equateur28012016

Une enquête a été diligentée en Équateur après la mort d’un natif de la communauté Waorani qui serait décédé après qu’il ait reçu une lance alors qu’il naviguait sur le fleuve Shiripuno, près de Bahameno, en Amazonie. Ce dernier aurait péri au cours d’une attaque menée par des indigènes isolés, tandis que son épouse qui l’accompagnait sur l’embarcation a été blessée et conduite à l’hôpital de Coca après cette agression survenue dans la zone intangible du Parc national Yasuni.

Ce sont des membres de la communauté tagaeri et taromenane vivant en isolement volontaire qui auraient attaqué lundi dernier ce couple voguant sur les eaux au coeur de la Selva, sur le site du ministère public d’Équateur sont relayés les détails de cet incident, on apprend que la victime mortelle, Caiga Lincaye Baihua, a été conduite auprès des siens au sein de sa communauté de Boanamo , tandis que son épouse Luciana Tweñeme Ñama a été évacuée pour recevoir des soins.

“La personne a été blessée puis transportée en urgence à l’aéroport d’Orellana et à l’hôpital local. Elle présente des blessures aux jambes et aux cotes », a déclaré la secrétaire d’État, c’est un hélicoptère MI des forces armées équatoriennes qui a été dépêché pour une opération de sauvetage d’urgence.

Une équipe d’enquêteurs doit être dépêchée sur place pour poursuivre l’investigation et comprendre les raisons de cet affrontement, le ministre de la Défense a parlé « il s’agit plutôt d’un conflit au sein des peuples ancestraux. Ce n’est pas la première confrontation de ce genre sur cette zone ».
Le 30 mars dernier, un groupe de Waoranis s’est aventuré profondément dans la forêt et a pris la vie à un nombre indéterminé de natifs taromenane, selon les témoignages d’indigènes, deux fillettes ont également été soustraites à leur groupe et emmenées en territoire Waorani, un fait intervenu après l’attaque à l’encontre de deux représentants Waorani début mars à Yarentaro, à Orellana.

Le peuple en isolement volontaire, tagaeri et taromenane, est une population indigène protégée en Équateur, dans l’article 57 de la Constitution de Montecristi on peut lire « les territoires des peuples en isolement volontaire leur appartiennent de façon ancestrale, irréductible et intangible, et tout type d’activité extractive est interdite. L’État adoptera des mesures pour garantir leur vie, faire respecter leur autodétermination et leur volonté de vivre en isolement total et veillera au respect de leur droit. La violation de ces droits constituera un délit d’ethnocide condamné par la loi ».

Le parc National Yasuni abrite des populations indigènes isolées, et il est considéré comme l’un des lieux les plus riches de la planète d’un point de vue de sa biodiversité. Il a été créé en 1979 et déclaré par l’UNESCO comme Réserve mondiale de la biosphère en 1989. Il s’étend sur 982 000 hectares dans le bassin de l’alto Napo en Amazonie. Il offre une variété de 2 274 espèces d’arbres et d’arbustes, sur un seul hectare on peut répertorié jusqu’à 655 espèces différentes. Pour de nombreux scientifiques, il s’agirait même de la région la plus riche au monde d’un point de vue biologique.
Au sein du parc national Yasuni cohabitent différents groupes natifs : Kichwa o Naporuna, Waorani, Tagaeri et Taromenane. Les natifs de nationalité Waorani occupent l’Amazonie équatorienne et péruvienne depuis des temps reculés, et la majorité d’entre eux vivent au sein du parc national Yasuni.

Les Waorani se caractérisent par leur isolement, mais aussi par un contact forcé avec le monde extérieur, et vivent de la chasse, de la cueillette et de l’agriculture itinérante, ils ont survécu aux attaques d’autres communautés et à la pression occidentale en s’installant dans des zones interfluviales comprises entre les fleuves Napo et Curaray. Le contact a été établi en 1956 avec l’Instituto Lingüístico de Verano qui met en place le « Protectorado Waorani »  sur environ 16 000 ha, de nombreux natifs évoluent dans ce protectorat où ils se sont frappés par la pauvreté et la marginalisation.

Certains peuples ont opté pour un isolement volontaire comme les Tagaeri et Taromenane, qui survivent dans la zone moyenne et basse de la réserve de biosphère du Yasuni ainsi que dans la zone intangible, au sud de du territoire Waorani et du parc. Les Tagaeri et les Taromenane vivent en accord avec leur culture sur leurs territoires traditionnels, mais ils font face à une situation d’extrême précarité en raison de leur vulnérabilité induite par l’avancée de la culture occidentale qui s’est traduite par la colonisation de leurs territoires, par une politique d’évangélisation, par du trafic illégal de bois, ou encore par l’exploitation des ressources naturelles non renouvelables, mais aussi des activités locales comme le tourisme ou la recherche scientifique.

Pour Survival ces meurtres entre communautés indigènes « réaffirment que les pressions extérieures sont à l’origine de l’augmentation de la violence dans la région ».