibilités de développement ».

Pour plus d’informations, consultez le lien suivant http://www.fao.org/news/story/fr/item/328690/icode/